24/07/2019

Recession TV (suite)

« On revient avec le crédit à une situation proprement féodale, celle d’une fraction de travail due d’avance au seigneur, au travail asservi. »
Jean Baudrillard


Nos amis américains de Recession TV (voir note précédente) ont raison sur plusieurs points. Le consommateur américain qui constitue la plus grande ressource est plus qu’à bout de souffle.
C’est la raison pour laquelle, ce qui rendait ce pays autrefois si attrayant pour les pays exportateurs ne l’est plus. Preuve en est que la Chine n’a pas cédé aux exigences de Trump dans la guerre commerciale. Les chinois savent que le consommateur américain est ratiboisé et qu’on ne peut retirer des étals les produits low cost chinois ou même les taxer plus encore. Imaginez seulement qu’aujourd’hui le commerce de détail n’est plus alimenté par les fruits du revenus des travailleurs américains mais par de l’endettement. Un quart des américains, ce qui est énorme, utilisent leur carte de crédit pour acheter des produits de première nécessité. Dès que l’endettement dépassera la capacité des consommateurs, nous assisterons donc immanquablement à une décrue du commerce de détail. C’est d’ailleurs déjà le cas cette année où malgré l’augmentation des dépenses de crédit, l’ensemble des ventes au détail aux États-Unis ont diminués. Où est donc passé alors le surplus de crédit ? La réponse est d’une simplicité biblique : les américains font des crédits pour rembourser des crédits antérieurs. C’est exactement ce qui s’est passé avant la crise de 2008. Dans ces conditions, les chinois ne sont pas près de céder devant un Eldorado de pacotille.
Cela signifie que la guerre commerciale se poursuivra sans relâche.
Un peu d’histoire :
Contrairement à ce que l’on nous fait gober :
La dette n’est pas un handicap pour la croissance ; elle constitue au contraire le moteur économique et subjectif de l’économie contemporaine. La fabrication des dettes, c’est-à-dire la construction et le développement du rapport de pouvoir entre créanciers et débiteurs, a été pensée et programmée comme le cœur stratégique des politiques néolibérales. Si la dette est bien si centrale pour comprendre, et donc combattre, le néolibéralisme, c’est que ce dernier est, dès sa naissance, articulé autour de la logique de la dette. Ainsi, un des tournants du néolibéralisme est constitué par ce que quelques économistes définissent comme le « coup de 1979 », qui, en rendant possible la constitution d’énormes déficits publics, ouvre la porte à l’économie de la dette et constitue le point de départ d’un renversement des rapports de force entre créanciers et débiteurs.

La réduction de la dette, aujourd’hui à l’ordre du jour de tous les pays, n’est pas contradictoire avec sa création, puisqu’elle ne fait que continuer et approfondir le programme politique néolibéral. D’une part il s’agit de reprendre, à travers des politiques d’austérité, le contrôle sur le « social » et sur les dépenses sociales de l’État providence, c’est-à-dire sur les revenus, le temps (de la retraite, des congés, etc.) et les services sociaux qui ont été arrachés par les luttes sociales à l’accumulation capitaliste.
Ainsi donc, cette stratégie de la dette permet aujourd’hui aux gouvernements et cela est désormais très visible de déposséder les peuples du pouvoir politique, de l’enrichissement et pire encore de l’avenir.
Lire sur le sujet La fabrique de l’homme endetté de Lazaratto.

La-fabrique-de-l-homme-endette.jpg

06/06/2019

ALERTE INFO

 

La Money Power pense comme nous...ça craint vraiment...

 

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/econo...

26/08/2015

La Grande Rotation

 

la grande royayion,jean pierre crepin,futur,retour crise,chineLa chine est rouge l'occident y sera....

 

 

 

 

 

 

2015 aura été une grande année à tous les points de vue.

Des grands flux migratoires ou des grands remplacements (main d'oeuvre moins chère, je le vois ici en Turquie avec les 2 millions de syriens fraichement arrivés)

Des grands défis comme dit madame Merkel qui compte absorber cette année 800 000 migrants.

Des grandes rotations.

En 2013, les banques centrales notamment la FED ont tenté sans y parvenir totalement de créer une première grande rotation, tout le cash étant absorbé par le trou noir des dettes souveraines et des obligations d'Etats.

Ce que l'on appelle une grande rotation est le passage des marchés d'obligations vers les marchés actions plus rémunérateurs lorsque la croissance redémarre ou quand les banques centrales déversent des milliards dans les banques en espérant que celle ci les prêtent et contribuent a faire redémarrer l'économie ou en soutenant les entreprises.

On sait aujourd'hui d'après les économistes de la Maison Blanche que tout juste un peu plus de cinquante pour cent a été investi aux USA et que les banques américaines se sont servis de ces montagnes de cash pour les investir dans les pays émergents (les BRICS) jugés plus rémunérateurs.

 

Ce à quoi nous assistons en ce moment n'est donc rien moins qu'une grande rotation inversée. Autrement dit un départ des marchés actions , dans ce cas précis, les marchés actions chinois pour revenir sur les marchés obligations des pays riches.

En clair la boucle est bouclée, nous avons fait le tour et tout ça pour rien

Un circonvolution nécronomique type boomerang ou double dong...

A ce stade, plus personne ne voit ce que les banques centrales peuvent faire en plus si ce n'est être tétanisées à l'idée de remonter les taux et de faire imploser leurs marchés actions tout aussi virtuels que ceux de la Chine et qui ne résultent que d'un gonflage de joue (type la grenouille et le boeuf) comme aurait dit Jean de la Fontaine le plus grand économiste français de tous les temps.