16/01/2019

Argent sans valeur

 

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Les avisés qui ont lu ce livre désormais aussi culte que Crise et Mutation savent que :

Quand, dans les années 1970, l’accumulation fordiste a atteint ses limites, le keynésianisme a débouché sur une politique inflationniste fondée sur le crédit d’Etat. Mais ce que l’on a appelé la « révolution néolibérale » a simplement déplacé le problème du crédit d’Etat vers les marchés financiers. Tout cela s’est produit sur fond d’une nouvelle rupture structurelle dans le développement capitaliste, marquée par la troisième révolution industrielle (la microélectronique). A ce niveau de productivité qualitativement nouveau, il était devenu impossible de créer l’espace nécessaire à une accumulation réelle. Pendant plus de vingt ans, il s’est donc développé, sur la base de l’endettement et de bulles financières sans substance, une conjoncture globale de déficit qui ne pouvait être viable à long terme. Toute l’ère néolibérale de la dérégulation s’est accompagnée d’une succession inédite de crises financières et d’endettement. Tant que ces crises sont restées limitées à certaines régions du monde ou à des secteurs particuliers, il fut possible de les endiguer grâce à un flot de liquidités émis par les banques centrales. Mais ainsi, on a seulement créé les bases de la culmination du processus de crise.

La désubstantialisation réelle du capital est parvenue à un point où seule une pseudo-accumulation sans substance via des bulles financières et le crédit d’Etat est possible, et c’est elle qui se heurte actuellement à des limites.

En clair, on ne remonte pas les champs-Elysées,on les descend mais cela les gilets jaunes le savent déjà 

J’aurai voulu rencontrer Robert Kurz, l’auteur de cette brillante analyse, il est hélas mort d’une erreur médicale. Pur fils de prolo, autodidacte séchant la fac puis tour à tour chauffeur de taxi ou travailleur de nuit tout en étant un contributeur de journaux dument choisis.

 Si j’avais été complotiste, je me serais dit qu’on avait buté le plus brillant théoricien de la crise même si il n’a pas le panache du Debordien Anselm Jappe ou le légo sursousdimensionné de JPC ami personnel de tous les anges qui sont tombés du ciel sur une civière.

En clair, on ne remonte pas les Champs Elysées,on les descend comme un gilet jaune ou si vous préférez, on est plus près de la mer que des coquillages. Pour les teen-agers, je dirai que la fête du slip est terminée en espérant qu'elle eut pu un jour pour vous, commencer. Evidemment, ça vous l'entendrez pas sur BFM Business. Faut surtout pas que le consom'acteur se mette à paniquer et fasse accélérer l'inéluctable. Depuis maintenant dix ans les banques centrales leur taux zero ou négatifs font des transfusion à un système qui souffre d'hémorragie interne et ainsi font un gonflage de joues comme dans la fable de Jean de la Fontaine le plus grand économiste de tous les temps. Mais bon toutes les choses ont une fin et puisque semblerait que nous soyons capable de concevoir à travers l'écologie, la fin du monde, pourquoi n'arrivons nous pas à concevoir la fin du capitalisme autrement que demain les barbares ? C'est quoi l'alternative : devenir transhumain dans un Marché basé sur le renouvellement des hommes et des produits ?

Ou alors être Nécronomiste...je vais peut être me présenter aux européennes pour expliquer aux gens que si ils ont peur de l'enfer, ils n'ont pas à la chercher dans très longtemps.

Quand je vous disais Crise et Mutation, je pensais Crise et Amputation du pouvoir d'H.A mais si vous avez lu le livre, vous l'avez compris...

27/09/2018

Journal d'un drogué aux taux zéro (et au crédit facile)

 

mario-draghi-gift.jpg2 septembre : Je m"habitue vraiment aux taux zéro et au crédit facile dans un contexte de croissance molle et de krach au ralenti. J'ai l'impression d'être Michael Jackson faisant du moonwalk économique ou de me déplacer en apesanteur économique sur la planète Mars envoyé par Space X et Elon Musk.

Depuis que je vis à crédit, je suis plus bronzé et bien plus actif et content presque jamais d'humeur triste

4 septembre : Je crois être obligé de m'avouer que les taux zéro et le crédit facile qui font tourner l'économie au ralenti et maintiennent les prix de l'immobilier accentuent mes désirs. Je deviens un consommateur comme les autres plus apte à jouir mais beaucoup moins à chercher du travail de l'autre coté de la rue.

20 septembre : Les prix du pétrole n'en finissent pas de monter. Les experts appellent ça l'inflation sous jacente mais quand je me shoote au pétrole, c'est une vrai pompe à calcium… et je vois mon pouvoir d'hash A fondre comme la neige au soleil… Je vais devoir arrêter la poudreuse des sports divers...je commence à flipper...

25 septembre : aujourd'hui, j'ai croisé un migrant qui m'a jeté un regard sale et vicieux...je deviens parano...heureusement j'ai pris trois grosses pilules d'extrait de Macron qui ont atténué l'effet de spoliation...

 

A suivre

Pôle emploi un grand moment du rire

https://www.youtube.com/watch?v=K8ZR-l14IYs

 

 

 

 

 

26/06/2016

JPC le roi de l'EXIT

 

 

Il y un an à peine, on nous racontait à propos de la Grèce qu’il n’y avait pas d’Exit Possible.

Nous étions alors parvenus au sommet de la domination de la Money Power. L’Exit n’était plus possible. C’est du moins ce que clamait La Money Power. Nous étions alors tels que l’avait prédit Nietzche sous le règne des hommes supérieurs, des élites et des parlementeurs européens. Ceux qui savaient pour nous, qui guidaient nos vies quitte à nous transformer en consommateur zombie. Mais ne l’étions-nous pas déjà à passer un tiers de notre vie à regarder des écrans de téléphones ?

La dernière marche qu’il restait alors à franchir pour l’économisme triomphant était de s’appropier l’Exit en décidant avant d’annoncer sa mort que celui-ci désormais ne pouvait se faire que par le haut. Ainsi, dans toutes crises ou négociations il fallait impérativement chercher l’Exit par le haut.

L’Exit dont on disait encore lors de l’épisode grec qu’il était impossible et dont nous nous apercevons aujourd’hui que non seulement, il est possible mais qu’il suffit tout simplement d’envoyer un courrier à Bruxelles. On a connu plus dur comme démarche.

 exit.jpgPersonnellement, j’ai trouvé mes seuls vraies joies dans l’Exit. L’Exit de chez mes parents, l’Exit de ma scolarité imposée par un conseiller d’orientation. L’Exit de toutes les relations forcées et des choix prédéterminés puis progressivement de tous les moyens qui m’étaient donnés pour rester intégré à une société dont Margaret Thatcher, grande prêtresse si ’il en fut, convenait qu’elle n’existait pas réellement.

L’Exit est mon royaume. C’est là que j’ai mon canapé-lit. L’unique endroit où je ne sens pas ma liberté aliénée et où je peux me reposer.

L’Exit est le meilleur moyen de n’avoir besoin de personne

Il est certes plus facile de se laisser porter par les flux, fussent-ils économiques, mais c’est en nageant à contre-courant que l’on se rapproche de la source.

C’est pourquoi, il y a bien longtemps que j’ai apprivoisé l’Exit et que je sais qu’il n’y a rien à en redouter.

Ne nous laissons pas priver d’Exit.