27/08/2019

Si Zorba voyait ça !

A Gabelle

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Alerte ! Ce que nous vous annoncions depuis un mois et demi vient de commencer ce matin, peu avant l'aube :

EXARCHEIA SOUS OCCUPATION POLICIÈRE !

Le célèbre quartier rebelle et solidaire d'Athènes est complètement encerclé par d'énormes forces de police : de nombreux bus de CRS (MAT), des jeeps de la police antiterroriste (OPKE), des voltigeurs (DIAS), des membres de la police secrète (asfalitès), ainsi qu'un hélicoptère et plusieurs drones.

Lieu unique en Europe pour sa forte concentration de squats et d'autres espaces autogérés, mais aussi pour sa résistance contre la répression et sa solidarité avec les précaires et migrants, Exarcheia était dans le collimateur du gouvernement de droite depuis son élection le 7 juillet. Le nouveau premier ministre Kyriakos Mitsotakis en avait fait une affaire personnelle, d'autant plus qu'il avait été raillé début août pour ne pas avoir réussi à atteint son objectif de "nettoyer Exarcheia en un mois" comme il l'avait annoncé en grandes pompes.

Ce matin, 4 squats ont été évacués : Spirou Trikoupi 17, Transito, Rosa de Fon et Gare. L'offensive concerne pour l'instant la partie nord-ouest du quartier, à l'exception notable du squat Notara 26, réputé mieux gardé et très important symboliquement pour le quartier en tant que premier squat historique de la "crise des réfugiés" au centre ville d'Athènes.

On compte pour l'instant une centaine d'arrestations, ainsi que des agressions brutales contre des personnes tentant de filmer. Seuls les médias de masse au service du pouvoir ont l'autorisation de couvrir l'événement.

Au total, il y a 23 squats dans Exarcheia plus 26 autres autour du quartier, soit un total de 49 concentrés sur une zone assez petite. 49 squats auxquels il faut ajouter d'autres types de lieux autogérés, dont certains en location (Espace Social Libre Nosotros, magasin gratuit Skoros, etc.) ainsi que des dizaines de logements particuliers regroupant des groupes de militant-es, souvent près des terrasses pour permettre un accès au-dessus des rues.

Sur les squats qui se trouvent précisément à l'intérieur d'Exarcheia, 12 sont des squats d'hébergement pour les réfugié-es et migrant-es et les 11 autres sont des squats de collectifs politiques anarchistes et antiautoritaires (même si la plupart des squats de réfugié-es sont aussi évidemment très politiques, à commencer par le Notara 26 et Spirou Trikoupi 17 avec des assemblées directes et beaucoup de liens avec le reste du mouvement social).

Dans les squats de Spirou Trikoupi 17 et Transito (que les valets du pouvoir sont maintenant en train de murer), plus d'une quinzaine d'enfants ont été arrachés à une existence paisible et heureuse pour être subitement envoyés dans des camps. Ces sinistres camps sont insalubres et surpeuplés, les migrant-es y sont mal nourri-es et souffrent des variations de températures, subissent des humiliations et parfois des tortures, et Mitsotakis exige de surcroît qu'ils soient tous bien fermés et, à l'avenir, complètement coupés du reste du territoire.

Le visage de l'Europe ne cesse de se durcir à l'instar de ce qui se passe également sur les autres continents. Cette évolution toujours plus autoritaire du capitalisme conduit à nous interroger sur ce qu'annonce l'ère actuelle : l'offensive contre les poches d'utopies couplée à l'enfermement des boucs émissaires rappelle des heures sombres de l'Histoire.

Le monde entier devient fasciste et la Grèce en est, une fois de plus, l'un des laboratoires.

Mais rien n'est fini. Septembre arrive bientôt. Les jobs saisonniers se terminent. Le mouvement social se rassemble et s'organise à nouveau. Des lieux comme le Notara 26 et le K*Vox sont sous haute surveillance. Des ripostes se préparent, ainsi que plusieurs grands événements mobilisateurs. L'automne sera chaud à Athènes.

Résistance !

Yannis Youlountas

https://www.youtube.com/watch?v=DBpQ262_n7U

PS : nous comptons sur vos communiqués, actions en direction des lieux représentant l'état grec à l'étranger, photos, vidéos et tout ce que bon vous semble. Pensez à nous les transmettre. La solidarité est notre arme. Nos luttes n'ont pas de frontières.
Vous trouverez la suite des infos comme toujours sur mon blog : http://blogyy.net

 

 

 

 

 

 

 

 

21/08/2019

Par ici la sortie...Stagnation séculaire ou déflation ?

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Récemment. Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, déclarait. « les banquiers centraux ont tout fait pour éloigner le risque déflationniste. Désormais, la balle est dans le camp des gouvernements et des partenaires sociaux afin d’augmenter les coûts unitaires de production » (qui combine les augmentations de traitements et salaires, et les progrès de productivité). Et d’expliquer : « il y a une anomalie dans la situation présente qui maintient une inflation faible dans les pays avancés. Ces coûts unitaires de production désespérément bas se traduisent par un mécontentement dans la population ». Traduction, les salaires doivent augmenter plus rapidement. Mais c’est le travail « des autres partenaires qui ne sont pas les banques centrales ».


Sur une reprise de plus d'une décennie, nous sommes maintenant dans un scénario où les banques centrales sont essentiellement piégées à zéro ou près de zéro. La signalisation du marché est morte, les fondamentaux n'ont pas d'importance. Les marchés restent irrationnels. Imaginez que le PIB mondial est de l’ordre de 80 000 milliards de dollars et qu’il y a environ 240 000 milliards de dollars en circulation. Où est l’argent si il ne circule pas dans l’économie réelle où les gens travaillent réellement ?
Où est l’inflation voire l’hyper inflation que cette profusion d’argent aurait due provoquer ?
Personne ne la voit et pour cause, il n’y en a pas.
la baisse des taux d'intérêt dure depuis plus de 10 ans excepté aux USA où les taux sont remontés avant de redescendre. L'argent neuf a bénéficié à ceux qui l'ont reçu en premier : les plus riches et les rentiers, tous ceux qui n'en avaient pas besoin et se sont encore enrichis creusant les inégalités. Tout ceci, conduisant à une bulle où la financiarisation et la consolidation évincent les entreprises réelles et la classe moyenne. C’est la raison pour laquelle l’immobilier est si cher et que les marchés actions sont si hauts. Du pur gonflage de joues. Jean de la Fontaine plus grand économiste de tous les temps…
Même si nous devions avoir quelques timides reprises, il ne pourrait s’agir que de reprises des chaussettes. L’erreur a été d’imposer en Europe des politiques d’austérité à des économies qui au contraire avaient désespérément besoin de stimulation (la fameuse règle idiote des 3%).
En clair, comme je disais dans mon intervention à la conférence de Begaudeau et de Judith Bernard, le vrai risque n’est pas l’inflation mais la déflation car les politiques des banquiers centraux n’ont plus aucun impact sur l’économie réelle.
Alors où en sommes-nous aujourd’hui ? Nous sommes, retenez bien ce nom barbare, vous allez en entendre parler, dans une stagnation séculaire. Une tendance inexorable qui se caractérise par une croissance molle et cette croissance molle va durer longtemps à moins que nous entrions dans un scénario pire, celui de la déflation et de la trappe à liquidités où les consommateurs ne consomment plus et où les investisseurs n'investissent plus.

Sauf si les prix du pétrole ne venaient à créer une spirale inflationniste, les entreprises vont être prochainement susceptibles de réagir par une baisse de leurs marges afin de vendre leurs stocks en s’accrochant à leurs parts de marché aux dépens de leurs concurrents. C’est à ce moment précis que la faible inflation que nous vivons se transformera en déflation. Nous rejoindrons, c’est ma théorie, le Japon dans la liste des économies éclopées.
Comment sortir de cet enlisement ? La réponse est d’une simplicité biblique : en créant une nouvelle bulle. C’est l’idée de la bulle verte, le recyclage du capitalisme que je pronostique depuis maintenant plus de dix ans mais qui a du mal à décoller. Je vais vous expliquer pourquoi. La bulle verte est l’occasion de revendre tout à tout le monde estampillé écologie et développement durable. Ce qui est déjà un contresens comme je l’expliquai dans Crise et Mutation, car nos économies sont basées sur le renouvelable. Le renouvellement des hommes et des produits. À peine un produit sort qu’il est déjà démodé et qu’un autre prend sa place. Consommation durable voudrait dire que l’on vend une chose une seule fois à une personne et qu’elle servirait toute sa vie. On voit bien à travers cet exemple que cela ne peut fonctionner. Toutefois la bulle verte n’arrive pas à décoller car l’endettement des gens est trop élevé et les salaires trop faibles. N’oublions pas que ces salaires faibles ont été voulus par les entreprises pour des questions de compétitivité. C’est dans ce sens que va la réflexion de Jean-Claude Trichet, il faut augmenter les salaires mais pour cela, il faut augmenter la productivité et c’est là où le bât blesse. Même si on vante la fameuse démographie de la France par rapport à nos voisins. Beaucoup de gens vont partir en retraites. Dans le même temps de nombreux jeunes dans la pleine force de l’âge issus des milieux les plus pauvres sont sortis du marché du travail. On retrouve ce cas de figure dans toutes les démocraties de Marché. Par ailleurs comme le démontre brillamment Robert Gordon un des théoriciens de la stagnation séculaire, les nouvelles technologies si elles amènent du confort ne créent pas de croissance comme nous avons en en connaitre par le passé avec l'électricité par exemple.
Alors, comment concilier bulles répétées avec une économie ne montrant aucun signe de pressions inflationnistes? La réponse de Larry Summers, l’autre grand théoricien de la stagnation séculaire est que nous pouvons être une économie qui a besoin de bulles juste pour réaliser quelque chose près du plein emploi - qu'en l'absence de bulles l'économie a un taux d'intérêt naturel négatif. Et cela n'a pas été tout simplement vrai depuis la crise financière de 2008; il a sans doute été vrai, bien que peut-être avec une sévérité croissante, depuis les années 1980.
Un programme politique responsable nécessite d’en faire moins avec la politique budgétaire donc de réduire les dépenses pour désendetter l’ État et d’en faire moins avec la politique monétaire donc de faire des taux d’intérêts positifs pour rémunérer l’épargne. Mais ce sont précisément ces politiques soi disant responsables qui ont échoué.

Songez aux gens qui ont cru à la retraite par capitalisation dont on ne parle plus du tout aujourd’hui et pour cause, plus rien n’est rémunéré pour les classes moyennes Ce qui par ailleurs pose d’énormes problèmes aux retraités allemands.
C’est pourquoi au vu de tous ces éléments et de l’impuissance tragique de tous les gouvernements et si nous sommes réellement dans une situation de stagnation séculaire et si nous voulons éviter la déflation et la trappe à liquidités dont personne n’est jamais sorti. Il faut encore baisser les taux. Mais me direz-vous, ils ont déjà à zéro ou négatifs ! Eh bien il faut aller dans le très négatifs…Trump l’a d’ailleurs compris et il est probable que la FED rebaisse ses taux prochainement mais osera t’elle les baisser aussi fortement que Trump le souhaite. Tout l’enjeu est là. Parmi les autres solutions qui ne font pas plaisir : éliminer la monnaie papier et payer des taux d'intérêt négatifs sur les dépôts. Autrement dit faire payer à l’épargnant pour ses dépôts la "location du coffre". Ce qui peut l’inciter à remettre son cash en circulation.
L'épargne peut être une vertu personnelle, mais dans le cas de la trappe à liquidités (les consommateurs ne consomment plus, les investisseurs n’investissent plus)
c'est un vice social. Et dans une économie confrontée à la stagnation séculaire, ce n'est pas seulement un état de choses temporaire, c'est la norme. Assurer aux gens qu'ils peuvent obtenir un taux de rendement positif sur les actifs sûrs signifie leur promettre quelque chose que le marché ne veut pas offrir - 
Dernier point. Si nous dérivons vers des taux d'intérêt réels très négatifs et une croissance économique globale au moins quelque peu positive, la panique sur la dette publique est totalement stupide le service de la dette dans le sens de stabiliser le rapport de la dette au PIB n'a aucun coût, en fait un coût négatif.

Mon intervention à la conf vers 1H 24

https://www.youtube.com/watch?v=w7waydqVM2w

04/08/2019

La France vu par les nécronomistes américains

 

 

 

 

yello.jpgA la question fréquemment posée, qu'est ce qu'un nécronomiste ?

JPC répondait invariablement :

Les Nécronomistes sont le peuple de l'optimisme abslolument pessimiste, du dogmatisme absolu absolument sceptique.

En attendant /

 

Un article terrifiant de Tyler Durden sur Zero Hedge concernant la situation en France que j'ai essayé de vous traduire, âmes sensibles s'abstenir !

 

Paris, Champs-Élysées. Le 14 juillet. Le jour de la Bastille. Juste avant le début du défilé militaire, le président Emmanuel Macron descend l'avenue dans une voiture officielle pour saluer la foule. Des milliers de personnes se sont rassemblées le long de l'avenue en criant "Macron démission", huées et lancent des insultes.
À la fin du défilé, quelques dizaines de personnes lancent des ballons jaunes dans le ciel et distribuent des tracts disant : « Les gilets jaunes ne sont pas morts. » La police les disperse, rapidement et fermement. Quelques instants plus tard, des centaines d'anarchistes d'Antifa arrivent, jetaient des barrières de sécurité sur la chaussée pour ériger des barricades, allumer des feux et fracasser les devantures de plusieurs magasins. La police a du mal à maîtriser la situation, mais en début de soirée, après quelques heures, elle rétablit le calme.
Quelques heures plus tard, des milliers de jeunes Arabes de la banlieue se rassemblent près de l'Arc de Triomphe. Ils sont apparemment venus pour "célébrer" à leur manière la victoire d'une équipe algérienne de football. Plus de vitrines sont brisées, plus de magasins pillés. Les drapeaux algériens sont partout. Les slogans sont ceinturés : « Vive l'Algérie », « La France est à nous », « Mort à la France ». Les panneaux portant des noms de rues sont remplacés par des pancartes portant le nom d'Abd El Kader, le chef religieux et militaire qui a combattu
contre l'armée Français au moment de la colonisation de l'Algérie. La police se limite à endiguer la violence dans l'espoir qu'elle ne se propagera pas.
Vers minuit, trois dirigeants du mouvement des « gilets jaunes » sortent d'un poste de police et disent à un journaliste de télévision qu'ils ont été arrêtés tôt ce matin-là et emprisonnés pour le reste de la journée. Leur avocat affirme qu'ils n'ont rien fait de mal et qu'ils ont été arrêtés « préventivement ». Il souligne qu'une loi adoptée en février 2019 permet à la police Français d'arrêter toute personne soupçonnée d'avoir participé à une manifestation; aucune autorisation d'un juge n'est nécessaire et aucun appel n'est possible.
Le vendredi 19 juillet, l'équipe algérienne de football gagne à nouveau. De plus en plus de jeunes Arabes se rassemblent près de l'Arc de Triomphe pour « célébrer » à nouveau. Les dégâts sont encore plus importants que huit jours auparavant. Plus de policiers se présentent; ils ne font presque rien.
Le 12 juillet, deux jours avant le jour de la Bastille, plusieurs centaines de clandestins africains autoproclamés entrent au Panthéon, le monument qui abrite les tombes des héros qui ont joué un rôle majeur dans l'histoire de France. Là, les migrants annoncent la naissance du « mouvement des gilets noirs ». Ils exigent la « régularisation » de tous les immigrants illégaux sur Français territoire et un logement gratuit pour chacun d'eux. La police se présente mais refuse d'intervenir. La plupart des manifestants partent paisiblement. Quelques-uns qui insultent la police sont arrêtés.
La France est aujourd'hui un pays à la dérive. L'agitation et l'anarchie continuent de gagner du terrain. Le désordre fait désormais partie de la vie quotidienne. Les sondages montrent qu'une large majorité rejette le président Macron. Ils semblent détester son arrogance et être enclins à ne pas lui pardonner. Ils semblent en vouloir à son mépris pour les pauvres; la façon dont il a écrasé le mouvement des « gilets jaunes » et pour ne pas avoir accordé la moindre attention aux plus petites revendications des manifestants, comme le droit d'organiser un référendum citoyen comme ceux de la Suisse. Macron ne peut plus aller nulle part en public sans risquer des manifestations de colère.
Les « gilets jaunes » semblent enfin avoir cessé de manifester et abandonné : trop de personnes ont été mutilées ou blessées. Leur mécontentement, cependant, est toujours là. Il semble attendre d'exploser à nouveau.
La police Français semble féroce lorsqu'elle a affaire à des manifestants pacifiques, mais à peine en mesure d'empêcher des groupes tels que « Antifa » de provoquer la violence. Par conséquent, maintenant à la fin de chaque démonstration, «Antifa» apparaissent. La police Français semble particulièrement prudente lorsqu'elle doit traiter avec de jeunes Arabes et des migrants illégaux. La police a reçu des ordres. Ils savent que les jeunes Arabes et les migrants illégaux pourraient créer des émeutes à grande échelle. Il y a trois mois, à Grenoble, la police poursuivait des jeunes Arabes sur une moto volée, accusés de vol. En fuyant, ils ont eu un accident. Cinq jours de chaos ont commencé.
Le président Macron ressemble à un dirigeant autoritaire quand il fait face aux pauvres mécontents. Il ne dit jamais qu'il est désolé pour ceux qui ont perdu un œil ou une main ou ont subi des lésions cérébrales irréversibles de la brutalité policière extrême. Au lieu de cela, il a demandé au parlement Français d'adopter une loi qui abolit presque complètement le droit de manifester, la présomption d'innocence et qui permet l'arrestation de quiconque, n'importe où, même sans motif. La loi a été adoptée. En juin, le parlement Français a adopté une autre loi, punissant sévèrement toute personne qui dit ou écrit quelque chose qui pourrait contenir « discours de haine ». La loi est si vague qu'un juriste américain, Jonathan Turley, s'est senti obligé de réagir. « La France est devenue l'une des plus grandes menaces internationales à la liberté d'expression », a-t-il écrit.
Macron ne semble cependant pas autoritaire avec des anarchistes violents. Face aux jeunes Arabes et aux migrants illégaux, il semble positivement faible.
Il sait ce que l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a déclaré en novembre 2018, alors qu'il démissionnait du gouvernement :
« Les communautés en France sont de plus en plus en conflit les unes avec les autres et cela devient très violent... aujourd'hui, nous vivons côte à côte, je crains que demain ce sera face à face".
Macron sait aussi ce que l'ancien président François Hollande a dit après avoir servi son mandat de président : « La France est sur le point de se diviser ».
Macron sait que la partition de la France existe déjà. La plupart des Arabes et des Africains vivent dans des zones d'exclusion, à l'exception du reste de la population, où ils acceptent de moins en moins la présence de non-Arabes et de non-Africains. Ils ne se définissent pas comme Français, sauf quand ils disent que la France leur appartiendra. Les rapports montrent que la plupart semblent remplis d'un profond rejet de la France et de la civilisation occidentale. De plus en plus d'entre eux semblent placer leur religion au-dessus de leur citoyenneté; beaucoup semblent radicalisés et prêts à se battre.
Macron ne semble pas vouloir se battre. Au lieu de cela, il a choisi de les apaiser. Il poursuit avec un esprit unique son projet d'institutionnaliser l'islam en France. Il y a trois mois, l'Association musulmane pour l'islam de France (AMIF) a été créée. Une branche s'occupera de l'expansion culturelle de l'islam et prendra en charge la « lutte contre le racisme anti-musulman ». Une autre branche sera responsable des programmes qui forment les imams et construisent des mosquées. Cet automne, un " Conseil des Imams de France " sera créé. Les principaux dirigeants de l'AMIF sont (ou étaient jusqu'à récemment) membres des Frères musulmans, mouvement désigné comme une organisation terroriste en Égypte, à Bahreïn, en Syrie, en Russie, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, mais pas en France.
Macron est au courant des données démographiques. Ils montrent que la population musulmane en France va augmenter de manière significative dans les années à venir. (L'économiste Charles Gave écrivait récemment que d'ici 2057, la France aura une majorité musulmane). Macron peut voir qu'il sera bientôt impossible pour quiconque d'être élu président sans compter sur le vote musulman, il agit donc en conséquence.
Macron voit apparemment que le mécontentement qui a donné naissance au mouvement des « gilets jaunes » est toujours là. Il semble penser que la répression sera suffisante pour empêcher tout soulèvement supplémentaire, et ne fait donc rien pour remédier aux causes du mécontentement.
Le mouvement des « gilets jaunes » est né d'une révolte contre des taxes exorbitantes sur le carburant et des mesures gouvernementales sévères contre les voitures et les automobilistes. Ces mesures comprenaient des limites de vitesse réduites -- 50 mi/h sur la plupart des autoroutes -- et plus de caméras de détection de vitesse; une forte augmentation des pénalités sur les billets, ainsi que des contrôles annuels complexes et coûteux des véhicules automobiles. Français taxes sur les carburants ont récemment augmenté à nouveau et sont maintenant les plus élevées en Europe (70% du prix payé à la pompe). D'autres mesures contre l'utilisation de l'automobile et des automobilistes encore en vigueur sont particulièrement douloureuses pour les pauvres. Ils étaient déjà chassés des banlieues par des nouveaux arrivants intolérants, et doivent maintenant vivre -- et conduire -- encore plus loin de l'endroit où ils travaillent.
Macron n'a pas pris de décision pour remédier à la situation économique désastreuse en France. Lorsqu'il a été élu, les impôts, les droits et les charges sociales représentaient près de 50 % du PIB. Les dépenses publiques représentaient 57 % du PIB (le plus élevé parmi les pays développés). Le ratio de la dette nationale au PIB était de près de 100 %.
Les impôts, les droits de douane, les charges sociales et les dépenses publiques restent au même niveau aujourd'hui qu'à l'arrivée de Macron. Le ratio de la dette au PIB est de 100 % et augmente. L'économie Français ne crée pas d'emplois. La pauvreté reste extrêmement élevée : 14 % de la population gagne moins de 855 euros (950 $) par mois.
Macron ne prête aucune attention à la catastrophe culturelle croissante qui s'est également aédente au pays. Le système éducatif s'effondre. Un pourcentage croissant d'élèves obtiennent leur diplôme d'études secondaires sans savoir comment écrire une phrase exempte d'erreurs qui rendent tout ce qu'ils écrivent incompréhensible. Le christianisme est en train de disparaître. La plupart des non-musulmans Français ne se définissent plus comme chrétiens. L'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris était officiellement un « accident », mais ce n'était qu'un des nombreux édifices religieux chrétiens du pays qui ont été récemment détruits. Chaque semaine, les églises sont vandalisées- à l'indifférence générale du public. Au cours du premier semestre 2019, 22 églises ont été incendiées.
La principale préoccupation de Macron et du gouvernement Français ne semble pas être le risque d'émeutes, le mécontentement de l'opinion publique, la disparition du christianisme, la situation économique désastreuse, ou l'islamisation et ses conséquences. Au lieu de cela, c'est le changement climatique. Bien que la quantité d'émissions de dioxyde de carbone de la France soit infinitésimale (moins de 1% du total mondial), la lutte contre le "changement climatique d'origine humaine" apparaît comme la priorité absolue de Macron.
Une Suédoise, Greta Thunberg, 16 ans, - pourtant gourou de la "lutte pour le climat" en Europe- a récemment été invitée à l'Assemblée nationale Français par des parlementaires qui soutiennent Macron. Elle a prononcé un discours, promettant que la « destruction irréversible » de la planète commencera très bientôt. Elle a ajouté que les dirigeants politiques « ne sont pas assez matures » et ont besoin de leçons d'enfants. Les députés qui soutiennent Macron ont chaleureusement applaudi. Elle a reçu un Prix de la Liberté, qui vient d'être créé, qui sera donné chaque année à des personnes « luttant pour les valeurs de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 pour libérer l'Europe ». Il est probablement raisonnable de supposer qu'aucun de ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944 ne pensait qu'il se battait pour sauver le climat. Ces petits détails, cependant, semblent au-delà de Macron et les parlementaires qui le soutiennent.
Macron et le gouvernement Français semblent également indifférents au fait que les Juifs - poussés par la montée de l'antisémitisme, et naturellement préoccupés par les décisions de justice imprégnées de l'esprit de soumission à l'islam violent - continuent de fuir la France.
Kobili Traore, l'homme qui a assassiné Sarah Halimi en 2017 en scandant des soudés du Coran et en criant que les Juifs sont Sheitan (en arabe pour « Satan ») a été déclaré non coupable. Traoré avait apparemment fumé du cannabis avant le meurtre, alors les juges ont décidé qu'il n'était pas responsable de ses actes. Traoré sera bientôt libéré de prison; que se passe-t-il s'il fume encore du cannabis ?
Quelques semaines après le meurtre de Halimi, trois membres d'une famille juive ont été agressés, torturés et retenus en otage chez eux par un groupe de cinq hommes qui ont dit que « les Juifs ont de l'argent » et « les Juifs doivent payer ». Les hommes ont été arrêtés; tous étaient musulmans. Le juge qui les a inculpés a annoncé que leurs actes n'étaient « pas antisémites ».
Le 25 juillet 2019, alors que l'équipe israélienne de football Maccabi Haifa était en compétition à Strasbourg, le gouvernement Français a limité le nombre de supporters israéliens dans le stade à 600, pas un de plus. Un millier d'entre eux avaient acheté des billets d'avion pour venir en France pour assister au match. Le gouvernement Français a également interdit l'agitation des drapeaux israéliens au match ou n'importe où dans la ville. Néanmoins, au nom de la « liberté d'expression », le ministère de l'Intérieur Français a autorisé des manifestations anti-israéliennes devant le stade, et des drapeaux palestiniens et des banderoles disant « Mort à Israel » étaient là. La veille du match, dans un restaurant près du stade, des Israéliens ont été violemment attaqués. «Les manifestations contre Israel sont approuvées au nom de la liberté d'expression, mais les autorités interdisent aux partisans du Maccabi Haïfa de hisser le drapeau israélien, c'est inacceptable», a déclaré Aliza Ben Nun, l'ambassadrice d'Israel en France.
L'autre jour, un avion rempli de Français Juifs quittant la France est arrivé en Israel. D'autres Français Juifs partiront bien tôt. Le départ des Juifs vers Israel implique des sacrifices : certains agents immobiliers Français profitent du souhait de beaucoup de familles juives de partir, ainsi ils achètent et vendent des propriétés possédées par des juifs à un prix bien inférieur à leur valeur marchande.
Macron restera président jusqu'en mai 2022. Plusieurs dirigeants des partis de centre-gauche (comme le Parti socialiste) et de centre-droit (Les Républicains) ont rejoint La République en marche, le parti qu'il a créé il y a deux ans. Après cela, le Parti socialiste et Les Républicains se sont effondrés électoralement. Le principal adversaire de Macron en 2022 devrait être le même qu'en 2017 : Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement national populiste.
Bien que Macron soit largement impopulaire et détesté, il utilisera probablement les mêmes slogans qu'en 2017 : qu'il est le dernier bastion de l'espoir contre le « chaos » et le « fascisme ». Quiconque lit le programme politique du Rassemblement national peut voir que Le Pen n'est pas un fasciste. En outre, quiconque regarde la situation en France peut se demander si la France n'a pas déjà commencé à sombrer dans le chaos.
La triste situation qui règne en France n'est pas si différente de celle de nombreux autres pays européens. Il y a quelques semaines, un cardinal africain, Robert Sarah, a publié un livre, Le soir approche et déjà le jour baisse (« La soirée arrive, et déjà la lumière s'assombrit »). « À la racine de l'effondrement de l'Occident », écrit-il, « il y a une crise culturelle et identitaire. L'Occident ne sait plus ce que c'est,
parce qu'il ne sait pas et ne veut pas savoir ce qui l'a façonné, ce qui l'a constitué, ce qu'il était et ce qu'il est. (...) Cette auto-asphyxie conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares.
C'est exactement ce qui se passe en France et en Europe.