26/04/2020

La perpet ou la mort économique ???

En ce moment dans l’Eurogroupe, on débat beaucoup de politique monétaire. Vous le savez depuis très longtemps, je défends l’idée de l’Helicopter money, distribution de cash pour les plus démunis. Après Hong Kong, c’est parti aux USA, Aux États-Unis, l’hélicoptère monétaire qu’on ridiculisait auparavant, c’est-à-dire le versement d’argent aux citoyens en vue de stimuler la demande, est devenu une réalité. Chaque citoyen américain avec un revenu annuel inférieur à 75000 dollars reçoit un don monétaire de 1200 dollars, ainsi que 500 dollars supplémentaires pour chaque enfant. 100 milliards de dollars sont dus à « l’industrie de la santé » privée et dysfonctionnelle, les petits entrepreneurs peuvent compter sur 350 milliards, la grande industrie reçoit 500 milliards afin de se maintenir en vie, 150 milliards sont prévus pour les villes et les communes, etc. 

La BCE ferait bien de s'en inspirer

Pour le reste nos amis espagnols sont allés dans une autre voie et proposent l'émission par l'UE d'obligations perpétuelles.
https://www.allnews.ch/content/points-de-vue/lespagne-en-...

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22/04/2020

Au secours Céline

Avant Raoult, il y avait Louis Ferdinand Céline !!!!

La quinine est issue de l’écorce de l’arbre appelé le quinquina.

Ce qu’on a appelé également « la poudre des Jésuites« , devient ensuite un traitement contre le paludisme. Mais par la suite, elle a été jugée hautement toxique, et donc on n’utilise plus la quinine pour traiter la malaria. Dès le début du 20ème siècle grâce notamment au laboratoire Bayer, des substituts synthétiques de la quinine sont créés et sont ensuite commercialisés. C’est ainsi qu’est apparue la chloroquine.CELINE.jpg

 

 

 


Louis-Ferdinand Céline et la pharmacie par Lucie Coignerai-Devillers (1986)

Le hasard a fait tomber entre nos mains une publication, certes déjà ancienne, sur Louis-Ferdinand Destouches, docteur en médecine, plus connu sous son nom de plume de L.-F. Céline (1894-1961) : le n° 3 Cahiers Céline (Gallimard, 1977) où sont réunis des textes médicaux de cet auteur présentés par J.-P. Dauphin et H. Godard. Il nous a paru intéressant d'en dégager un aspect peu connu de l'œuvre de cet écrivain hors série : sa contribution aux industries pharmaceutiques, au double titre de chercheur et de rédacteur publicitaire.
Déjà, la lecture de sa thèse nous entraîne dans un univers bien étrange. Sa rédaction dans un style qui annonce le Voyage au bout de la nuit, voire Bagatelles pour un massacre, correspond bien peu à celle qui est de tradition dans ce genre de travaux. Le sujet en est connu. Épouvanté de la mortalité effroyable par septicémie qui frappait les parturientes des hôpitaux de Vienne, Semmelweis en vient à déterminer que l'infection est propagée par les mains sales des étudiants, qui effectuent des touchers sans se désinfecter les doigts : 40 % d'accouchées en meurent. Lorsqu'elles sont soignées par des infirmières aux mains désinfectées, le taux de mortalité par puerpérale tombe à 0,2 % ! Mais l'opposition des grands patrons est féroce et Semmelweis engagera un combat dans lequel sa raison sombrera. Telle qu'elle est retracée par Céline, la fin hallucinante de Semmelweis, jetant des morceaux de chair de cadavre sur les étudiants, est tellement outrée que les médecins hongrois enverront une protestation à l'Académie de Paris.
Moins connu est un autre travail du Dr Destouches-Céline : menant une carrière en « dents de scie » qui va de l'exercice médical privé aux dispensaire d'hygiène sociale, puis à la collaboration « alimentaire » aux industries pharmaceutiques, il met au point et présente au public une spécialité, la Basedowine, ainsi composée :
- poudre d'ovaires : 0,075
- extrait thyroïdien : 0,05
- monobromo isovalerylurie : 0,15
- extrait acéto-soluble d'hormone ovarienne : 0,01(pour un comprimé).
Le produit est enregistré au Laboratoire National de contrôle des médicaments en 1933 sous le n° 343-4 et commercialisé par les Laboratoires R. Gallier, 1 bis, place du Président-Mithouard, Paris VIIe. Il restera en vente jus qu'en 1971.
Selon son auteur, la Basedowine est efficace contre le Basedow fruste et léger, le nervosisme thyroïdo-ovarien, si fréquent dans la population féminine des villes et des campagnes, les règles douloureuses ou irrégulières, la ménopause naturelle ou artificielle. Un bel encart reproduit dans les Cahiers Céline traduit très fidèlement et très agréablement cette notion d'équilibre retrouvé.
En 1925, Céline- Destouches avait publié chez Doin un ouvrage sur La quinine en thérapeutique qui fut traduit en espagnol, en italien et en portugais.

De l'exercice classique de la profession à ses incursions dans la médecine sociale et à ses travaux cités ici, on devine que Céline, plus que médecin, se voulait chercheur. Deux communications de lui à l'Académie des Sciences sur Convoluta Roscoffensis (1920) et Galleria Mellonella (1921) ont été ainsi jugées par le Pr André Lwolff : « L'une et l'autre publications portent témoignage d'une certaine hâte et d'une naïveté non moins certaine dans la pensée et dans l'expression. L'ensemble correspond assez bien à cette image du chercheur que l'écrivain, sans ménagements, tracera dans le Voyage et qui, paradoxalement, est sa propre image... Nul ne regrettera qu'il ait sacrifié le métier de chercheur à celui d'écrivain. Sa contribution à la science eût difficilement pu égaler en valeur et en originalité son apport aux lettres, qui est considérable ». (Figaro littéraire, 7-13 avril 1969).

18/04/2020

La révolution confinée

 

marcel.pngCela fait quelques temps que je ne vous ai pas donné des news de mon grand ami Marcel la Feignasse qui squatte chez moi. Marcel va bien, je vous rassure, il vient de finir une mise à jour de son manifeste. Le manifeste de l'Inaction Française, mouvement (je sais pas si on peut appeler ça un mouvement puisqu'il s'agit de ne rien faire) dont il est le chef de file et dont les conditions d'adhésion sont assez strictes : il faut justifier d'au moins vingt ans d'inactivité.


Marcel la Feignasse, c'est la contre-culture de la consommation. Le refus absolu d'être un agent économique. Ne pas être marketyrisé. Ne pas être socialaliéné.


Emballé par le confinement qu'il pratique chez moi depuis vingt ans, Il s'est mis à rédiger un nouveau livre pour expliquer au peuple pourquoi il ne fallait surtout pas être productif et qu'il était urgent de ne pas sortir du confinement. Le titre : la révolution confinée.
" Une analyse historique hégelienne marxiste léniniste...qui démontre qu'il ne faut surtout pas être un agent économique en pareille période. Même infiltré...


A la dernière page du livre, la page 2, Marcel écrit ceci :


La liberté est notre seule bien. L'Inaction est le plus sûr garant de sa plénitude et de sa force. Nous avons suffisamment de richesse intérieure pour n'en pas être réduits à dissimuler sous le travesti du travail, une vie à ceux qui ne cessent de s'oublier dans un boulot sans intérêts ou de calcul d'exploitation des bons et mauvais rendements; en quelque sorte la prostitution sous toutes formes dont nous exceptons la prostitution traditionnelle, la seule qui nous paraît digne d'être rangée au programme de l'Inaction Française. Récupérer dans la station couchée un argent arraché à des exploités du travail debout ne peut qu'enrichir les buts élevés que nous poursuivons.