15/01/2019

Le pouvoir de non achat (ou Non H.A)

«Il y a beaucoup d’anarchistes qui n’ont absolument rien contre la technologie. Ils se contentent de vouloir un monde où la technologie serait utile et non nocive. Notre point de vue est qu’il y a là une énorme illusion, et que le problème de l’appauvrissement de la vie des individus comme celui de la société ne sera pas résolu par la technologie. Cela tient aux fondements du caractère si chroniquement néfaste de la structure de notre société. »

Unabomber

 

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Le continuum de l’espace-temps commercial est expansible. Ses yeux sont les diodes lumineuses aux aguets qui nous regardent nuit et jour. Témoins optiques rouges ou verts toujours allumés même quand les gadgets qu’ils signalent ne le sont pas. L’espace-temps commercial n’est jamais éteint seulement en pause. En attente prêt à redémarrer et à ouvrir une session et de poursuivre votre vie virtuelle de consommateur. 

Dans l’espace-temps commercial des démocraties de Marché, nul est besoin d’un clic  de souris pour dire « oui, j’entre », nous sommes dedans tant que nous n’avons pas choisi d’en sortir. Simplement nous sommes en mode consommation passive en mode automatique. Nous sommes devenus des gadgets consommateurs jetables et périssables. Une vie de consommateur est une vie d'obsolescence programmée.

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La pauvreté est le rempart absolu comme le consumérisme totalisant mais le consumérisme est un cancer des limbes. Le manque de pouvoir d’H.A ronge l’individu et les malades sont épris des maux dont ils vont crever.

C’est le roulement, et non le volume, des achats qui mesure le succès dans la vie de l’Homo consumens. Nous sommes ce que nous consommons/ Je suis ma voiture, je suis mon ordinateur, je suis mon smartphone…

Malheur à ceux qui, en raison d’un manque de pouvoir d'H.A sont condamnés à continuer d’utiliser des biens qui ne tiennent plus leur promesse de sensations nouvelles et jamais essayées ; malheur à ceux qui, pour la même raison, se retrouvent coincés avec un seul bien au lieu de pouvoir choisir parmi un assortiment complet et d’apparence inépuisable. Ces gens-là sont les exclus de la société des consommateurs, consommateurs imparfaits car travailleurs inadéquats et incompétents, en un mot, des losers peu formés et insuffisamment flexibles, des zombies au milieu de l’opulence du banquet des winners de la mondialisation.

Le consumérisme et son étendard du pouvoir d’H.A ne sont rien d’autres qu’un processus qui vise à l’élimination totale de notre « moi » de citoyen. À sa privatisation au profit des Marques et Enseignes. Le citoyen-consommateur ou le consom’acteur n’est qu’une gigantesque arnaque. Un pacte faustien où l’on gagne en tant que consommateur ce que l’on perd en tant que producteur (produits importés, travail exporté). La petite maison du consommateur souverain (achetez français) dans la grande prairie mondialisée n’a aucune crédibilité. Même en Corée du Nord...

https://www.youtube.com/watch?v=Tm9TvFQmdyo

 

Changer, cela veut dire que les citoyens réaffirme leur souveraineté démocratique sur l’économie. Un changement radical, une révolution puisque ceux qui ont des besoins authentiques comme les exclus du systèmes et les travailleurs pauvres ne sont pas en mesure de payer pleinement leur satisfaction. D’où la théorie nécronomique d’être payé pour consommer (notre vrai travail) que ceux qui lisent ce blog connaissent.

Ce changement nous ne pourront l'obtenir que par le pouvoir du non H.A qui seul permet de rompre avec l'enfer

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-Fantômisation des capitaux vers des paradis fiscaux;

- Domination du travail mort (ou en voie d'extinction) sur la légion des damnés au chômage ou travailleur pauvre

- Unique perspective celle de devenir un consommateur zombie dans un centre commercial virtuel ou réel

Lorsqu'il n'y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre. Nous avons pour nous le nombre.

04/12/2018

Surgissement désordonné et nouveaux barbares

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J'avais démarré l'année en présentant le concept de "Surgissement Désordonné", les Gilets jaunes sont l'exemple parfait de ce Surgissement Désordonné. Ces dernières semaines, les médias n'ont cessé de se demander pourquoi les meilleurs experts n'avaient pas su prédire la crise la plus grave de ces dernières années et aussi surpris que les politiques. La raison de cet échec dit être recherchée dans le fait que la science économique officielle ne dispose pas de concept théorique permettant de percevoir le potentiel d'autocontradiction interne que contient le développement du libéralisme.

Sur la base de cette antiscience, seuls quelques penseurs comme les nécronomistes ont reconnus dans les données empiriques une évidente disparité et son caractère insoutenable.

On explique donc cette crise et cette insurrection populaire par la psychologie car il ne saurait y avoir aucune contradiction objective dans le système. En fait, la crise serait due à une mauvaise compréhension des mesures en cours visant à restituer du pouvoir d'achat.

Fidèle à la devise selon laquelle l'économie serait à 90% de le psychologie, le discours selon lequel les gens ont vécu au dessus de leurs moyens enfermés dans le créditisme pour financer la compétitivité du pays  étant totalement inaudible, l'Etat est appelé via des moratoires à restituer la confiance chez des gens psychologiquement mal en point.

Petit problème : l''intercommunicabilité.

En érigeant en Dieu suprême le Marché et en faisant de la langue officielle l'économisme et ses termes nébuleux (langue BFM Business), les gouvernements successifs ont confisqué la langue des citoyens.

 Privés de mots avec lesquels exprimer la rage pour les souffrances subies, privés d’espérances grâce auxquelles dépasser l’angoisse émotionnelle qui dévaste l’existence quotidienne, privés des désirs avec lesquels contrer la raison institutionnelle, privés de rêves vers lesquels tendre, nombre de sujets deviennent barbares dans leurs gestes. Une fois paralysée la langue, ce sont les mains qui frémissent pour trouver un soulagement à la frustration.

Conséquence : un massacre généralisé accompli par les sujets rendus barbares par les blessures quotidiennes infligées sur leur propre peau par un monde sans sens parce que à sens unique. Cette violence sombre et désespérée gêne le gouvernement, troublé dans sa présomption de garantir la paix des esprits, mais cela ne le préoccupe pas. En soi, elle ne fait qu’alimenter et justifier la recherche d’un meilleur ordre public. Cependant, bien que facilement récupérable une fois montée à la surface, elle montre toute l’inquiétude qui agite en profondeur cette société, toute la précarité de la contention des vicissitudes du monde moderne.

13/02/2008

Du Viagra au Prozac

Dans le monde occidental, l’idée de pouvoir d’achat devenait vite obsession.
Des signaux gouvernementaux enflammaient les foules et propulsant les êtres par légions intimaient l’ordre à chacun de dépasser ses semblables : d’une tête ou d’un talon et par millions les nuques se tendaient vers ce but ultime : travailler plus pour gagner plus…

C’était un pauvre privilège pourtant que celui de travailler plus pour gagner plus.
Mais perdre ce privilège équivalait à perdre de vue l’horizon et le ciel de la consommation.
C’était aussi, pour le pays, sombrer sous le barrage des pays émergents narquois, sombrer et être foulé aux pieds.

Oui la punition s’assortissait au privilège et les salariés stressés chutaient chaque soir du haut des tours, précipitant les nouveaux perdants dans les banlieues avoisinantes ou dans la rue dans des lieux ou la flambée des prix du pétrole contraignaient les plus pauvres à dépenser plus en frais de transport pour accéder à leur lieu de travail, quadrature d’un cercle vicieux où gagner plus devenait de plus en plus cher.
La France qui pratiquait l’arrogance avec constance, un peu comme on prend du viagra à son petit déjeuner, n’avait jamais ressenti la menace des ces modernes oubliettes avant les émeutes de 2005.

Nous avions nous disait-on, le meilleur système de santé du monde, la meilleure politique d’intégration des étrangers du Monde, les subprimes pas plus que le nuage de Tchernobyl ne pouvaient nous atteindre.
Nos traders n’avaient pas besoin d’une crise financière mondiale pour fantômiser des milliards d’euro de nos banques.
Bref, nous étions unique, n’avions besoin de personne et surtout pas des immigrés non choisis que le décalage entre le discours et la réalité avait attiré depuis des décennies, promesse vaine d’une vie meilleure à laquelle nous allions devoir collectivement renoncer sans qu’ils (les immigrés) n’y aient jamais eu accès.

En 2008, la France, Cité modèle d’un univers mondialisé dont les avenues s’appelaient des flux financiers, brillait de tous ses sens interdits mais la signalisation variait selon les quartiers :
Aveuglante dans la religion, impuissante dans la politique et défectueuse dans l’industrie.
Incapable désormais de pratiquer, après le règne de deux rois fainéants, une désinflation compétitive comme nos voisins allemand avait su le faire avec la TVA sociale( hausse de la TVA accompagnée par une baisse d’un montant inférieur de charges sociales cotisation salariés et employeurs).

Car les Usa, baissaient mois après mois leur taux d’intérêt , se rapprochant dangereusement du japon qui de 1991 à 2006 avait exporté, après le double krach boursier et immobilier, sa déflation dans le monde entier.
Oui, les prix des actifs immobiliers allaient lourdement chuter partout dans le monde, oui la crise du crédit risquait de devenir systémique, générant des troubles et des tensions sociales.
La France était montée avec les autres, elle descendrait avec les autres et le sentiment de s’enrichir sans produire dans un modèle qui réconciliait l’irréconciliable allait s’estomper, entraînant inexorablement la consommation à moins que d’ici là, a l’image du pays (USA) qui fascine tant notre président, nous n'arrivions à exporter sous formes de titres les dettes des ménages Français (un produit d’avenir).
Apres avoir importer de la pauvreté et exporter de la richesse des décennies durant, il nous fallait maintenant exporter notre pauvreté.
Ce qui n’était après tout, Chère Christine Hagarde. qu’un problème de montage financier.

Nécronomiquement votre