29/04/2020

Les damnés et les sauvés (le sacrifice des classes populaires)


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Personne ne conçoit les dommages collatéraux du progrès économique ni ne trace encore moins à l’avance la ligne qui va séparer les damnés des sauvés. Personne ne donne les ordres, personne ne porte la responsabilité, comme le héros décontenancé et désespéré de John Steinbeck dans Les Raisins de la colère l’apprit à son grand désarroi : voulant se battre, fusil à la main, pour défendre sa ferme qui n’était plus « économiquement viable »,] il ne réussit pas à trouver un seul responsable malveillant, auteur de son tourment et de sa détresse, sur qui tirer.
Les appels manifestement absurdes à retourner au travail malgré la pandémie et à se sacrifier pour l’économie, deviennent de plus en plus pressants. Sans quoi la société capitaliste est menacée d’effondrement, car elle ne peut se reproduire socialement que lorsque les processus d’accumulation réussissent. L’économiste Daniel Cohen considère que l’on peut décomposer désormais la population en trois tiers après la crise : Un premier tiers qui télétravaillent en maitrisant le numérique, un deuxième tiers dont la présence est indispensable physiquement et un dernier tiers qui ne maitrisent pas le numérique et qui accomplit des tâches non indispensables. ( il estime par ailleurs qu’aux USA ce « dernier tiers » en France représenterait 45 % de la population.
Ce sont toutes ces personnes qui vont former la légion des damnés et sont définitivement condamnés.
S’il est une chose dont ils peuvent être certains, c’est qu’ayant été rejetés du seul jeu qui existe, ils ne font plus partie des joueurs — et l’on n’a donc plus besoin d’eux. Jadis, le fait d’être un producteur potentiel était suffisant pour remplir les conditions requises à l’admission dans la société des producteurs. Promettre d’être un consommateur diligent et prétendre au statut de consommateur ne suffît pas, cependant, pour être admis dans la compagnie des consommateurs. Cette société n’a pas de place pour les consommateurs défectueux, incomplets, inaccomplis. Que ce soit par une sentence explicite, ou par un verdict sous-entendu bien que jamais officiellement publié, ils sont devenus superflus, inutiles, non désirés et indésirables
La production d’une humanité économiquement superflue, laquelle résulte de la crise systémique du capital se déployant par à-coups, et qui pouvait être jusqu’ici largement répercutée sur les salariés de la périphérie au cours de la concurrence de crise, frapperait donc les centres de plein fouet si la lutte contre la pandémie devait s’installer dans le temps. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de nous protéger contre la pandémie dans le cadre des contraintes capitalistes. D’où le sacrifice des classes populaires dans les transports en commun.

15/09/2018

JPC in the Labour Force (malgré les conseils de Marcel la feignasse)

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Résumé

 

JPC blouson noir de l’économie ne croit pas à une valeur travail salvatrice ou à une finance propre mais à des cohortes de licenciements, des harcèlements, des burn out, derniers échos de ces vies en points de suspensions qui un matin trébuchent sur une aube de trop. Il fait partie de ces révoltés d’autant plus dangereux que leur révolte ne repose pas sur une idéologie mais sur un refus du quotidien.

La revue des 27 à 87 ans SCHNOCK lui ayant demandé un article nécronomique sur un chanteur du passé, JPC est allé sur les conseils de Marie A ex prêtresse punk devenue infirmière des âmes, rencontrer le chanteur Moustique.

Dans les années 60, Johnny Hallyday, devient l’idole des jeunes. En face de ce monstre, un titi parisien, petit par la taille, mais grand par le talent, se dresse face à lui. Son nom ? Moustique. Sa jeunesse turbulente, qui l’a mené en maison de redressement, en fait l’icône des blousons noirs et des bikers. Mais, pour celui qui chante le rock électrique, il y a un prix à payer. Cela sera cinquante années d’une vie volée. Le Moustique s’est fait piquer sa vie. C’est au marché aux puces de Clignancourt que JPC a retrouvé ce sacré Loustic et que ces deux blousons noirs ont pu échanger. Un entretien subground à découvrir dans Schnock pour ceux que cela intéresse.

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16/03/2018

autocentrage...

Bientôt avec la numérisation, la robotisation et l'intelligence artificielle qui réduise à peu de choses la quantité de travail vivant nécessaire à la production de marchandises, nous vivrons le paradoxe d'une société de production sans producteurs et de consommation sans consommateurs.

Nous produisons trop, nous consommons trop. Bref ce n'est pas le travail qui manque, c'est le travail qui est en trop. Ce qui rend inéluctable l'avènement du revenu universel pour maintenir la paix sociale.

Travailler aujourd'hui relève plus de la nécessité politique pour faire tenir tranquille le peuple que de produire des marchandises pour les consommer.

Heureusement avec la crise qui a duré dix ans et qui est loin d'être finie, toute une génération est désormais capable de vivre sans cette fiction que l'on appelle le travaiL sans déprimer pour autant car en vérité c'est le travail qui est déprimant pour beaucoup de gens.

 

 

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Auto consommation (JWB)

Pour ne plus se consumer d’envie au bal de la sainte marchandise, il convient de se consommer soi-même : crottes de nez, bien sûr, mais aussi larmes, morve, urine et autres fluides corporels à partager si affinité, à deux ou à plusieurs. Ainsi émerge une économie sympathique parce que de taille réduite qui elle ne donne pas à l’économie des macro(n)s beaucoup de grain à moudre, permet de conserver, à chaque instant, les gestes essentiels d’une consommation vraie c’est-à-dire tout à la fois inutile à chacun, profitable à quelques-uns et suffisamment compulsive pour permettre à tous de réaliser, à travers la plus pauvre des existences, l’essence ridicule de l’homme sans qualités qui adresse chaque année, à la faveur des tromperies médiatiques de saison, sa compassion aux directeurs et directrices (parité oblige) de stations de sports d’hiver maudissant à gros flocons, dès la mi-décembre, l’ingratitude atroce des hivers de neige tardive..

Auto Production

On le voit quotidiennement avec la déferlante des humoristes et des chanteurs, se produire soi-même est devenue l'occupation dominante d'une société où la production est devenue sans objet.

-Que fais tu ce soir Chéri ?

- Je sais pas, je crois que je vais me produire à la maison à moins que tu aies autre chose à me proposer...

Auto-Entrepreneur

Pour s'auto-consommer et s'auto-produire, il fallait un statut. Cela sera celui d'Auto-Entrepreneur. L'Auto-Entrepreneur s'auto-entreprend avant d'auto-entreprendre les autres. Logique...Tout commence par la masturbation...