10/09/2020

Idées zombies

En lisant le dernier ouvrage de Paul Krugman, je me suis demandé un court instant si il lisait notre blog avec le discours récurrent sur les zombies.

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Non, il n'en est rien les zombies sont partout et les idées zombies aussi.

Quelle est la plus persistante de ces idées-zombies ? Croire que taxer les riches est destructeur pour l’économie, et qu’à l’inverse diminuer l’impôt sur les hauts revenus produira une croissance économique miraculeuse. Cette doctrine, que les faits ne cessent de démentir, a paradoxalement encore une emprise. Macron s’en est même fait le porte-parole avec le fameux ruissellement ou les premiers de cordées. Il vient encore en remettre une couche avec son concept de "cordées de la réussite". Il n'en démord pas.

De même la croyance selon laquelle la France souffrirait d’un grave « déficit de compétences » est une mode : elle fait partie de ce que les Gens Très Sérieux répètent entre eux. C’est un excellent exemple d’idée-zombie – une idée increvable, qui ne cesse de se relever des coups qu’on lui porte. Cette croyance a provoqué beaucoup de dégâts.Prochainement vous n'allez entendre parler que de ça puisqu on va vous mettre sur le dos le chômage et la crise et cela sera de votre fait parce vous n'êtes comme moi qu'une bande d'incompétents fainéants.

Que se passerait il s’il y avait vraiment une pénurie de compétences ? En toute logique, seuls les travailleurs avec les bonnes compétences devraient s’en sortir. Ce n’est pourtant pas ce qui se passe actuellement.

Certes, les salariés très diplômés sont plus rarement au chômage que les autres ; mais c’est toujours le cas, peu importe la situation économique. Le point crucial est que le chômage reste beaucoup plus élevé qu’avant la crise financière, quel que soit le niveau d’éducation et quelle que soit la profession : dans toutes les grandes catégories, les travailleurs se portent moins bien qu’en 2007.

Certains employeurs se plaignent de la difficulté à trouver des travailleurs possédant les compétences dont ils ont besoin. Mais sortez l’argent ! Si les employeurs réclament des qualifications spécifiques, ils doivent être prêts à offrir des salaires plus élevés pour attirer ceux qui les possèdent.

Pareillement si les employeurs cherchent des commis boucher ou des serveurs "t'as qu'a traverser la rue et tu trouveras du boulot", des professions difficiles, là encore il ne sert à rien de pleurnicher, il faut simplement sortir l’argent !

 

 

 

06/12/2019

La retraite à poings dans la gueule

Le mouvement initié par le salariat industriel se parachève dans l'« ubérisation » progressive de tous les services : en trois siècles, les élites ont construit un www.pnggigantesque appareil de capture qui achève d' exproprier les résidus de classes moyennes et la couche du dessous de leur vie, pour les jeter dans une concurrence généralisée et/ou l’auto-entreprenariat des auto-exploités se dissout dans les « profils » de la gouvernementalité algorithmique et dans les flux numériques.
Plus rien ne semble en mesure de limiter l'auto-exploitation suicidaire à laquelle nous nous soumettons La toujours plus éphémère et fragile fixation des valeurs relève d'une roulette russe où les promesses brandies par des politiciens terrifiés par l’absence de croissance, pèsent plus lourd que le saccage climatique de la planète que nous léguerons aux générations à venir. Les jeunes barbares arrosant de mitraille l'école de leur quartier illustrent avec une terrible acuité le délire absolutiste d'un monde rejeté.
À l'impitoyable dissolution, de larges pans de nos sociétés répondent par des postures de replis identitaires : repli sur des nostalgies racistes pour les populismes de droite ; repli sur des nostalgies ouvriéro-nationalistes pour les populismes de gauche ; repli sur des intégrismes religieux pour certaines majorités silencieuses des pays riches. Contrairement à ce qui sous-tend la majorité des discours bien pensants, il n'y a pas à choisir entre l'insécurité de la modernité néolibérale et les régressions vers les fausses sécurités du passé — choix étriqué qui nous condamne à préférer la peste au choléra. Le retour des intégrismes va strictement de pair avec les progrès de l'absolutisme libéral macronien : les premiers viennent naturellement étayer la précarité existentielle creusée par le second. La Money Power toute-puissante exacerbe un discrédit généralisé de toutes les valeurs sociales, que ne peut venir surcompenser qu'une référence transcendante.
déterritorialisation, précarisation et reterritorialisation identitaire à tendances fascisantes culmine dans l'absurdité tragique qui voit nos populations se cliver autour de marqueurs comme le port d'un voile ou les guerres opposant les sectaires du vin et saucisson contre les zélés de la viande halal. Antisémitisme et islamophobie, intégrismes religieux et fondamentalismes laïcistes apparaissent comme les sous-produits d'une même régression, qui cherche à apporter une réponse identitaire à l'expropriation de nos personnes.

A la ak bar du coin

03/12/2019

Nabe VS Houellebecq

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Nabe :
“ Houellebecq n’est pas un simple reflet de notre société : notre société, c’est Houellebecq ! Du triste, du fade, du laid, du laïc, du sinistre, du libéral, de l’amertume, de la complaisance, de l’anxiété, de la misère sexuelle… Quoi de plus logique que sa célébration unanime ? Car même ceux qui le critiquent, qui montent une polémique bénigne et oiseuse sur son dernier livre, ne remettent jamais en cause le fait qu’il est le plus grand écrivain contemporain. « La mode intellectuelle est à la complaisance dans le nihilisme, le vautrement dans la négativité, l’installation apeurée dans le néant confortable », écrit Marc-Édouard Nabe. Glorifier la mort, c’est la recette de Houellebecq, qui colle indéniablement à notre époque. Bingo ! ”

Il y a une part de vérité
chaque époque a les artistes qu'elles méritent puisque comme je le répète souvent nos vies ne sont le fruit que de scénarios d'économistes défunts comme l'écrivait Keynes dans la théorie générale.

L'écrivain Michel Georges Michel raconte dans son livre culte les Montparnos, la rencontre entre Modigliani et Picasso.
Picasso s'interrogeant sur le fait que les Montparnos peignaient toujours des mansardes. Ce à quoi Modigliani lui répondit
- Les peintres de la renaissance vivaient dans des palais, nous nous vivons dans des chambres de bonnes

Picasso qui venait d'inventer le cubisme (une rupture totale) lui rétorqua

- Raisonnement de fin de mois...

Houellebecq c'est ça : un raisonnement de fin de mois, voire un raisonnement de fin de Moi. Un raisonnement de fin du libéralisme.

 Pour le dépasser, il faut quelqu'un qui amène une rupture totale exactement comme il faudrait un nouveau système économique.

" comme des blocs indépendants, les salariés bougent rapidement

 comme des blocs indépendants, ils trouent l'air sans laisser de traces

https://www.youtube.com/watch?v=1YOsbAUCZU4&list=PLiN-7mukU_REuWdPjItjKgZvlBhOBs5au&index=3