01/06/2020

Gardez le désespoir

 

résistance grecque,anarchie,libertaire,libertarisme,crise euro,coronavirus,covid,récession,depression economique,,Petit rappel pour ceux qui débarquent sur le blog récemment
Présentation de mon pote grec Euclide la déveine de la résistance grecque et roi des plantages entrepreneuriaux.
Euclide a fait preuve de beaucoup de créativité pour inventer des business model qui n’existaient pas dans son pays qui comptait avant le dégrèçage, 40 % de fonctionnaires. Il a lamentablement échoué dans l’industrie de la grenouille de table, du chihuahua, du poisson de combats siamois, dans l’importation des babouins à cul violet de Tripoli (business prometteur jusqu’à ce que Sarko et BHL foutent la merde en Libye), des perles de cultures. Il a essayé également sans succès d’ouvrir un cimetière des amants avec des cercueils deux places (amoureux platoniques), d’exploiter un bordel par Internet, de créer une marque de préservatif pendant la crise du caoutchouc et de commercialiser de la pénicilline sans ordonnance. Le tissu économique et social étant interdépendant avec le tissu affectif, sa femme l'a quitté pour un touriste allemand qui exporte des machines-outils et son fils qui ne veut plus le voir fait des études à Londres il envisage de travailler à la City.
Euclide a fait ce qu'il a pu et a même promis aux chinois qui contrôlent une partie du port du Pirée de ne pas se réincarner.
Quant à sa femme et son fils, ils viennent passer leurs vacances en Grèce car on se repose mieux chez les non compétitifs non productifs et ça comme dit Euclide c'est une vraie valeur ajoutée qu'il faut préserver et qui ne peut souffrir d'une augmentation de la TVA.
Je ne l’avais plus vu depuis l’épisode de la bombe à merde qu’il voulait mettre au FMI et qui lui avait explosé à la gueule. Il adore l’économiste Varoufakis moi aussi et déplore que Tsipras n’ait pas eu les couilles de retourner au Drachme. Il est maintenant vendeur à mi-temps dans une boutique arménienne à Paris. Il est passé me voir pour me dire qu’à cause du Brexit son fils était revenu au pays et que le mec de sa femme avait chopé le coronavirus en Allemagne.
Comme dit le Dalaï Lama : la seule vertu que peut vous apprendre l’ennemi est la patience.

 

26/05/2020

Vie et mort ? des consommateurs zombies....


531061842.jpgVous le savez si vous lisez le blog depuis longtemps ou si vous avez lu Crise et Mutation, j’ai été le premier théoricien du consommateur zombie.
En fin quand je dis le premier, ce n’est pas vraiment exact car les amateurs de films de zombies notamment ceux de Romero ou de Fulci savent que dans ces films, il y a toujours des scènes que se passent dans des centres commerciaux. Pourquoi ? Parce que dans les bribes de leurs cerveaux morts, les zombies reproduisent les gestes qu’ils faisaient le plus de leur vivant. Si l’on considère le fait que les consommateurs zombies travaillent dans des entreprises zombies sous perfusion d’État ou de taux négatifs, on peut logiquement se poser la question de savoir où vont s’agglutiner tous ces zombies. Car, lorsqu’on veut gagner de l’argent dans les Démocraties de Marché, il faut répondre à cette question. Alors où vont s’agglutiner les zombies ?
Cette inquiétude semble gagner le monde si l’on croit l’AFP.


Les centres commerciaux américains commencent à rouvrir leurs portes, mais ils devront convaincre les clients d’arpenter de nouveau leurs allées désormais vidées de nombreux magasins, la pandémie ayant donné le coup de grâce à certaines enseignes en difficulté ».
En effet « ces temples de la consommation, dont la situation était déjà précaire depuis plusieurs années, doivent désormais faire face à des difficultés en cascade, et beaucoup pourraient ne pas survivre.
Se promener au milieu de personnes masquées et avec une odeur d’eau de javel, dans des allées parfois fantômes, a en effet de quoi décourager les plus téméraires.
Car beaucoup de boutiques vont se retrouver vides : le confinement a précipité les faillites de chaînes de vêtements comme J. Crew ou l’emblématique JC Penney mais aussi de luxe comme Neiman Marcus.
La chaîne de lingerie Victoria’s Secret, très prisée au début des années 2000 mais désormais confrontée à des difficultés financières, a annoncé mercredi la fermeture de 250 magasins en Amérique du Nord, et a averti que d’autres pourraient suivre dans les deux prochaines années.
Quant aux grands magasins, qui attiraient autrefois les consommateurs vers les « malls », mais peinent à garder la tête hors de l’eau depuis l’essor des ventes sur internet, sont désormais au bord du gouffre financier.
La chaîne Macy’s, qui avait annoncé, avant même la pandémie, la fermeture de 125 magasins, a dû placer ses 130 000 employés en chômage technique à partir de mars. La perte attendue au premier trimestre pourrait dépasser le milliard de dollars ».
Et pour les gérants de centres commerciaux, ces fermetures ne sont que le début des soucis : les enseignes qui restent peuvent, dans la plupart des baux, demander un allègement de leur loyer lorsque plusieurs magasins phares s’en vont.
Ces rescapés peuvent aussi user des clauses de « force majeure » ou « acte de Dieu » (« Act of God ») pour justifier du non-paiement de leur loyer, ce qui pourrait entraîner une vague de litiges.
Retail Properties of America, une société d’investissement immobilier basée dans le Maryland (est) qui possède plus de 100 centres commerciaux, n’a perçu que 52 % de ses loyers d’avril, et même moins de 10 % de la part des chaînes de vêtements, librairies et cinémas.
Nécronomiquement votre

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24/05/2020

Changement d'herbage réjouit les veaux


Kenneth Rogoff dont les travaux cités par tous lors de la crise de 2008 et qui était un apôtre de l’austérité puisque ces travaux portaient sur le fait qu’un État ne pouvait pas dépasser un endettement de plus de 90% de son PIB, a bien changé puisque maintenant, il est partisan des taux négatifs et de l’helicopter monnaie ! Et mieux que ça taxer les dépôts des riches et la thésaurisation des fonds de pension, des assureurs et des sociétés financières. Sa nouvelle théorie consiste donc à aller plus loin dans les taux négatifs si on veut éviter une restructuration totale de la dette. Autrement dit le libéral austère est à deux doigt de virer Mélenchoniste d'avant l'étendue de la catastrophe.

 

Morceaux choisis
Seule la politique monétaire s’adresse au crédit dans l’ensemble de l’économie. Jusqu’à ce que l’inflation et les taux d’intérêt réels augmentent de la tombe, seule une politique de taux d’intérêt négatifs profonds efficaces, soutenue par des mesures visant à empêcher la thésaurisation des liquidités par les entreprises financières, peut faire le travail.
Pour ceux qui considéraient les taux d’intérêt négatifs comme un pont trop loin pour les banques centrales, il est peut-être temps de réfléchir à nouveau. À l’heure actuelle, aux États-Unis, la Réserve fédérale, soutenue à la fois implicitement et explicitement par le Trésor, est sur la bonne voie pour rembourser pratiquement tous les crédits privés, étatiques et urbains de l’économie. De nombreux autres gouvernements se sont sentis obligés de prendre des mesures similaires. Une crise unique (nous l’espérons) appelle une intervention massive du gouvernement, mais cela doit-il signifier une dispense de mécanismes d’allocation fondés sur le marché ?
Les garanties générales de la dette sont un excellent dispositif si l’on estime que le stress récent du marché n’était qu’un resserrement des liquidités à court terme, qui sera bientôt atténué par une forte reprise soutenue après le COVID-19. Mais que se passe-t-il si la reprise rapide ne se concrétise pas? Et si, comme on le soupçonne, il faut des années pour que les États-Unis et l’économie mondiale reviennent aux niveaux de 2019? Si c’est le cas, il y a peu d’espoir que toutes les entreprises resteront viables, ou que chaque État et chaque gouvernement local resteront solvables.
Un meilleur pari est que rien ne sera le même. La richesse sera détruite à une échelle catastrophique, et les décideurs devront trouver un moyen de s’assurer que, au moins dans certains cas, les créanciers prennent part au coup, un processus qui se déroulera au cours d’années de négociation et de litiges.
Pour les avocats et les lobbyistes de faillite, il s’agira d’une aubaine, dont une partie proviendra de la pression des contribuables pour honorer les garanties de renflouement. Un tel scénario serait un gâchis impie.
Maintenant, imaginez que, plutôt que de renforcer les marchés uniquement par le biais de garanties, la Fed pourrait pousser la plupart des taux d’intérêt à court terme à travers l’économie à près ou en dessous de zéro. L’Europe et le Japon ont déjà atteint un territoire à taux négatif. Supposons que les banques centrales ont repoussé la fuite d’aujourd’hui dans la dette publique en allant plus loin, en réduisant les taux directeurs à court terme à, disons, -3% ou moins.
Pour commencer, tout comme les réductions dans le bon vieux temps des taux d’intérêt positifs, les taux négatifs soulèverait de nombreuses entreprises, États et villes de défaut. S’il est fait correctement - et les données empiriques récentes appuient de plus en plus cela - les taux négatifs fonctionneraient de la même manière que la politique monétaire normale, stimuler la demande globale et accroître l’emploi. Donc, avant d’effectuer une opération de restructuration de la dette sur tout, ne serait-il pas préférable d’essayer une dose de stimulus monétaire normal? Un certain nombre d’étapes importantes sont nécessaires pour rendre les taux négatifs profonds réalisables et efficaces. Le plus important, qu’aucune banque centrale (y compris la BCE) n’a encore pris, est d’empêcher la thésaurisation à grande échelle de liquidités par les sociétés financières, les fonds de pension et les compagnies d’assurance. Diverses combinaisons de réglementation, des frais variables dans le temps pour les dépôts à grande échelle de liquidités à la banque centrale, et l’élimination progressive des billets de grande valeur devraient faire l’affaire.
Ce n’est pas sorcier (ou devrais-je dire virologie?). Avec la thésaurisation à grande échelle des liquidités retirée de la table, la question de la répercution des taux négatifs aux déposants bancaires - la préoccupation la plus sensée - serait éliminée. Même sans empêcher la thésaurisation en gros (qui est risquée et coûteuse), les banques européennes ont de plus en plus été en mesure de répercuter les taux négatifs sur les grands déposants. Et les gouvernements n’abandonneraient pas beaucoup en protégeant complètement les petits déposants des taux d’intérêt négatifs. Encore une fois, étant donné suffisamment de temps et de planification, il est simple de le faire. Les taux d’intérêt négatifs ont suscité un blizzard d’objections. Bien qu’une réponse budgétaire soit nécessaire, la politique monétaire est également très nécessaire. Seule la politique monétaire s’adresse au crédit dans l’ensemble de l’économie. Jusqu’à ce que l’inflation et les taux d’intérêt réels reviennent de leur tombe, seule une politique de taux d’intérêt négatifs profonds efficaces peut faire le travail. Une politique de taux profondément négatifs dans les économies avancées serait également une aubaine pour les économies émergentes et en développement, qui sont frappées par la chute des prix des produits de base, la fuite des capitaux, la dette élevée et la faiblesse des taux de change, sans parler des premiers stades de la pandémie. Même avec des taux négatifs, de nombreux pays auraient encore besoin d’un moratoire sur la dette. Mais un dollar plus faible, une croissance mondiale plus forte et une réduction de la fuite des capitaux aideraient, surtout en ce qui concerne les grands marchés émergents.. Les lobbyistes influents des banques détestent les taux négatifs, même s’ils n’ont pas besoin de saper les profits des banques s’ils sont faits correctement. La profession de l’économie, hypnotisée par d’intéressants résultats contre-intuitifs qui surviennent dans les économies où il y a vraiment une limite nulle sur les taux d’intérêt, doit partager une partie du blâme.
La mise en œuvre d’urgence de taux d’intérêt profondément négatifs ne résoudrait pas tous les problèmes d’aujourd’hui. Mais l’adoption d’une telle politique serait un début. Si, comme cela semble de plus en plus probable, les taux d’intérêt réels d’équilibre devraient être plus bas que jamais au cours des prochaines années, il est temps pour les banques centrales et les gouvernements de donner un regard long, dur et urgent.