02/02/2012

Write-off

 

« Et si le suicide économique était l’unique voie vers l’immortalité dans un monde où la crainte des dieux a été remplacée par la crainte du Marché? »

« Il n’y a pas pire destin que celui de l’homme condamné à s’appauvrir sur le lieu même de sa richesse. »

Quelle était l'énigme ? La perversité forcenée de la Money Power pouvait elle menée à la lumière que rien n'éteint... la consommation durable...???

JPC

 

 

Ce à quoi nous assistons, jour après jour, et que nous tentons d'expliquer depuis maintenant 2007, n'est rien moins qu'une période qui restera dans les livres d'histoire sous le nom de Très Grande Dépression.

Comme nous l'avions annoncé, le sauvetage de la Grèce avec une décote désormais de 70 % de sa dette en préfigure bien d'autres, car il ne s’agit plus désormais que d'éviter l’implosion d'un système où le défaut d'un pays créerait un précèdent, une brèche qui telle un éclair zébrerait le ciel et dans laquelle ne manqueraient pas de s'engouffrer d'autres pays qui doivent maintenant affronter la colère sociale de leurs peuples. C'est la raison pour laquelle, on continue d'opter pour la transfusion à celui qui souffre d’hémorragie interne et n'a aucune chance de trouver sa place dans la mondialisation. Ultime soubresaut, d'une économie globalisée sans l'accord des peuples et désormais confrontée au pire des scénarios à savoir l'effondrement généralisé de la valeur d'échange, autrement dit une dévaluation mondiale de l'argent, ce qui signifierait tout simplement la fin d'un système.

Nous l'avons déjà écrit, il faudrait que les pays émergés gagnent au minimum 30 % de niveau de vie et que les pays déclinants acceptent de perdre en contre partie aussi 30 % pour que les choses puissent réellement s'équilibrer dans une harmonie sociale.

La marché forcée vers un nouveau modèle de production n'est donc rien d'autre que la marche forcée vers une inflation souhaitée, seule garantie pour les États de pouvoir un jour rembourser leurs dettes et pour les classes moyennes de continuer à exister àprès s'être endettées au delà de toute raison portées par l'idée d'une croissance sans fin.

Nous en sommes très loin et d'ici quelques mois, l'inéluctable constat apparaîtra à tous et sans autre reprise que celles des chaussettes, la baisse des charges patronales ne fait qu'annoncer une autre baisse : celles des salaires, unique variable d'ajustement de la compétitivité. On parle alors de flexibilité ou de libéralisation du marché du travail ( fluidité, flexibilité).

Le crédit facile, l’accès à la propriété ont fait du travail une drogue dure dont le manque et les angoisses que vont provoquer sa raréfaction, ne bénéficieront cette année qu'aux labos pharmaceutiques, ce que vient de confirmer d'ailleurs le laboratoire pharmaceutique suisse Roche qui a fait état mercredi dernier de sa confiance pour l'exercice fiscal en cours.

Logique, puisque le travail en tant que valeur est sanctifié comme le chemin unique vers le bonheur et l'épanouissement de l'individu. A l'inverse, dans ce contexte, le chômage est la voie la plus sûre vers la dépression.

D'où l'expression nécronomique : «j'ai croisé le bonheur».

 

Seuls les nécronomistes survivront car ils ne tomberont pas de haut et sont déjà sortis du bilan (individual write-off).

En route vers la stagdéflation...

29/07/2008

le neuvième cercle de l'enfer économique

Special dedicace à Jacques

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Deux stratégies s’affrontaient autrefois, dans le combat que le capitalisme livre à lui même :
La première à l’exemple des USA laissait librement proliférer la valeur d’échange et la course à l’argent.
La seconde (social libéralisme que vient juste de découvrir le PS en France) visait à contrôler l’accumulation du capital et à le restituer en partie à la société.
Les deux ont échouées et le passage de l’une a l’autre à l’image de Freddie et Fannie (organismes de financement de l’immobilier) aux USA est voué à l’échec et n’a rien rien à voir avec le pragmatisme si ce n’est essayer de faire tourner une roue carré en nationalisant les pertes au frais du contribuables.

Il n’y a à terme plus d’autres solutions pour la masse financière en expansion accélérée par les pays émergents que l’anéantissement, soit par la déflation et l’effondrement des cours artificiellement gonflés, soit la reconversion de ce capital en nouveau mode de production et de consommation durable ce qui prendra plusieurs années et n’est pas certain d’être approuvé par des populations persuadées que la croissance est infinie.

Les tensions à l’ OMC nous démontrent à quels points, l’ angoisse des sociétés occidentales si fières de leur spectaculaires niveau de vie rameute pour un tour de piste éphémère, les valeurs mortes du passé comme le protectionnisme.

Protectionnisme et religion (politique de civilisation)


Car si l’on veut parler de religion, tel Vigile guidant Dante (la divine comédie) dans les cercles de l’enfer nécronomique, nous pénétrons aujourd’hui dans le neuvième cercle, le dernier…
Le profit a court terme détermine un point concentrique d’ou se règle la distance de notre horizon et celle ci se raccourcit de jour en jour tant il s’agit avant tout de rogner sur les échéances.
Krach rampant ou Krach lent tel qu’on le définit aujourd’hui aux USA.
L’économie est rentrée en phase d’implosion lente.
Tel est aussi l’état prévisible de ceux qui ont abandonnés leur existence à l’économie qui repose sur la confiance.
Les endettés du profit et de la valorisation ne survivront pas ou difficilement.

Le souffle vivifiant du commerce international qui avait aéré le monde vient de se refermer.
Aucun pays n’annonçant de nouveaux monde de production ou de consommation.
Il nous faut désormais acquiescer au sort suicidaire qui nous est fait et par lequel une économie en dépérissement nous enjoint de dépérir avec elle.
Bienvenue dans la Très grande dépression et la perte du bonheur dans les démocraties de marché.