22/10/2018

ARBEIT M EFFRAIE

 

01_Hal_Hefner.jpgLe probable refus du budget italien par Bruxelles va voir ressurgir sans nul doute les excités du fameux modèle allemand qui n’existe que dans leur tête. Rappelez-vous, au plus fort de la crise, l’opinion publique allemande et bien au-delà estimait qu’il ne fallait pas annuler la dette ni même la renégocier. Ce fut là le grand échec de Tsipras et sa trahison puisque élu pour cela. Vous connaissez l’histoire :  promettre, promettre jusqu’à mettre, une fois que tu as mis plus rien de ce que tu as promis…

Bref ; le couplet était le suivant : les grecs étaient des feignasses (comme Marcel) qui passaient leur temps à boire de l’ouzo au bord de la mer dans un décor paradisiaque. Certes, ils avaient inventé la démocratie mais qu’avaient-ils fait depuis si ce n’est que vivre à crédit tant des démocraties de Marché ?

Même si les études montraient que les salariés grecs travaillaient plus que leurs homologues allemands mais les Eurocrates Bruxellois finirent par conclure qu’ils étaient moins productifs car ils glandaient au travail.

Il est à parier que cela va être bis repetita avec les italiens. Aoouais… les ritals, la dolce vita, rigoletto et compagnie, ils faut les refoutre au travail et surtout pas leur donner un revenu citoyen comme le propose ce fou de Salvini et ces tarés de cinq étoiles…

Gros bémol au tableau, dans la panorama mondial et dommage pour le moteur allemand, les taxes douanières que va réinstaller Trump…la guerre commerciale les amis…D’ici peu, on s’apercevra donc d’une théorie que vous ne trouverez que sur ce blog/ A savoir que le pays malade de l’Europe n’est ni la Grèce ni l’Italie mais bel et bien l’Allemagne. Et que tous les migrants qu’elle a intégrés dans l’unique souci de faire baisser ses couts de production (ce n’était pas un rêve humaniste) lui resteront sur les bras et au chômage. Car la vérité c’est que en pareille situation, ce ne sont pas les autres pays qui ne travaillent pas assez, c’est l’Allemagne qui travaille trop et qui génère une surproduction qui ne peut être absorbée qu’en prêtant de l’argent aux autres pays pour qu’ils achètent leurs produits exportés.

Alors qu’en pareil cas, ils devraient doper leur consommation intérieur en augmentant les salaires mais certainement pas en les diminuant par le biais des migrants.

Nécronolmiquement votre et forza Italia

12/03/2010

Crise et mutation : L'ultime produit consommable/durable

Un bel article de Rémi Boyer

 

 

La Lettre du Crocodile

 

Année 2010 N° 1

 

CIRER BP 08 - 58130 GUERIGNY

 

Crise & mutation

de Charles Antoni et Jean-Pierre Crépin, Editions Charles Antoni – L’Originel.

 

 

Crise & Mutation.jpg

 

 

 



C’est une conversation épistolaire. Une rencontre entre deux approches, l’une philosophique, au sens où elle interroge les évidences, l’autre économique, entre deux expériences du monde, deux pessimismes aussi, deux ouvertures peut-être.

Cette dialectique entre deux se révèle créatrice. Situés à deux niveaux logiques différents, les propos se nourrissent d’un effet miroir. En dressant un bilan accablant du monde économique tel qu’il peut nous apparaître, Jean-Pierre Crépin offre une riche matière à Charles Antoni qui se saisit du monde comme une projection de ce que nous sommes.

La conversation devient voyage, géographique parfois, culturel souvent, poétique par éclair. Riche en références, en indications, en suggestions, en provocations aussi, recadrant avec humour les préjugés et les clichés courants, ils invitent à l’entendement. Le monde n’est-il pas là que pour cela ? Nous aider à entendre ce qui est.

Jean-Pierre Crépin ne propose pas de solutions, à peine éclaire-t-il le début de quelques pistes connues et toujours non explorées. Tel n’est pas l’enjeu. Il n’est pas là pour ça. Peut-être même s’en lave-t-il les mains…

« Comment sortir du merdier dans une société où la consommation tient la Barack… qu’on appellera bientôt bicoque ? La réponse est d’une simplicité biblique : prendre l’argent de ceux qui ne consomment pas assez et qui le placent (les riches) pour le donner à ceux qui consomment trop (et le dépensent)… Les pauvres… Avantage : évite l’endettement des Etats et des particuliers…

En attendant cette prise de conscience improbable, à quoi tient le nouvel équilibre mondial économique que les dirigeants des démocraties de Marché appellent si fort de leurs vœux pieux ?

Pour faire nécronomiquement simple : il faudrait que les Américains apprennent à épargner et que dans une synchronisation absolue, les Chinois désapprennent cet art étrange pour zapper vers celui de consommer donc de dépenser (pas évident lorsqu’on croit à la réincarnation…)

Autrement dit, il s’agit d’organiser le zapping dans le zapping par des régulations tout en uniformisant mondialement tous les comportements des citoyens consommateurs mondiaux.

Ce qui, tu en conviendras, relève plus de la mission impossible que de la mince tâche. »

Il dénonce bien les affres du Marché, nouveau dieu de la religion de la consommation. Toute religion n’est-elle pas consommation ? Mais il croit ou espère, de manière plus ou moins consciente, plus ou moins avouable, encore quelque part au Marché, à une capacité de réforme. Il invite toutefois à ne plus jamais se laisser duper et à construire un bonheur, individuel ou collectif qui ne cesse de s’échapper.

Charles Antoni, de manière récurrente, par propos direct ou par référence culturelle, invite plutôt à la présence à soi-même, à la conquête de cet ici et maintenant, qui constitue la « porte de l’éveil ». Ce faisant, il sait bien que l’éveil n’est jamais une solution à un problème, juste l’état naturel.

Si Jean-Pierre Crépin invite à la résistance, Charles Antoni invite au lâcher prise, non au renoncement, non à l’abandon des objets, mais plutôt à ce jeu de la conscience qui permet aux objets de nous abandonner.

L’Originel-Charles Antoni, 25 rue Saulnier, 75009 Paris, France.