12/10/2019

L'Etau négatif (suite)

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Dans un mémorandum publié par Bloomberg des anciens gouverneurs des banques de France, d’Allemagne et d’Autriche hurlent leur désarroi face à la situation actuelle et les taux négatifs. Mémorandum signé par
Jacques de la Rosière, a former governor of the Bank of France
• Herve Hannoun, former first deputy governor of the Bank of France
• Otmar Issing, former member of the ECB’s Executive Board
• Klaus Liebscher, former governor of the Austrian central bank
• Helmut Schlesinger, former president of Germany’s Bundesbank
• Juergen Stark, former member of the ECB’s Executive Board
• Nout Wellink, former governor of the Dutch central bank

Les mauvaises langues diront que ceux qui ont signé ce memorandum sont des allemands dont Draghila a ruiné l’épargne et des autrichiens qui sont dans une situation enviable économiquement et des vieux français.

Voici en résumé ce qu’ils écrivent

 

. L'impact négatif de l'environnement d'intérêt ultra-faible s'étend du système bancaire, en passant par les compagnies d'assurance et les caisses de retraite, à l'ensemble du secteur financier.
Les effets de re-distribution en faveur des propriétaires d'actifs réels créent de graves tensions sociales.
Les jeunes générations se considèrent privées de la possibilité de subvenir à leurs besoins en vieillesse par des investissements sûrs portant intérêt.
Les prêts importants à des taux d'intérêt extrêmement bas maintiennent à flot les banques faibles et, indirectement par le biais de leurs prêts, les entreprises faibles. Ceci est réalisé notamment par le biais d'opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO), qui ont considérablement augmenté en 2018. Les effets négatifs significatifs des taux d'intérêt très bas ou négatifs comprennent également une "zombification" de l'économie, qui, selon les études de l'OCDE et de la BRI, a déjà atteint un niveau considérable dans certains pays et contribue à la baisse de la productivité croissance.
En élargissant et en renforçant davantage les orientations à venir, la BCE s'engage fermement à une politique monétaire ultra-lâche pour l'avenir, ce qui entrave considérablement la sortie de cette politique.
Il y a dix ans, la politique monétaire de la BCE a contribué de manière significative à surmonter la grave récession et à consolider la croissance par la suite. Cependant, plus la BCE reste longtemps sur sa voie extrêmement accommodante, plus les effets négatifs prévalent. Les taux d'intérêt ont perdu leur fonction de direction et les risques de stabilité financière ont augmenté. Plus la politique de taux d'intérêt ultra-faible ou négatif et l'inondation des liquidités des marchés se poursuivent, plus le risque de recul est grand. Si une crise majeure devait frapper, elle serait de dimensions très différentes de celles que nous avons vues auparavant. Comme d'autres banques centrales, la BCE est menacée de la fin de son contrôle sur la création monétaire. Ces développements impliquent un risque élevé pour l'indépendance de la banque centrale…

Bref à travers cette déclaration, vous comprenez pourquoi, Macron dans un système où les banques et les assurances sont très fragilisés, offrir à ses potes des nouveaux produits de retraites complémentaires. En clair une retraite par capitalisation destinée a terme à suppléer notre système devenu impratiquable avec les taux négatifs.
Comme dab, la priorité est de sauver las banquiers et les assureurs. Par ailleurs, les anciens gouverneurs mettent en garde sur la fin de l’indépendance de la BCE et sa possibilité de création monétaire à l’instar de ce qui passe aux USA où il ne se passe pas une semaine sans que Trump vilipende Powell et la FED.

 

01/10/2019

Un Hommage nécronomique


valeur.jpgAyant vu venir la crise avant qu’elle survienne, je me suis posé la question en 2008 de ce que pourrait être la sortie de crise ou la nouvelle bulle qui permettrait de relancer la machine. Très rapidement, j’ai pensé à ce que j’appelle la bulle verte. Thème dont je parle dans Crise et Mutation. La bulle verte, le recyclage du capitalisme. Ceux qui nous avaient vendu du jetable allait maintenant tenter de nous vendre du durable. Ce qui en soi était une idée que je jugeais absurde, le capitalisme étant basé sur le renouvellement des hommes et des produits : je consomme, je meurs, quelqu’un d’autre prend ma place, ainsi va le monde…
Raison pour laquelle, je concluais avec Charles Antoni dans Crise et Mutation que la bulle verte n’allait pas décoller et que l’instant présent était tout ce qui nous restait.
Ces propos étaient très noirs, pourtant dans le même temps en 2008, il existait une personnalité qui avait une vision encore plus noire et n’hésitait pas à évoquer l’effondrement. Cette personne qui était alors à cette date, la seule à évoquer l’effondrement, était Immanuel Wallerstein qui vient de nous quitter fin aôut. Wallerstein était un sociologue américain connu pour ses travaux sur la mondialisation. Il ne fait de doute que prochainement, on redécouvrira cette fameuse interview de 2008 dont je vous livre quelques morceaux choisis.

Pourquoi ne s’agirait-il pas plutôt d’une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?
Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.
A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l’économie monde" créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !


Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?


ll y en a eu beaucoup dans l’histoire de l’humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d’un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l’environnement, pour les sociétés - qu’il a engendrées. Le seul bien, c’est celui qui permet d’obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.
Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s’effondrer l’emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C’est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s’étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

Vous pouvez redécouvrir la totalité de cette interviewqu’il avait accordé au Monde
https://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/1...

28/09/2019

Draghila

Voilà comment est considéré Mario Draghi, l'homme qui a sauvé la zone Euro, en Allemagne. Là-bas, il est l'homme qui a siphonné l'épargne des retraités allemands. Ce que j'aime bien dans cette histoire, c'est qu'elle n'est pas morale. Les bons élèves sont les perdants. Les mauvais élèves, les gagnants. Et tout ça rendu possible par l'inversion des valeurs. Le positif est devenu négatif et le négatif est devenu positif. DRAGHILA.jpgMerci Draghila. Vous connaissez mon leitmotiv : il ne sert à rien de travailler en dehors des périodes de croissance. Vous en avez la parfaite démonstration. Gardez dans vos mémoires qu'il n'y a pas si longtemps, nos élites ne juraient que par le modèle allemand. Il en est où le modèle allemand ? Récession, appareil de production obsolète, aucune grand marques dans le digital ou dans le logiciel et des banques et des caisses d'épargne en faillite. Ainsi, emboîtant le pas au banques danoises qui répercutent les taux négatifs sur les clients disposant d'1 million d'euros sur leur compte, La Caisse allemande munichoise s’autorise aussi à appliquer un taux négatif - donc une taxe - aux dépôts de nouveaux clients particuliers au-delà de 100.000 euros, à partir du 1er octobre. Le tabloïd Bild a accusé le président de la BCE, Mario Draghi, caricaturé en «comte Draghila», de «siphonner» l’épargne des Allemands. Mieux cette même caisse a résilié 30 000 anciens plans épargne jugeant qu'elle ne pouvait plus honorer les avantages du passé. Les allemands sont écoeurés. Un récent stress test sur leurs banques et sur leurs caisse d'épargne a eu des résultats catastrophiques. Conséquence Sabine Lautenschläger membre du directoire de la banque centrale européenne vient de remettre sa démission.

Tout ceci démontre largement que lorsqu'on est un mauvais élève, il ne pas surtout pas copier sur un bon élève. C'est encore plus dangereux...

Taux négatifs pour l'apéritif

Déclaration de guerre pour le déssert