06/06/2020

Nous ne sommes pas tous Keynésiens

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Synthèse de la dernière réunion nécronomique animée par YM  :


Vous l’avez constaté depuis quelques temps, on nous présente les keynesianistes comme des opposants radicaux au sein des Démocraties de Marché. Pire encore, des économistes comme l’inénarrable libéral Nicolas Bouzou n’hésitent pas à proclamer

« Nous sommes tous des keynésiens »


Petit rappel historique et démontage d’illusions :

Croire que le retour de l’État « providence, régulateur et re-distributeur des richesses » est souhaitable, et surtout possible, ne peut relever que de la plus funeste des démagogies, mais des illusions les plus indécrottables !
C’est ce qui se passe de l’extrême droite du capital (Soral, le RN) à l’extrême gauche du capital (Mélenchon, le NPA, le PCF) ! En passant bien sûr par l’extrême centre (du capital toujours), très bien représenté dans l’opposition, par un journal comme Marianne !
Dans la contestation à l’ordre actuel, beaucoup ne contestent QUE le capitalisme financier, et militent pour un retour à « l’économie réelle de papa », Keynésianiste ou néo-Keynésianiste, pour tenter de redonner au capitalisme d’antan, une puissance sur le capitalisme financier. Comme si un retour en arrière était souhaitable, ou même une solution à la situation contemporaine. Revenir au temps des anciens équilibres et compromis historiques, tels qu’on les a connu dans les années 60 et 70 : du profit, du développement, de la redistribution sociale, de l’aide à la consommation, de l’équilibre bourgeoisie/ prolétariat !

La nostalgie d’un paradis perdu en quelque sorte !

Ainsi l’anticapitalisme, se concentre sur l’anticapitalisme financier, en évitant toute critique contre le capitalisme dans l’économie réelle, déjà sous perfusion !

Je vois une sorte de mouvement parallèle en politique, avec un retour au cadre de l’État-Nation (comme aux USA et ailleurs), y compris au sein des différentes forme de contestations populaires. Ce qui exacerbe les tensions nationalistes et concurrentielles, entre nations et communautés identitaires.

Tout cela est présenté comme le camp de l’alternative, à ce qu’incarne un Macron, mais est en fait un désir de retour en arrière, qui me semble plutôt mortifère. Mortifère, car impossible. Il n’y a pas d’issue, car le capitalisme financier était la seule alternative possible, si l’on voulait rester dans le capitalisme. Ainsi l’alternative (en terme d’émancipation sociale et sociétale, libertaire, égalitaire, solidaire et écologique), ne peut se construire que comme l’antagonisme au capitalisme actuel, c’est à dire un capitalisme de l’économie réel sous perfusion d’un capitalisme financier.

Les gens comme Macron, sont ici et là, les incarnations politiques effectives du « nouveau monde », et le « nouveau monde » c’est la supra-bourgeoisie high-tech (et ses fantasmes projectifs de survie : vie éternelle, IA, homme augmenté, conquête spatiale à la recherche d’un habitat, mais aussi nouveaux type d’habitats-forteresses bunkérisés sur terre ou sur mer), qui dépasse l’ancien « compromis historique », à partir de gens issus de l’ancienne bourgeoisie (seulement ceux qui ont pu s’adapter, s’y convertir, et bosser en ce sens) et du prolétariat (pour le petit nombre qui a pu réussir leur ascension sociale par les études entre autre de commerce, de finances, de ressources humaines, de directions) et qui dépouille à son profit les acquis et positions de ceux du compromis historique de classe, de « l’ancien monde ».

1 -Dépouillage, donc, des acquis d’héritages immobiliers de la vieille bourgeoisie (celle qui souvent se reconnaît dans « valeurs actuelles », et que des Wauquiez, des De Villiers, et même des Fillon, ont tenté de rassembler, comme d’autres droites extrêmes et traditionnalistes). C’est d’ailleurs pour-cela qu’ils ont supprimé l’ISF pour les capitaux mobiliers (qui représentaient pourtant plus de 90% des capitaux), mais pas sur l’immobilier. Celui-ci a été maintenu sous le nom d’IFI, impôt sur la Fortune immobilière. Il s’agit de pousser cette descendance bourgeoise à vendre son immobilier, pour placer de l’argent volatile dans le capitalisme financier, au risque pour les novices de « l’économie du nouveau monde », de se faire plumer !! Mais aussi pour vendre aux gagnants du « capital de nouveau monde » ses terrains, logements, immeubles, locaux commerciaux, bois et terres, toujours à la recherche, in fine, de placements immobiliers, qui les positionnent en conquérant de nouveaux territoires, cette fois très matérialisé. La possession véritable, qui oriente ensuite nombre de grands projets inutiles, sur lesquels ils auront la main !

2 - Dépouillage des acquis sociaux, dans le « compromis historique » des prolétaires : stagnation et baisse des salaires, dépouillage de caisses de solidarité (maladie, chômage, retraite) au profit du développement de l’assurantiel privé, dépouillage de fait des moyens de l’hôpital public, dépouillage du parc scolaire et universitaire public, au profit du développement scolaire et universitaire privé (dont les contenus sont reliés aux impératifs des gagnants de l’économie capitalistes) et régulés par Parcours-Sup, dépouillage du patrimoine immobilier des services publics (aéroport, terrains et bâtiments appartenant à des hôpitaux, espaces publics municipaux).
Ce dépouillage est possible parce que c’est le capitalisme financier qui a fixé les règles, tout simplement en imposant ses prix … Et à ce tarif-là, l’économie réelle privée, mais aussi publique, ne pouvait plus suivre ! Elle était obligée d’emprunter, et donc de rembourser les intérêts d’emprunts ! D’où la dépouille de ce qu’il reste des « biens publics » !

Vis à vis du travail, dépouille des droits des salariés, stagnation et baisse des salaires, précarité, flexibilité, modification du code du travail, passage au post-salariat, avec auto-entreprenariat, « partenariats assujettis », auto-exploitation (ça les gagnants des gauches nord-américaines post soixante-huitardes et hippies, ont beaucoup apporté au monde entier dans la méthodologie de la série « comment exploiter amicalement ses anciens camarades de lutte devenus partenaires », le chômage structurel de masse.

In fine, pour les perdants de la vieille bourgeoisie comme pour leurs partenaires sociaux du compromis historique des « 30 glorieuses » : la porte, la sortie, le déclassement vers la précarité de la survie … Et donc, sur un trop plein de gasoil, le « surgissement désordonné » ! Celui des déclassés et des épouvantés du déclassement imminent …

Voici donc les deux choix qu’il nous reste :

Soit la perspective de la société sans classes et de l’abolition de la misère, par les communes libres et fédérées, pour celles et ceux, qui n’attendent plus rien d’un quelconque sauveur suprême, et qui ont compris, ne devant compter que sur eux-mêmes qui leur faudrait s’auto-organiser dans la solidarité.

Soit la perspective d’un sauveur suprême, pour celles et ceux qui n’ont pas la force de s’auto-organiser solidairement, à la tête d’un illusoire État de redistribution, totalitaire de fait, selon qu’il soit d’extrême droite (replis État-Nation) ou d’extrême gauche (partenariat avec des soi-disant « non alignés » qui attendent leurs avènements pas moins impérialistes que les autres).

De toute façon, il va bien falloir trancher, avec un projet qui réponde vraiment à la question sociale, sociétale, et écosystémique, du XXIème siècle !

Mais que nous réserve le nouveau monde (la soi-disant liberté sans l’égalité), quelle est sa porte de sortie, sinon de survie ? C’est probablement, par le contrôle de ses capitaux financiers, une redistribution, d’un revenu garanti au rabais, conditionné à l’allégeance consentie, transparente et contrôlée « high–Tech » au système des gagnants, devenus dieux jupitériens de l’Olympe ! Des dieux vivants certes, et donc mortels, ne l’oublions pas ! Un Revenu garanti, conditionné à l’acceptation de certains choix de consommation, et à l’acceptation de rendre de temps à autres certains services et travaux, quels qu’ils soient !
En tout cas un revenu garanti, achetant la paix sociale contre une vie à crédit, directement issu de la production maison, en « monnaie de singe », du capitalisme financier, consacrant par-là l’avènement de sa suprématie ! Éphémère…. Comme toute chose…

Ce n’est pas un hasard, si, - et cela a pu dérouter les observateurs par leur atypie nouvelle- , tant au moment des bonnets rouges, mais surtout au moment des début du « surgissement désordonné » des Gilets Jaunes, de voir ce mélange, de chômeurs, petits patrons, micro-entrepreneurs, auto-entrepreneurs, travailleurs précaires, salariés, exclus, descendant déchus ou en voie de déchéances de la vieille bourgeoisie réac « à la papa », descendre sur les rond points, et dans les rues.

Il est remarquable d’observer que la « révolte-défiance » contemporaine converge vers plus d’État-nation, plus de retour aux « jours heureux » (acquis de 36, de 1945 avec le CNR), vers plus de « pouvoir au peuple », comme si, ces situations avaient été en soit un aboutissement, alors qu’elles ne furent qu’une « parenthèse enchantée » (surtout pour les pays riches, et où même dans les pays riches nombreux sont celles et ceux qui en furent exclus), et tout à fait conjoncturelle des aléas du capitalisme d’alors, et de son exploitation des ressources naturelles en particulier énergétique !

De ce fait, tout un tas de gens, se pensent en moteurs de l’alternative au capitalisme financier … en guise d’anticapitalisme !!!! C’est là où « l’extrême droite du capital rejoint l’extrême-gauche du capital ».
Et comme il est guidé que par soif de revanche et de pouvoir, de la part de celles et ceux, qui perdent leurs places, ou l’on perdu, dans le « nouveau monde » qu’incarne si bien Macron. Ainsi syndicalistes du partenariat social dits réformistes, chefs de partis (du PC, des trotskystes, du RN aussi, des républicains etc…), se positionnent pour une alternative de pouvoir : un capitalisme de l’économie réel et de compromis historique restauré, dans un cadre d’État-nation de régulation et de redistribution : il y a tant de postes à pourvoir !!!


Il me semble en effet, que le simple constat d’un capitalisme de l’économie réelle sous perfusion du capitalisme financier, met à mal la position néo-Keynesianiste. C’est l’illustration d’un point de rupture historique entre l’ancien monde et le nouveau. Mais ce constat indique qu’il est nécessaire de dépasser ce point de rupture par un point de bascule !

C’est pourquoi la crise Covid 19 n’est pas - pour le moment- celle du capitalisme financier, et que des capitaux sont débloqués pour faire redémarrer, ce qui semble nécessaire aux dominants, comme représentation du monde indispensable à leurs profits, en terme de pouvoirs et d’enrichissements financiers !

Le capitalisme financier tout puissant, celui qui perfuse la survie du capitalisme dans son ensemble, met ses maitres en position d’ultra-dominance, au gré de leurs distributions (on appelle cela investissements), leur permettant pour le moment de façonner le monde à leur manière et à leur guise !

Rien qu’en Europe, via la BCE, ce sont 750 puis 650 Milliards d’Euros, sortant du chapeau de la BCE, qui sont injecté, pour gérer, l’après. Ainsi donc, du cash, il y en a ! Mais sur quelles bases, vont se faire les redistributions. À tort (l’envie de plus encore) ou à raison (le besoin asphyxié), nombreux seront les prétendants et les intermédiaires, rivalisant d’idées de réinvestissements ici et là. Nombreux aussi, seront les prétendants politiques, indiquant (achetant ainsi à crédit électeurs et supporters) pour gérer ici et là, le ruissellement, en prendre au passage tout en s’arrogeant un rôle de petit chef ! De toute façon, le cash « monnaie de singe », c’est plus que de l’air ou de l’eau, c’est de l’opium, c’est une drogue à accoutumance ! Dès qu’un robinet à cash se met à couler, à ruisseler, et c’est la course à celui qui veut le contrôler (style ruades sur les soldes). Et, là, tous les discours sont bons ! Et dans cette embrouille, il devient difficile de reconnaître ce qui est honnête de ce qui ne l’est pas vraiment !
En fait, c’est ce « méli-mélo », une mêlée de calculs et de projections les plus diverses, ne répondant pas nécessairement à la nécessité des besoins authentiques, dès lors que la mort est passée croit-t-on, en tout cas banalisée.
Pas vraiment sûr que cela aille aux hôpitaux, aux nécessiteux, aux ruinés, hein ? … Car le dogme reste, celui d’aider ceux qui s’en sortent bien aux risques de surproductions ici et là, en disant à ceux qui restent en état d’asphyxie, tenez-vous à carreaux, attendez, les fruits de la croissance retrouvée vont bientôt profiter à tous !
C’est donc au cœur de cette mêlée, que les luttes et rivalités de cet après-anticipé, commencent, c’est à dire maintenant.
Il va donc falloir faire valoir, plus que tout, les besoins d’abolition de la misère, et aller le plus loin possible, occuper des positions durables qui nous permettront d’aller encore plus loin … Cette lutte de classe, fera de toute façon partie du tableau !
Mais ce n’est au fond qu’une sorte de rebattement des cartes, mais avec les mêmes règles du jeu qu’avant !

C’est comme ça que le capitalisme financier, des banques et des États aussi, se revalorise : Il sait se rendre indispensable ! Il produit le « carburant », cette « monnaie de singe », cette virtualité d’écriture, qui permet de relancer le jeu, les jeux ! Et cela marche tant que «l’on y croit » parce que l’on « croit en sa valeur, ses attributs et ses règles » !
Et, parce que, dans l’immédiat, le quotidien, faute d’autre chose de généralisé et de viable à long terme, on en a besoin du « cash » ! Presque pareil que besoin de l’air que l’on respire ou de l’eau que l’on boit ! Mais, à la différence de l’eau, de l’air et de tant de besoins matériels et humains vitaux et fondamentaux, ce besoin-là, est celui d’une drogue à accoutumance, au cœur d’un système où l’on t’a rendu accro ! Et cela repose avant tout sur une croyance collective partagée par (presque) toute cette humanité de 7 Milliard d’habitants !

Dès lors, ne peut-on, pas déjà considérer, que ce capitalisme de l’économie réelle qui ne tient donc que par les perfusions de « monnaies de singe » de ce hyper-capitalisme global, nous ouvre la voie de son extinction ?

Car s’il faut un « carburant » pour faire tourner les choses, pourquoi faudrait-il, que ce soit celui-là ? Avec ses attributs capitalistiques et ses règles du jeu ?

Ce n’est qu’une question de convention, et d’adhésion collective à cette convention ! Il devient donc possible d’écrire une autre convention, avec d’autres règles, un autre carburant, et d’inviter le plus grand nombre à s’en servir et dévaluer ainsi la valeur de cette monnaie de singe !

Cette fois, c’est par ici, la sortie du capitalisme ?

Mais tout cela, ça se travaille, ça se construit.

Que ce soit dans la contestation, dans la création, dans la constitution (l’écriture du constituant), dans l’institution du cadre politique (confédération des communes), de l’institution de l’économie collective productrice et distributive (sur la base des besoins et des moyens, et de l’économie écosystémique des ressources), et sur la création d’un nouveau système monétaire d’usage non capitaliste qui se substituera par son écriture à la monnaie de singe actuelle et ses attributs capitalistiques.

C’est ainsi que nous passerons de l’économie de l’offre et de la demande, à celle des besoins et des moyens !

 

 

18/05/2020

Les scénarios possibles

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1- Youpi c’est reparti

Le scénario rêvé par les gouvernements, les médias, BFM Business et les Néo-libéraux : Tout va aller très bien Madame la Marquise, dormez tranquille braves gens, les mesures prises sont suffisantes, il n’y aura pas de déflation, le chômage revient à ses plus bas historiques. Le virus disparaît et les chaînes d’approvisionnement se rétablissent comme avant. La guerre commerciale entre les USA et la Chine disparait comme le virus

2- Une glorieuse stagflation pendant longtemps.
Pénurie dans certains secteurs, prix de détails qui montent dans l’alimentaire et pour certains produits fabriqués par des entreprises qui ont relocalisé leur production. inflation des produits vendus par des entreprises qui perdent de la productivité.Le chômage demeure élevé

3- le scénario nécronomiste : l’endettement public et privé et l’incapacité de maintenir des budgets équilibrés ou de rembourser pour les entreprises et les ménages transforme la récession mondiale en dépression mondiale. L’économie rentre dans un processus de déflation par la dette. Ayant peur d’euthanasier les rentiers avec des taux fortement négatifs, les banquiers centraux arrêtent les taux négatifs et entreprennent une politique de normalisation monétaire. Les gouvernements repartent dans l’austérité comme avant la crise. C’est la cata….le chômage reste à 20% pendant plusieurs années.

NDLR :

Question : Pourquoi banquiers centraux auraient-ils peur d’euthanasier les rentiers ?
Réponse : Parce qu’à terme cela représente la mort du capitalisme comme Keynes l’expliquait ;

On euthanasie les rentiers en éliminant le rapport de force favorable au prêteur en cessant de le récompenser, car «… s’il existe parfois des raisons intrinsèques à la rareté de la terre, il n’y a aucune raison intrinsèque à la rareté du capital », ajoutait Keynes.
La mort du capitalisme serait donc rendue inéluctable par des taux d’intérêt très bas, ne comprenant plus que « le coût de l’usure et de l’obsolescence, et une marge modeste couvrant le risque et rémunérant l’exercice du talent et du bon jugement », expliquait-il encore.
Les Allemands gueulent à cause de ça…et la cour de Karlsruhe vient de le rappeler.

En conclusion chers amis nécronomistes, dans tous les cas de figure hors scénario Youpi, on est mal ou très mal…

02/04/2020

LE POINT NECRONOMIQUE

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récession,dépression,covid 19,coronavirus,reprise économique,avenir capitalisme,liberalismenmacron,futurLa politique monétaire (les taux d’intérets) en tant que telle est largement inefficace pour corriger un choc négatif venant du côté de l’offre, comme celui qui survient quand les conditions de production changent soudainement. En effet, les politiques monétaires ne peuvent pas remettre en marche les chaînes d’approvisionnement, ni empêcher les entreprises de stopper leur production et de mettre leurs travailleurs au chômage, quand la demande pour leurs produits ou services disparait. De même, ce genre de politiques ne peut pas résoudre un choc négatif imprévu venant du côté de la demande, simplement en réduisant les taux d’intérêt, surtout quand ceux-ci sont déjà très bas ou négatifs.
En effet, lorsque les consommateurs voient leurs revenus chuter et quand ils perdent confiance, ou lorsqu’ils ne peuvent pas sortir pour dépenser, après avoir été mis en quarantaine, il ne faut pas compter sur une simple baisse des taux d’intérêt pour relancer les dépenses de consommation.

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Ajoutons que lorsque les taux d’intérêt réels sont négatifs, résultat d’une tentative de stimuler la croissance économique par des moyens financiers, comme cela a été tenté au Japon et en Europe aux cours des dernières années, il en résulte d’importantes conséquences économiques.
À la longue, en effet, des taux d’intérêt réels négatifs exercent une influence déflationniste sur l’économie. En effet, quand les taux d’intérêt nominaux sont inférieurs au taux d’inflation anticipé, [la définition des taux d’intérêt réels négatifs], les personnes retraitées et les épargnants en général sont de grands perdants. Leurs revenus et leurs dépenses se contractent, ce qui peut avoir un effet à la baisse sur les prix.
Des taux d’intérêt réels négatifs menacent également la viabilité financière des fonds de retraite comme c’est le cas en Allemagne et des compagnies d’assurance, en les obligeant à investir dans des actifs financiers plus risqués. Ils encouragent également les entreprises à investir dans des projets qui ne seraient pas rentables autrement.
Si il parait établi qu’en période de crise économique et financière, une banque centrale doit avancer des fonds illimités, c’est-à-dire prêter autant d’argent aux institutions attitrées que nécessaire, afin d’éviter des faillites en cascade et des fermetures. Cela doit se faire, cependant, contre des garanties collatérales afin d’éviter d’enrichir les banques en difficulté et leurs propriétaires avec de l’argent public, et afin d’éviter de créer un risque accru dans l’économie, C’est le sens de l’intervention de la BCE et des 750 milliards d’achat de dettes qu’elle va mettre sur la table. Reste à espérer que le bilan des banquiers centraux ne va pas se gonfler de créances pourries comme en 2008. On peut en douter…

Aujourd’hui, il y a un consensus quant au besoin de recourir à la politique budgétaire pour juguler la crise.
En France, nous serons au minimum à – 4% à la fin de l’année selon Lemaire, si l’on se souvient qu’en 2009 après les subprimes, nous étions à -7%, nous serons selon moi au moins à -5% peut être plus.
Dans ce contexte, il est donc évident que la chute de l’économie exige des interventions budgétaires fortes, pour soutenir les besoins de trésorerie des personnes et des entreprises touchées par la crise, en particulier les petites et moyennes entreprises. En Italie par exemple, on annonce déjà 12% de faillite chez les PME.

Mais, par quels moyens et comment, à un moment où les déficits publics sont déjà élevés?
C’est une réalité indéniable que des millions de gens, sont temporairement mis à pied, et plusieurs d’entre eux comme les auto-entrepreneurs en France ou les travailleurs indépendants se retrouvent soudain sans revenus. Une première intervention publique consisterait à assouplir les critères et les conditions d’admissibilité aux prestations d’assurance-chômage, afin de couvrir le plus grand nombre possible de chômeurs involontaires. Ce qui ne va pas dans le sens dela récente réforme.
Mais quand la plupart des personnes et des familles, à des degrés divers, voient leur situation financière se détériorer pendant la crise, il y a là un problème économique et social important.
C’est ce à quoi, nous allons être confrontés d’où l’importance de la mise en place d’un revenu universel et en attendant d’helicopter money (distribution de cash) comme cela se fait à Hong Kong à tous les citoyens de la zone euro. Même Trump qui y était pourtant farouchement hostile expliquant que cela risquait de créer de l’inflation envisage cette mesure.
Nous en sommes là…

Nécronomiquement votre