28/05/2020

Une analyse du king de la nécronomie

On ne présente plus Nouriel Roubini le roi de la nécronomie, le Docteur Doom, l'homme qui avait prévu la crise de 2008. Il revient et est très en forme confirmant par là toutes nos hypothèses :


NEW YORK - Après la crise financière de 2007-2009, les déséquilibres et les risques qui imprègnent l’économie mondiale ont été exacerbés par des erreurs politiques. Ainsi, plutôt que de s’attaquer aux problèmes structurels que l’effondrement financier et la récession qui a suivi ont révélé, les gouvernements ont surtout lancé la boîte sur la route, créant des risques à la baisse majeurs qui ont rendu une autre crise inévitable. Et maintenant que c' est arrivé, les risques sont de plus en plus aigus. Malheureusement, même si la Grande Récession entraîne une reprise terne en forme de U cette année, une « Grande Dépression » en forme de L suivra plus tard dans cette décennie, en raison de dix tendances inquiétantes et risquées.
La première tendance concerne les déficits et leurs risques corollaires : dettes et défauts de paiement. La réponse politique à la crise du COVID-19 entraîne une augmentation massive des déficits budgétaires - de l’ordre de 10 % du PIB ou plus - à une époque où les niveaux d’endettement public dans de nombreux pays étaient déjà élevés, voire insoutenables.
Pire encore, la perte de revenus de nombreux ménages et entreprises signifie que les niveaux d’endettement du secteur privé deviendront insoutenables, ce qui pourrait entraîner des défauts de paiement et des faillites de masse. Avec l’envolée de la dette publique, tout cela assure une reprise plus anémique que celle qui a suivi la Grande Récession il y a dix ans.
Un deuxième facteur est la bombe à retardement démographique dans les économies avancées. La crise du COVID-19 montre que beaucoup plus de dépenses publiques doivent être allouées aux systèmes de santé, et que les soins de santé universels et autres biens publics pertinents sont des nécessités, et non des luxes. Pourtant, comme la plupart des pays développés ont des sociétés vieillissantes, le financement de ces dépenses à l’avenir rendra encore plus grandes les dettes implicites des systèmes de santé et de sécurité sociale non financés d’aujourd’hui.
Un troisième problème est le risque croissant de déflation. En plus de provoquer une profonde récession, la crise crée également un ralentissement massif des biens (machines et capacités inutilisées) et des marchés du travail (chômage de masse), ainsi que l’effondrement des prix des produits de base tels que le pétrole et les métaux industriels. Cela rend la déflation de la dette probable, augmentant le risque d’insolvabilité.
Un quatrième facteur (connexe) sera la dégradation des devises. Alors que les banques centrales tentent de lutter contre la déflation et de réduire le risque d’une flambée des taux d’intérêt (suite à l’accumulation massive de la dette), les politiques monétaires deviendront encore plus non conventionnelles et de grande portée. À court terme, les gouvernements devront gérer des déficits budgétaires monétisés pour éviter la dépression et la déflation. Pourtant, au fil du temps, les chocs négatifs permanents de l’offre de la démondialisation accélérée et du protectionnisme renouvelé rendront la stagflation presque inévitable.
Un cinquième problème est la perturbation numérique plus large de l’économie. Avec des millions de personnes qui perdent leur emploi ou qui travaillent et gagnent moins, les écarts de revenu et de richesse de l’économie du XXIe siècle s’élargiront davantage. Pour se prémunir contre les futurs chocs de la chaîne d’approvisionnement, les entreprises des économies avancées re-riveront la production des régions à faible coût vers des marchés intérieurs plus coûteux. Mais plutôt que d’aider les travailleurs à la maison, cette tendance va accélérer le rythme de l’automatisation, en exerçant une pression à la baisse sur les salaires et en attisant davantage les flammes du populisme, du nationalisme et de la xénophobie.
Cela indique le sixième facteur majeur : la démondialisation. La pandémie accélère les tendances à la balkanisation et à la fragmentation qui étaient déjà bien entamées. Les États-Unis et la Chine se découpleront plus rapidement, et la plupart des pays réagiront en adoptant encore plus de politiques protectionnistes pour protéger les entreprises et les travailleurs nationaux contre les perturbations mondiales. Le monde post-pandémique sera marqué par des restrictions plus strictes à la circulation des biens, des services, des capitaux, de la main-d’œuvre, de la technologie, des données et de l’information. C’est déjà le cas dans les secteurs pharmaceutique, médical et alimentaire, où les gouvernements imposent des restrictions à l’exportation et d’autres mesures protectionnistes en réponse à la crise.
La réaction contre la démocratie renforcera cette tendance. Les dirigeants populistes bénéficient souvent de la faiblesse économique, du chômage de masse et de l’augmentation des inégalités. Dans des conditions d’insécurité économique accrue, il y aura une forte impulsion pour bouc émissaire des étrangers pour la crise. Les cols bleus et les larges cohortes de la classe moyenne deviendront plus sensibles à la rhétorique populiste, en particulier les propositions visant à restreindre la migration et le commerce.
Cela indique un huitième facteur : l’impasse géostratégique entre les États-Unis et la Chine. Alors que l’administration Trump fait tout son possible pour blâmer la Chine pour la pandémie, le régime du président chinois Xi Jinping va doubler sa prétention que les États-Unis conspirent pour empêcher la montée pacifique de la Chine. Le découplage sino-américain des accords commerciaux, technologiques, d’investissement, de données et monétaires s’intensifiera.
Pire encore, cette rupture diplomatique ouvrira la voie à une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et leurs rivaux, non seulement en Chine, mais aussi en Russie, en Iran et en Corée du Nord. À l’approche d’une élection présidentielle américaine, il y a toutes les raisons de s’attendre à une augmentation de la cyberguerre clandestine, ce qui pourrait mener même à des affrontements militaires conventionnels. . Et parce que la technologie est l’arme clé dans la lutte pour le contrôle des industries de l’avenir et dans la lutte contre les pandémies, le secteur technologique privé américain va devenir de plus en plus intégré dans le complexe national-sécurité-industrielle.
Un dernier risque qui ne peut être ignoré est la perturbation de l’environnement, qui, comme l’a montré la crise du COVID-19, peut faire beaucoup plus de ravages économiques qu’une crise financière. Les épidémies récurrentes (VIH depuis les années 1980, SRAS en 2003, grippe H1N1 en 2009, MERS en 2011, Ebola en 2014-2016) sont, comme le changement climatique, essentiellement des catastrophes d’origine humaine, nées de mauvaises normes sanitaires et sanitaires, de l’abus des systèmes naturels et de l’interconnectivité croissante d’un monde mondialisé. Les pandémies et les nombreux symptômes morbides du changement climatique deviendront plus fréquents, graves et coûteux dans les années à venir.
Ces dix risques, déjà importants avant que le COVID-19 ne frappe, menacent maintenant d’alimenter une tempête parfaite qui balaie toute l’économie mondiale en une décennie de désespoir. D’ici les années 2030, la technologie et un leadership politique plus compétent pourraient être en mesure de réduire, de résoudre ou de minimiser bon nombre de ces problèmes, ce qui donnerait lieu à un ordre international plus inclusif, coopératif et plus stable. Toute fin heureuse suppose que nous trouvons un moyen de survivre à la prochaine Grande Dépression.

15/05/2015

On en reparle

 

 

logo-sdlm.png

 

                        

 

 

 

 

 

 economie,philosophie,plus grande crise,tgd

 

 

Rubriques Livres du 3em millénaire

Charles Antoni, Jean-Pierre Crépin

Crise et mutation

 

 

Constat d'un monde occidental en errance et en déshérence auquel les auteurs se livrent avec une certaine rudesse, mais aussi avec jouissance. Jouissance ? Celle de pouvoir livrer sa pensée sans retenue. Il semble bien, à la lecture, que rien n'est à garder du système actuel ! De lettre en lettre, de réponse en réponse, l'écheveau se dénoue, et la réalité du monde « moderne » se délite ! La démocratie ?  Elle se résume à un mot d'ordre : faut pas froisser les marchés financiers. La finance ?  Nous savons maintenant où peut nous mener le « trader cocaïnomane » survitaminé aux bonus, jonglant du matin au soir avec des millions virtuels, qui, chose extraordinaire, finissent par retomber dans la réalité en créant des dizaines de millions de chômeurs et de sans abris aux quatre coins du monde. Le capitalisme ? « L'entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois. Les salariés ne sont qu'une variable d'ajustement. » La mondialisation ? Véritable machine à détruire la nature et les humains pour enrichir quelques milliers d'êtres dont l'égo est atteint d'une inimaginable boulimie inflationniste. Somme toute, une machine à tuer. Ce ne sont pas les derniers grands singes, tigres, ou lions qui nous contredirons. Notre mode de vie ? Travailler pour consommer. Le travail ? Ils citent Cioran : « le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel [...] l'homme se désintéresse de son évolution intérieure, pour s'attacher à n'importe quoi ». Ainsi, quel constat ? « Désenchantement du monde, où l'on voit le désert s'accroître »... Quelle solution face à ce déluge de désillusions ? Peut-être réaliser la profondeur de notre enfoncement dans une horizontalité aliénante ancrée dans l'identification à des désirs, des peurs, de faux besoins, des associations de pensée infusés par les médias. Voir cela s'inscrire en nous. Constater que passant devant une publicité, notre œil s'y attache, qu'une envie s'y colle, qu'un choc nous touche au ventre, que mécaniquement le slogan se répète dans notre tête, comme un métronome, pendant quelques pas, qu'une chansonnette publicitaire paraît indélogeable de notre cerveau... Quelle solution à part s'arrêter ? Retrouver le chemin de la verticalité : « L'instant présent est tout ce qui nous reste »... Le lecteur retrouvera Charles Antoni dans le numéro 94 de la Revue qui fut entièrement consacré à la crise, sous ses versants intérieur et extérieur (est-il possible de séparer les deux ?).

 

31/01/2012

Courage nécronomique

 

Le capitaine fracasse a regardé l'intervention de capitaine courage :

 

Logement + 30 % Objectif : relancer l'économie, créer des emplois non délocalisables, provoquer une baisse des prix de l'immobilier et des loyers...

Alors là, nous sommes dans le surnaturel, le capitaine fracasse invite le capitaine courage à relire ses classiques d'économie...Ceux qui investiront de leur poche pour agrandir leur logement, tiendront évidemment compte de l'agrandissement dans la valorisation de leur patrimoine, le moindre agent immobilier de quartier peut le confirmer....En conséquence, cela n'a aucune chance de provoquer une quelconque baisse des prix...Le type qui investit dans des travaux afin de provoquer une baisse des prix qui joue contre lui est clairement Très Grand Dépressif...Voir suicidaire... Le type qui l'incite avec ce type d'argument est atteint du syndrome de Pinocchio qui prit feu en se masturbant...

Quant aux emplois, après avoir régulé la finance tout seul au plan mondial le capitaine courage s'est visiblement mis en tête de fournir de sauver l'emploi en Espagne et de ses ouvriers en batiment sans parler de nos amis polonais...Les emplois peuvent être créer en France, cela ne signifie pas qu'ils ne seront pas effectués par de la main d'oeuvre étrangère....

Démographie : Le capitaine courage est content...Nous faisons beaucoup d'enfants ...Mais à mon avis grâce à lui nous allons en faire moins car si l'idée est de les balancer dés leur plus jeune âge en apprentissage en entreprise dans la durété de la réalité de la vie active, nous connaitrons le même sort que le Japon et ses écoliers qui se suicident...

"Dis Papa, c'set vrai que tu m'as mis au monde uniquement pour que je paye ta retraite et les dettes de l'Etat ?"

"Non mon fils, tu as un grand destin, tu vas devenir un exportateur de machines outils bulle verte et ainsi sauver le pays, la zone Euro, le Monde..."

En route pour la TGD...