26/04/2020

La perpet ou la mort économique ???

En ce moment dans l’Eurogroupe, on débat beaucoup de politique monétaire. Vous le savez depuis très longtemps, je défends l’idée de l’Helicopter money, distribution de cash pour les plus démunis. Après Hong Kong, c’est parti aux USA, Aux États-Unis, l’hélicoptère monétaire qu’on ridiculisait auparavant, c’est-à-dire le versement d’argent aux citoyens en vue de stimuler la demande, est devenu une réalité. Chaque citoyen américain avec un revenu annuel inférieur à 75000 dollars reçoit un don monétaire de 1200 dollars, ainsi que 500 dollars supplémentaires pour chaque enfant. 100 milliards de dollars sont dus à « l’industrie de la santé » privée et dysfonctionnelle, les petits entrepreneurs peuvent compter sur 350 milliards, la grande industrie reçoit 500 milliards afin de se maintenir en vie, 150 milliards sont prévus pour les villes et les communes, etc. 

La BCE ferait bien de s'en inspirer

Pour le reste nos amis espagnols sont allés dans une autre voie et proposent l'émission par l'UE d'obligations perpétuelles.
https://www.allnews.ch/content/points-de-vue/lespagne-en-...


L'idée n'est pas nouvelle. La Grande-Bretagne a d'abord émis des obligations consolidées, ou Consols, en 1752, puis les a utilisées pour financer les guerres napoléoniennes et de Crimée, la Slavery Abolition Act, l'Irish Distress Loan et la Première Guerre mondiale. Le Congrès américain a autorisé l'émission de consoles en 1870 pour consolider les dettes accumulées pendant la guerre civile.

Mais les obligations perpétuelles n'ont jamais été envisagées auparavant par l'UE. Aujourd'hui, l'Espagne les propose comme une mesure extraordinaire pour faire face à une situation extraordinaire. Ils seraient extrêmement efficaces.

Comme leur nom l'indique, le principal des obligations perpétuelles ne doit jamais être remboursé, bien que dans des circonstances différentes, il puisse être approprié de les rembourser. En 2015, par exemple, le Royaume-Uni a remboursé intégralement les consoles britanniques et les obligations de guerre. Une émission de 1 billion d'euros (1,1 billion de dollars) portant un coupon de 0,5% coûterait 5 milliards d'euros par an pour le service. Cela donnerait 5 milliards d'euros d'un effet de levier deux fois plus élevé. Même les auteurs du «non-papier» espagnol n’ont peut-être pas réalisé les implications; ils consacrent une grande partie de leur proposition à la manière de gérer les obligations perpétuelles.

Mais ce n'est pas un problème. Les gouvernements de l'UE pourraient facilement souscrire 5 milliards d'euros au service d'une émission d'un milliard d'euros d'obligations perpétuelles, à l'unanimité ou par une coalition de volontaires. Il n'est pas nécessaire de trouver de nouvelles sources de revenus.


Vendre pour 1 billion d'euros d'obligations perpétuelles avec un rendement de 0,5% n'est pas un problème non plus. L'obligation la plus longue actuellement en circulation (obligations autrichiennes à 100 ans) rapporte un peu moins de 0,5%. Bien sûr, cela peut prendre un certain temps aux marchés pour se familiariser avec l'idée d'obligations perpétuelles. Mais l'émission d'obligations perpétuelles n'a pas besoin d'être vendue en une seule fois; il peut être vendu par tranches et les investisseurs à long terme tels que les compagnies d'assurance-vie les saisiront. À mesure que les tranches seraient terminées, elles se vendraient à prime par rapport aux obligations autrichiennes.
Le document officieux espagnol propose jusqu'à 1,5 billion d'euros. Cela offre l'occasion d'inclure la deuxième menace pour notre civilisation, le changement climatique.

Le document officieux indique que le «transfert de fonds devrait être anticipé», à compter du 1er janvier 2021, «et être exécuté au cours des 2 à 3 prochaines années afin de relancer les économies des pays touchés».

Comme pour les covis bonds, il y a peu de chance selon moi que les obligations perpétuelles soient retenus mais la semaine prochaine je vous ferai part de nouvelles beaucoup plus inquiétantes qui annonce la probable fin de la zone euro.

 

Source Project syndicate

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