19/03/2020

Le jour d'après

Les gens parlent de reprise en V sans savoir de quoi ils parlent.
Nouriel Roubini AKA Docteur DOOM

Ne pas oublier la théorie de l’enfant hydrocéphale qui fait quelques pas et retombe parce que la tête (dette) est trop lourde.
JPC AKA JPC

Qu'est-ce qu'une dépression?

Nous sommes maintenant à la fin d’une expansion économique très longue, mais à bien des égards très faible et artificielle. Dans le même temps, nous avons eu l'un des marchés haussiers des titres les plus solides de l'histoire et généré une bulle immobilière comparable à celle des subprimes aux USA.
Les deux sont le résultat de billions de monnaies créés au cours de la dernière décennie. À l'heure actuelle, très peu de gens sont prêts à envisager la possibilité de moments difficiles - sans parler de la Grande Dépression.
L'économie actuelle est un château de cartes, construit sur des sables mouvants, avec un tsunami en route. Pour l'instant, je ne parlerai que brièvement de la nature des dépressions. Il existe au moins trois bonnes définitions du terme:
1-Une période où le niveau de vie de la plupart des gens baisse considérablement.
2-Une période de temps où les distorsions et les mauvaises affectations de capitaux sont liquidées.
3-Une période de temps où le cycle économique atteint son paroxysme.
En utilisant la première définition, toute catastrophe naturelle comme le coronavirus peut provoquer une dépression. Toutefois avec les plans de relance et les injections massive d’argent et les rachats de dettes
Vous pouvez donc vivre au-dessus de vos moyens assez longtemps.
Mais le pire type de dépression n'a pas seulement des effets économiques, mais des causes économiques. C’est là que les définitions deux et trois entrent en jeu.
Qu'est-ce qui peut provoquer des distorsions dans le fonctionnement du marché, obligeant les gens à faire des choses qu'ils jugeraient autrement déraisonnables ou non économiques ?
Le gouvernement a incité constamment, directement et indirectement, les gens à acheter et vendre des choses qu'ils n'auraient pas autrement, à faire des choses qu'ils préféraient ne pas faire et à investir dans des choses qui n'ont aucun sens. Tout ceci avec des taux très faibles voire négatifs et des conditions de crédits ultra favorables.
Ces affectations erronées du capital réduisent subtilement le niveau de vie général d’une société, mais le grave problème survient lorsque de telles affectations erratiques s’accumulent à un degré insoutenable et que la réalité les force à la liquidation. Il en résulte des entreprises en faillite, une dette en souffrance et des chômeurs.
Le cycle économique est principalement causé par l'inflation monétaire, qui s'accomplit aujourd'hui par la monétisation de la dette publique par le biais du système bancaire; essentiellement, lorsque les gouvernements enregistrent un déficit, les banquiers centraux achètent la dette et crédite le compte du gouvernement dans une banque commerciale avec de l’argent.
Quoi qu'il en soit, cette masse d’argent fabriquée par la planche à billets envoie de faux signaux aux entreprises qui rachètent leurs propre actions (en particulier à ceux qui obtiennent tôt l'argent, car elle filtre à travers l'économie), ce qui les fait surestimer la demande de leurs produits car les consommateurs sont maintenus aussi sous perfusion. Cela les oblige à embaucher plus de travailleurs et à faire des investissements en capital - souvent avec de l'argent emprunté. C'est ce qu'on appelle «stimuler l'économie».
Gonfler la monnaie peut en fait faire baisser les taux d'intérêt pendant un certain temps, car le prix de l'argent (intérêts) est abaissé par l'augmentation de l'offre de monnaie. Cela fait que les gens épargnent moins et empruntent plus, tout comme les Américains et les Européens le font depuis des années notamment les français avec l’immobilier. Une grande partie de cet argent nouvellement créé va sur le marché boursier et dans l’achat d’immobilier, ce qui les pousse à la hausse.
Avec l’effondrement des actifs boursiers et immobiliers, le sentiment de richesse disparait. Nous entrons dans la fameuse trappe à liquidités, la trappe nigaud dont personne n’est jamais sorti. C’est l’exemple japonais. Pourquoi acheter aujourd’hui ce qui sera moins cher demain. Les investisseurs n’investissent plus, les consommateurs ne consomment plus.
Conséquence : grand nombre de travailleurs perdent leur emploi.
Plutôt que de laisser le marché s'ajuster, le gouvernement recommence généralement le processus avec un nouveau et plus vaste «plan de relance». C’est ce que nous allons vivre au niveau européen.
En voulant éviter la récession par la planche à billets avec des États déjà surendettés les distorsions dans la façon dont les gens consomment et investissent deviennent plus profondes et plus la dépression éventuelle est grave car dans l’incapacité de remonter les taux, l’argent se déprécie.
C'est pourquoi je prédis que la Grande Dépression sera au moins aussi longue que celle de 1929. Au moins, nous aurons prévenu les gens depuis 2007. Merci à tous, particulièrement au Vince Institute qui par ses contributions à largement contribué à ce blog d’exister.

21/02/2020

REPO ETERNEL

 

 

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Il se peut qu’une grande banque ou une institution financière soit en difficulté et ne puisse pas obtenir le financement dont elle a besoin parce que les autres prêteurs ne sont pas sûrs de récupérer leur argent. C’est l’explication la plus probable de la crise du REPO. Mais de quelle banque s’agirait-il ? Une fois de plus, Wall Street on Parade a une intuition et l’étaye de quelques faits intéressants :
La Deutsche Bank a été un casse-tête constant pour le système financier américain car elle est fortement imbriquée, par le biais des produits dérivés, avec les grandes banques de Wall Street, notamment JPMorgan Chase, Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America….
Le jour où une descente de police a eu lieu à la Deutsche Bank, le mardi 24 septembre, la Fed de New York a offert 30 milliards de dollars en prêts à terme d’urgence de 14 jours et a eu une demande de plus du double de ce montant. Cela a conduit la Fed à augmenter ses prêts à terme de 14 jours de 30 milliards de dollars à 60 milliards de dollars, dans la semaine. Les prêts REPO à un jour de la Fed qui ont été offerts la semaine dernière ont également été augmentés de 75 milliards de dollars par jour à 100 milliards de dollars par jour….
Wall Street On Parade estime que la crise des REPO à Wall Street pourrait, au moins en partie, être liée au fait que les grandes banques de Wall Street cherchent à se protéger des risques de leurs prêts à la Deutsche Bank. Vous pouvez lire la chronologie ci-dessous et vous faire votre propre opinion.
https://wallstreetonparade.com/2019/09/the-repo-loan-cris...
Cela expliquerait la hausse soudaine des taux ainsi que l’augmentation de la demande de prêts à 14 jours. Mais, tout de même, comment ces prêts aident-ils une banque qui pourrait être insolvable car, après tout, un prêt doit être remboursé, n’est-ce pas ?
Cela dépend si les prêts sont effectivement remboursés ou s’ils sont simplement reconduits indéfiniment. S’ils sont reconduits indéfiniment, alors ce n’est pas du tout un prêt, c’est un renflouement. Voici un autre extrait de Wall Street on Parade :
Ni le public ni le Congrès n’ont de preuve que ces prêts REPO soient remboursés. Une ou plusieurs des 24 institutions financières de Wall Street (primary dealers), qui sont autorisées par la Fed de New York à lui emprunter directement de l’argent à des taux d’intérêt super bon marché, pourraient simplement reconduire les mêmes prêts ou utiliser de l’argent à terme pour rembourser un prêt en contractant parallèlement un autre prêt.
Il y a une montagne de preuves qui suggèrent que c’est exactement ce qui se passe. (Les prêts REPO de la Fed sont-ils remboursés par les institutions financières de Wall Street ou sont-ils simplement reconduits sans cesse, Wall Street on Parade)
Ah ha, donc les opérations de liquidité de la Fed pourraient s’avérer être une discrète opération de sauvetage ?

10/10/2019

Interbancaire les mousquetaires (la FED) de la liberté

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Le 17 septembre dernier, la Réserve fédérale avait dû injecter en urgence 53 milliards de dollars pour faire baisser le taux du repo, qui rémunère la mise en pension livrée à très court terme de titres entre banques, qui avait soudainement grimpé en flèche à 10 %
On nous avait alors sorti le pipoti pipota que le paiement des impôts, qui tombait aux États-Unis le 17 septembre, avait contribué à assécher momentanément les liquidités des banques. Simple problème technique momentané...
Moins de cinq jours plus tard, la banque centrale américaine annonçait un programme d'injection de liquidités, d'un montant quotidien maximal de 75 milliards, et ce jusqu'au 10 octobre. Autant de mesures qui ont réussi à calmer le marché - les taux du repo ont été ramenés autour de 1,8 % .
Finalement, La Réserve fédérale américaine a annoncé qu’elle allait prolonger jusqu’au 4 novembre ses injections sur le marché interbancaire à hauteur de 75 milliards de dollars par jours.
Lorsqu’on sait que les prêts entre banques sont garanties par un collatéral, c’est-à-dire que l’emprunteur apporte un actif en garanti au prêteur afin de diminuer le risque de ce dernier, on  ne peut que s’inquiéter quand le marché interbancaire se grippe pareillement. D’autant que ces prêts sont généralement remboursés en 24 heures ou en deux ou trois jours.
En clair, si les banques ne se font plus confiance et que les collatéraux généralement des obligations souveraines dont la valeur ne peut être contestée ne sont plus suffisantes, cela signifie qu’il se passe quelque chose de très grave. La dernière fois, c’était en 2008, ça vous rappelle des souvenirs ? 

Dans le même temps La moitié des plus grandes banques de la zone euro ne survivraient pas à une pénurie de liquidités de six mois, a déclaré lundi la Banque centrale européenne (BCE).
Dans le même temps La moitié des plus grandes banques de la zone euro ne survivraient pas à une pénurie de liquidités de six mois, a déclaré lundi la Banque centrale européenne (BCE).
Rajouter à cela les 10 000 suppressions d’emplois d’HSBC à travers le monde
Notre destin est-il de sauver les banques ad vitam aeternam. Ca me rappelle l’histoire de ce pauvre Jean qui s’est pris une balle en voulant intervenir lors du braquage de sa banque. Est ce notre destin de s'appauvrir sur le lieu même de notre richesse et de sauver perpétuellement les banksters ?

JPC le Repos man