15/03/2020

Vie et mort de l'homo economicus

 

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Le débat qui agite aujourd’hui la société à savoir faut-il soigner les plus jeunes plutôt que les plus vieux ne date pas d’aujourd’hui. Le premier Nobel d’économie français Gérald Debreu posait en son temps la même question avec ses travaux sur l’équilibre général. Notre société repose sur un équilibre, celui de la durée de vie des très vieux. Fallait-il les débrancher plus tôt pour faire des économies de sécurité sociale ou les maintenir sous perfusion pour créer des emplois de jeteurs de couches usagées ?
Depuis, la course en avant à pousser les gouvernements à légitimer des programmes d’austérité, l’idéologie d’austérité a arraché au nom de la rationalisation les derniers budgets des hôpitaux publics. Faire mieux avec moins, nous en payons le prix fort aujourd’hui. Combien de fois avons-nous entendu cet argument stupide « Nous vivons au-dessus de nos moyens. »
La vérité du moment qui explose est en fait l’inverse :
Nous mourrons en dessous de nos moyens.
Ce n’est pas pour rembourser les dettes de l’État qu’on a diminué drastiquement les budgets de la santé, mais pour garder un peu plus longtemps un semblant de crédibilité face aux marchés financiers, dans le but de pouvoir continuer à emprunter. C’est le caractère cynique des programmes d’austérité mis en place dans les pays du sud de la zone Euro. C’est uniquement pour que la zone Euro puisse maintenir encore un temps le simulacre de la capacité de rembourser ses dettes que des malades sont poussés vers la mort.
Savoir si les hôpitaux sont entretenus et les médicaments produits en France ne peut pas dépendre du fait de savoir s’il y a assez d’argent ou d’un quelconque critère de rentabilité. On ne peut pas transformer chaque individu en centre de perte ou de profit.
Le seul et unique critère doit être la satisfaction des besoins concrets. S’il a été décidé, par « manque d’argent », d’abandonner des ressources, il faut se les réapproprier. Espérons qu’au-delà du discours de notre Président des actes concrets surgiront. J’en doute fort.
     

 

23/02/2020

LE BEST SELLER ACTUEL AUX USA

La bourse n'en finit pas de monter grâce à la planche à billet indépendamment de tous les évènements Brexit, coronavirus...

C’est le moment d’ouvrir vos plans de pandémie et de voir que les choses sont en ordre », a déclaré le Dr Anne Schuchat, haut fonctionnaire des Centers for Disease Control and Prevention, a exhorté les hôpitaux la semaine dernière contre une épidémie d’un nouveau coronavirus mortel qui a ravagé une grande partie de la Chine.
« Par exemple, a-t-elle poursuivi, les fournisseurs de soins de santé doivent planifier une « poussée dans un hôpital, la capacité de fournir de l’équipement de protection individuelle à votre main-d’œuvre, les contrôles administratifs et ainsi de suite que vous pourriez mettre en place dans un milieu de soins de santé. »

L’avertissement de Schuchat est venu alors que les responsables de la santé des États-Unis et du monde entier sonnent de plus en plus l’alarme d’une éventuelle épidémie pandémique du nouveau coronavirus mortel qui a tué plus de 2 100 personnes en Chine au cours des sept dernières semaines.
L’épidémie de COVID-19 en Chine n’a pas encore rencontré la désignation par les responsables mondiaux de la santé d’une pandémie mondiale qui se propage à grande échelle dans le monde entier. Bien qu’il se soit propagé à plus de deux douzaines de pays, les responsables internationaux de la santé disent qu’il y a très peu de transmission au niveau local en dehors de la Chine en ce moment. Mais ils ont averti que cela pourrait changer rapidement. Le virus s’avère beaucoup plus contagieux que la grippe, puisqu’il s’est propagé de 300 personnes à la mi-janvier à plus de 75 700 à partir de jeudi matin.

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26/01/2020

Négatif et heureux

coronavirus,pandemie,sida,aid,hiv,mourir heureux,negatif,positifA l'heure où un nouveau virus fait son apparition avec le coronavirus et que l'on évoque une pandémie, je me remémore l'arrivée du VIH (SIDA) à mon époque dans les années 80.

Je me rappelle qu'autour de moi qui fréquentait alors le monde interlope de la nuit, beaucoup de gens mourraient.

Un jour, une jeune fille avec laquelle j'avais couché une dizaine de fois m'appela pour me dire qu'elle était séropositive. A l'époque, on voyait surtout les homosexuels et ceux qui se shootaient mourir mais on parlait peu de la transmission chez les hétéros. Evidemment, elle me conseilla d'aller faire un test.

A l'époque, il n'y avait que deux endroits pour les faire et ils étaient littéralement pris d'assaut. Je ne pus obtenir de RV avant quinze jours. Ce qui me contrariait fort car la liberté sexuelle était très forte dans ces années là. Depuis la jeune fille en question ne s'était écoulé qu'un mois mais en un mois, j' avais eu des relations avec trois ou quatre autres jeunes filles.

Je me posais donc la question de savoir si je devais prévenir ou non ou si j'attendais de connaître les résultats . J'optai finalement pour ne rien dire en attente de connaître le résultat. Je me rendis donc au dispensaire à Belleville pour mon RV faisant une queue interminable au milieu de gens aux tristes mines comme la mienne j'imagine. Je fus reçu par un jeune Docteur qui me posa plusieurs questions : la fréquence de mes rapports, le nombre de partenaires etc...

A l'issue du questionnaire, il me regarda l'air consterné et me déclara :

" Vous êtes un sujet à haut risque"

Cela va vous paraître idiot, chers amis nécronomistes, mais je tirais sur le coup une certaine satisfaction d'être à haut risque. J'y voyais là une certaine forme de reconnaissance de ma vie dissolue. J'existais...Et puis je me disais qu'être à haut risque me ferait passer de manière prioritaire.

Manque de pot, bien que ceci n'ait rien à voir avec la chance, les labos étaient tellement engorgés qu'il fallait attendre quinze jours, trois semaines pour avoir les résultats. RV fut pris pour trois semaines après.

Ces trois semaines me parurent très longues. Je me murais chez moi. Pire encore, je me souviens , je dois le confesser être allé dans une église pour la première fois de ma vie pour demander à être épargné encore quelques années.

Au RV suivant, le jeune Docteur me reconnut immédiatement

" Ah oui, je me souviens de vous, vous êtes un sujet à haut risque…"

Cette fois ci, je ne me sentis pas gratifier. J'avais assumer le pire et m'attendais donc à ce que l'on m'annonce le pire.

Le Docteur me fit asseoir et posa l'enveloppe avec le résultat de mes examens devant lui. Il s'asseyait puis se relevait n'arrivant à se décider à l'ouvrir. Il était hypernerveux. Beaucoup plus que moi qui l'était déjà pas mal.

Il finit par s'asseoir et me demanda :

" Vous êtes prêt ?"

Je hochai de la tête.

Soudain, il prit l'enveloppe la déchira en quatrième vitesse. Je suivis le mouvement de ses yeux ne pouvant rien faire d'autre.

" Négatif...Négatif"se mit-il à hurler dans le cabinet. Il fit le tour de son bureau et m'étreignit chaleureusement.

C'était un peu comme si j'avais réussi un exploit.

Enfin tout cela pour vous dire que l'on peut être parfaitement heureux en étant négatif comme les taux du même nom. Négatif en guise d'apéritif...

PS quant à la jeune fille en question elle a maintenant soixante ans et est toujours en vie, je l'ai croisé il y a peu de temps.