09/01/2020

Le Surgissement désordonné (la suite)

 

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En érigeant en Dieu suprême le Marché et en faisant de sa langue officielle l’Économisme et ses termes nébuleux, les gouvernements successifs ont confisqué la langue des citoyens. Privés de mots avec lesquels exprimés la rage pour la violence subie, privés d’espérances grâce auxquelles dépasser l’angoisse émotionnelle qui dévaste l’existence quotidienne, privés des désirs avec lesquels contrer la raison institutionnelle, privés de rêves vers lesquels tendre, nombre de Gilets Jaunes traduisent la violence sociale dans leurs gestes. Une fois, paralysée la langue, ce sont les mains qui frémissent pour trouver un soulagement à la frustration. C’est ainsi que l’économie de doucereuse et banale devient belliqueuse et brutale. L’insurrection est là. Elle est apprivoisée par satellite et sur les écrans plasmas des salles de rédaction, masquée d’un loup blême pour ne pas affoler le consommateur, muselée par la machinerie méthodique des médias et des pouvoirs politiques qui refusent de la rencontrer. Les gouvernements nous demandent de participer à leurs grands débats tronqués. Les journalistes devenus depuis anesthésistes réanimateurs nous exhortent à être plus responsables, à travailler plus pour consommer plus, à stimuler le marché. Tout comme des prêtres pédophiles qui nous exhorteraient à croire. Enchaîner les gens à la dette par des taux très bas revient à les forcer à accepter l’exploitation et à et détruire par avance leur capacité de révolte contre la domination du capital. Présenter aux jeunes générations comme une opportunité extraordinaire de reconstruire tout ce que leurs parents ont détruit, relève du pur foutage de gueule. Dans ce contexte, si les travailleurs pauvres sont incapables de trouver les moyens de l’autonomie financière, la vague de révolte qui est apparue avec les Gilets jaunes va grossir jusqu’à devenir une marée. Là, uniquement est l’issue. Dans un surgissement désordonné auquel nous assistons avec les Gilets Jaunes et tous les opposants au macronisme et que nous devons soutenir.

Necronomiquement votre

04/01/2020

Le suicide final

Comprendre le risque que nous font courir les USA /

USA meilleur ami d'Israël ? Avec des amis comme ça pas besoin d'ennemis !!!

 

 

Dans sa brochure, Apocalyptic Politics : On the Rationality of Iranian Policy, l'universitaire iranien Mehdi Khalaji évoque une possibilité effrayante : la politique étrangère du régime iranien, et surtout sa relation avec Israël, pourrait être guidée par une vision apocalyptique fondée sur la croyance du retour de l'imam caché, al-Mahdî.
Les chiites duodécimains — comme Mahmoud Ahmadinejad, l'ancien président de la République islamique d'Iran — croient que l'imam du Xe siècle al-Mahdî n'est pas mort. Il aurait été caché par Dieu (cet événement est connu comme l'occultation de 941 après J.-C.) et il reviendrait pour remplir sa mission : amener paix et justice sur Terre. Selon les chiites duodécimains, l'imam al-Mahdî réapparaîtra quand le monde plongera dans le chaos et que la guerre civile se répandra partout. À ce moment-là, la moitié des vrais croyants chevauchera les terres qui s'étendent entre le Yémen et La Mecque en portant des drapeaux blancs ; tandis que la seconde moitié partira de Karbala, en Irak, en transportant des drapeaux noirs pour arriver au même point. Puis, en accord avec l'ordre d'Allah, l'imam al-Mahdî et ses fidèles ramèneront la justice et la paix dans le monde en imposant l'islam à tous les peuples.
Le retour de l'imam caché n'est pas simplement la croyance d'une secte chiite, mais il est profondément enraciné dans l'eschatologie de l'islam. Henry Corbin en parle dans son Histoire de la philosophie islamique, dans laquelle il relie les attentes apocalyptiques et le symbolisme intérieur de la philosophie religieuse de l'islam.
La réapparition de l'imam caché, donc, sera amenée par l'élévation de l'âme humaine, et ne deviendra possible que grâce à la purification et au sacrifice de soi.
Quelles sont les conditions historiques de cette purification et de ce sacrifice ? Cette question — dont les implications ne sont pas seulement religieuses — hante évidemment les services secrets israéliens. On comprend aisément pourquoi. Une interprétation radicale de la doctrine peut impliquer le sacrifice de la population chiite, comme condition du salut de l'humanité. La doctrine de l'imam caché peut ainsi être interprétée comme la condition théorique du suicide final. Qu'est-ce qui pourrait être plus efficace, comme purification, qu'un jeu de destruction mutuelle entre deux pouvoirs nucléaires officieux tels que l'Iran et Israël ?

16/10/2019

Diversion sécuritaire un voile sur notre avenir

Un chaos planétaire hante aujourd’hui les gouvernements. Celui d’une secousse sismique dont l’épicentre serait les banques et les assurances.
Dans l’absurde royaume où nous vivons et où nous avons combattu un excès de crédit en 2008 en injectant encore plus de crédit, aucune assise, aucune valeur sûre n’offre le secours de la stabilité.
Aucun gouvernement ne peut plus promettre de certitude face à forces extérieures du Marché qui ayant conquis l’exterritorialité. échappe à toute action d’un gouvernement qui ne peut faire que local.
La mutation à laquelle nous assistons résulte d’une impasse d’un système économique et social devenu inadéquat.
Heurtées de plein fouet par un présent qui s’effondre et un futur occulté par l’impossibilité de faire des projections, les mentalités se replient sur elles-mêmes, refluent vers ce qui n’est plus à défaut de s’ouvrir sur ce qui n’est pas encore.
Ainsi comme le prouve Eric Zemmour dont les livres se vendent à 500 000 exemplaires, en pareille époque, un passé idéalisé devient un futur qui a de l’avenir. C’est le règne du c’était mieux avant…
Ce que le Marché mondialisé exige des États, c’est qu’ils utilisent leur pouvoir local pour garantir un environnement sûr. En pareille période, pour la Money Power le rôle dévolu aux gouvernements se limite à peu près à être une sorte de commissariat géant.
Par conséquent l’unique programme du gouvernement sera la sécurité : un moyen tangible pour gérer l’effondrement.

Rédiger de nouveaux codes pénaux multipliant les infractions passibles de prison, allonger le temps des peines sont des mesures qui accroissent la popularité des gouvernements. Ainsi ils donnent l’impression de faire quelque chose et de réduire l’incertitude des vies de l’existence des gens.
Voile islamiste, garçons sauvages dans les banlieues, délinquance en hausse à Paris. Les médias mainstream ne vont parler que de ça.

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