01/10/2019

Un Hommage nécronomique


valeur.jpgAyant vu venir la crise avant qu’elle survienne, je me suis posé la question en 2008 de ce que pourrait être la sortie de crise ou la nouvelle bulle qui permettrait de relancer la machine. Très rapidement, j’ai pensé à ce que j’appelle la bulle verte. Thème dont je parle dans Crise et Mutation. La bulle verte, le recyclage du capitalisme. Ceux qui nous avaient vendu du jetable allait maintenant tenter de nous vendre du durable. Ce qui en soi était une idée que je jugeais absurde, le capitalisme étant basé sur le renouvellement des hommes et des produits : je consomme, je meurs, quelqu’un d’autre prend ma place, ainsi va le monde…
Raison pour laquelle, je concluais avec Charles Antoni dans Crise et Mutation que la bulle verte n’allait pas décoller et que l’instant présent était tout ce qui nous restait.
Ces propos étaient très noirs, pourtant dans le même temps en 2008, il existait une personnalité qui avait une vision encore plus noire et n’hésitait pas à évoquer l’effondrement. Cette personne qui était alors à cette date, la seule à évoquer l’effondrement, était Immanuel Wallerstein qui vient de nous quitter fin aôut. Wallerstein était un sociologue américain connu pour ses travaux sur la mondialisation. Il ne fait de doute que prochainement, on redécouvrira cette fameuse interview de 2008 dont je vous livre quelques morceaux choisis.

Pourquoi ne s’agirait-il pas plutôt d’une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?
Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.
A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l’économie monde" créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !


Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?


ll y en a eu beaucoup dans l’histoire de l’humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d’un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l’environnement, pour les sociétés - qu’il a engendrées. Le seul bien, c’est celui qui permet d’obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.
Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s’effondrer l’emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C’est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s’étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

Vous pouvez redécouvrir la totalité de cette interviewqu’il avait accordé au Monde
https://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/1...

04/09/2019

Histoire d’un effondrement et un peu la mienne

 

 

Les%20economistes%20sont%20de%20sales%20cons.jpg

Les trois phases /
1 La Grande Modération
2 la Grande Récession
3 Le Grand Effondrement

 

La Grande Modération
Les États-Unis avaient connus une longue période d’expansion à peine interrompue par un léger contretemps, suite au krach du Nasdaq en avril 2000, et aux États-Unis, ainsi que dans de nombreux pays avancés, tant l'inflation que le chômage suivaient une tendance à la baisse. Les économistes de premier plan baptisèrent cette période la « Grande Modération ».
Après les turbulences qui avaient fait rage de la fin des années 1960 à la récession du début des années 1990, les économistes semblaient avoir enfin trouvé le Graal de l'économie. En gros, il s’agissait de rejeter tout l’apport de Keynes et la révolution Keynésienne l’homme qui avait sorti le monde de la Très Grande Dépression.
Concrètement il s’agissait de limiter l’intervention de l’État et d’assurer une liberté totale aux Marchés notamment financiers qui ne devaient plus être entravés. Quant aux politiques budgétaires, si au début, il était admis de laisser courir les déficits en période de ralentissement et de dégager des surplus en période d’expansion, rapidement il fût décidé d'obtenir des surplus quelle que fût la situation économique, afin de réduire l'ampleur des interventions de l'État. L'unique outil de politique économique jugé utile était la manipulation du taux d'intérêt – par une banque centrale politiquement indépendante, elle-même contrôlée par des économistes – avec le contrôle du taux d'inflation pour objectif.
La Grande Récession
L'économiste en chef de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis, était également optimiste au sujet des perspectives économiques immédiates, à la fin du mois de mai 2007 : Dans ses Perspectives économiques de la fin de l'automne, l'OCDE considérait que le ralentissement américain ne constituait pas un signe annonciateur d'une période de faiblesse économique au niveau mondial, comme ce fut le cas, par exemple, en 2001. Il faut plutôt s'attendre à un léger rééquilibrage, où l'Europe reprendra aux États-Unis le rôle de moteur de la croissance des pays de l'OCDE.
Soudain, tout ce que la théorie néoclassique jugeait impossible arriva d'un seul coup : chute libre des marchés d'actifs, effondrement de forteresses financières centenaires, telle Lehmann Brothers, et évaporation des caractéristiques propres à la Grande Modération. Le chômage s'envola et la molle inflation laissa la place à la déflation.
Confrontés à une déconnexion totale entre ce à quoi ils croyaient et ce qui se déroulait réellement, les économistes réagirent d'une manière profondément humaine : ils paniquèrent. Subitement, ils jetèrent toutes leurs règles politiques néoclassiques par la fenêtre et commencèrent à se comporter comme des économistes dopés aux hormones « keynésiennes ». Après avoir rejeté l'intervention étatique, le déficit budgétaire, et encouragé la création monétaire pendant des décennies, ils prônèrent l'omniprésence de l'État. Les déficits budgétaires atteignirent des niveaux qui éclipsèrent ceux qui avaient cours durant le keynésianisme démodé des années 1950 et 1960, et la monnaie banque centrale coula à la manière des chutes du Niagara. Ben Bernanke, le directeur de la Réserve fédérale, doubla tout simplement la quantité de monnaie banque centrale dans l'économie américaine, en seulement cinq mois, alors même que le précédent doublement avait pris treize années. Le long déclin du ratio de monnaie banque centrale créée sur le niveau de l'activité économique, qui, de 15 % du PIB en 1945, avait diminué de 5 points en 1980 et de 6 points au moment où la crise se déclencha, s'interrompit en moins d'une année, quand la politique de « Quantitative Easing de Bernanke conduisit ledit ratio à atteindre de nouveau les 15 %, en 2010.
Le sens de cette période est bien retranscrit dans On the Brink de Hank Paulson :
« Nous avons besoin d'acheter des centaines de milliards d'actifs », déclarai-je. Je savais mieux que personne qu'il aurait plutôt fallu dire trillions. Mais cela aurait causé un arrêt cardiaque. « Nous avons besoin d'une annonce cette nuit pour calmer le marché, et de nouvelles lois la semaine prochaine », dis-je.
Je m'étais demandé ce qu'il adviendrait si nous n'avions pas l'autorité suffisante pour obtenir l'effet que nous recherchions. « Que Dieu nous vienne en aide », pensais-je}.
Après avoir jeté par la fenêtre leurs principes économiques chéris et cédé à la panique, les économistes durent faire face au public : « Pourquoi ne l'avez-vous pas vue venir ? Et puisque vous êtes des experts de l'économie et que vous étiez aux commandes, pourquoi la crise a-t-elle tout de même eu lieu ? » La première question a été posée à merveille par la reine d'Angleterre qui s'adressa directement aux économistes universitaires, au sein de la prestigieuse London School of Economics :
Lors d'une conférence tenue par des universitaires à la London School of Economics, sur les turbulences des marchés internationaux, la Reine demanda : « Pourquoi personne ne s'en est aperçu ? »
Le professeur Luis Garicano, directeur de la recherche du département de gestion de la London School of Economics, avait expliqué les origines et les effets de la crise du crédit alors que la Reine inaugurait le nouveau bâtiment universitaire qui avait coûté 71 millions de livres.
La Reine, qui évite soigneusement la controverse et ne donne jamais son opinion, décrivit alors les turbulences des marchés comme une situation « affreuse ».
La réponse que les économistes donnèrent à la reine devint l'antienne de la profession qui, après des années de domination sans partage sur les politiques économiques et sociales à travers le monde, se retrouvait soudainement sous le feu des critiques, ses propos étant ouvertement tournés en dérision. Selon eux, ce n'était pas leur faute car « personne n'aurait pu voir venir la crise ».
Source Steve Keen « l’Imposture économique »
Personne ?
Si, en fait 9 économistes au plan mondial et un commentateur économique.
Et plus modestement votre serviteur JPC qui lisait pour une raison personnelle deux de ces économistes : Nouriel Roubini que personne ne connaissait avant la crise et surtout l’australien Steve Keen qui critiquait tout comme moi fortement les soi-disant « sciences économiques ».
Après avoir cessé une activité professionnelle qui m’avait fait vivre pendant vingt ans en tant qu’expert dans les mutations consommateurs (le fameux consomActeur) et pendant laquelle j’avais assisté à la folie de la bulle Internet pendant laquelle je gérais alors un fond d’investissement qui allait donner lieu à quelques belles opérations comme Rue du Commerce et Easy Voyage mais aussi de belles planteries.
Je mettais court à tout en 2001. C’est alors, que je m’apercevais que les prix de l’immobilier avaient considérablement augmenté. Je vivais alors avec une femme depuis plusieurs années. Cette femme disposait d’un petit pécule et se mit en tête d’acheter un appartement. Nous vivions alors sur un principe quasi-communiste. Chacun payait le loyer suivant ses moyens. Elle était au chômage et je gagnais pas mal d’argent. Donc, je payais plus mais je trouvais cela normal. Un jour, notre immeuble fut vendu à la découpe, notre loyer était d’environ mille euros de loyer par mois pour un cent mètre carré. Ce qui n’était pas cher même situé dans le 18em à La Fourche un quartier coloré. Nous quittâmes l’appartement avec deux ans de loyers d’indemnité que j’avais dûment négocié. Ma copine finit par trouver un boulot et avec son pécule ajouté aux indemnités acheta un petit deux pièces en banlieue et me dit « Casse-toi ». La vie est sans pitié. D’espoir de gains, j’étais devenu facteur d’emmerdes.
Étant fortement résilient, je me mis alors à voyager, en Chine d’abord pendant les années de la folle croissance à 18 %. J’y exerçais même quelques temps mes talents professionnels. Je rejoignis ensuite mon frère choisi Jean-Jacques en Turquie qui montait une boite de prod. Nouriel Roubini le Docteur DOOM étant d’origine turc, je pus établir un contact, tout en me réintéressant fortement à l’économie et à la bulle immobilière dont j'avais été victime. En parallèle, je m’abonnais aux écrits de Steve Keen et je commençais en France à prêcher la bonne parole. Mes premiers écrits datent de 2005. Je continuais sous la forme de ce blog en 2007 au lancement de la plate-forme de l’ADETEM (les professionnels du marketing). Ce fût l’acte fondateur de mon suicide économique. J’organisai en quelque sorte mon inemployabilité. Certains pensèrent que j’étais devenu fou, d’autres alcoolique ou drogué. Le vide se fit autour de moi. J’eu à ce moment l’idée de correspondre avec le regretté philosophe corse Charles Antoni me disant que les corses, gens autonomes et indépendants par nature comprendraient peut-être mon discours. Ce fût le cas et cela donna un livre dont je suis très fier « Crise et Mutation » sorti en 2010 qui reprend une correspondance que nous avons eu en 2007 et 2008 de différents endroits de la planète.

Car Charles Antoni et moi avions perçu que cela n’allait pas être une simple crise mais une mutation. Le livre sera préfacé par la philosophe Paule Orsoni, un nom bien connu en Corse, qui a monté les Universités populaires d’Arras.
Depuis donc maintenant 14 ans, je chronique la crise après l’avoir annoncé et je remercie tous les fidèles comme Vincent, Gabelle, Huzun, Dany, et tous ceux qui sont venus enrichir ma réflexion. Mon amitié leur est acquise.
Le Grand Effondrement
Si vous lisez ce blog depuis longtemps, vous savez que Le Grand Effondrement a déjà eu lieu. Simplement les milliards de milliards qui ont été injectés dans l’économie et les taux négatifs ont dissimulés pour l’instant l’inéluctable catastrophe. Ce qui a été fait n’est rien moins qu’une transfusion à quelques qu’un qui souffre d’une hémorragie que l’on est incapable de colmater. Qu’allons-nous trouver après cet effondrement ? Certainement pas le socialisme ni le social-libéralisme mais les décombres du capitalisme. C’est dans ces décombres qui seront baptisés « la rationalisation » pour ne pas affoler les gens, qu’il va falloir apprendre à nous mouvoir. Devant le spectre de la récession mondiale, la course aux derniers sous et le marketing de la peur vont faire leur apparition.
On verra alors fleurir devant le désastre annoncé l’hédonisme des derniers jours. Et puisque qu’il faudra diminuer retraites et allocations tout en maintenant la frénésie de consommer (double bénéfice). Un marketing de la peur savamment distillé « profitez-en, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve » assorti d’un « Regardez ou allez voir ailleurs comment ça se passe, vous verrez que nous résistons bien et que vous n’avez pas à vous plaindre ! »
Il sera alors à nous de brocarder ce discours, de refuser le désespoir et la peur et la philosophie du ‘ « ailleurs c’est pire ».
Désormais, l’État réduit à une simple fonction répressive fera diversion comme d’habitude en utilisant les leviers du racisme, du moralisme, du nationalisme. De l’antisémitisme etc. etc…vous connaissez la chanson. Devant son incapacité à réduire l’insécurité liée à l’économie, l’État cherchera alors à assoir sa légitimité sur la protection des citoyens dans la vie quotidienne grâce à la police. Tout sera alors fortement médiatisé pour installer un volume de peur officielle. Même l’absence d’évènements fera l’objet de communiqués distillant l’idée qu’il n’y a pas de dangers uniquement parce que l’État fait en sorte de les déceler en amont. Nous serons alors dans l’invérifiable et cela sera l’inique moyen pour l’État d’asseoir sa légitimité.

Il est clair que seul ou individuellement, nous ne survivrons pas. Il est donc nécessaire d’effectuer un repli tribal ou d’intégrer une communauté dans laquelle circuleront un certain nombre de biens suivant le principe

De_chacun_selon_ses_moyens,_à_chacun_selon_ses_besoins.jpg

 

Preuve que malgré mon vécu, je n’ai pas renoncé à ce principe…

Nécronomiquement votre

 

 

 

05/02/2019

Banque centrales dépotoirs et déchets humains

 

depotoir,banque centrale,revolution,fin capitalismendechetterie,michel ange,ordure,no future,anarchee,chaosIronie du sort, ce sont donc précisément les banques centrales, soi-disant bastions de la stabilité financière, qui font office de dépotoirs accueillant les déchets toxiques du système financier international. Pour ces actifs c’est la fin du voyage, car les banques centrales n’ont plus derrière elles aucune institution susceptible de les délester à leur tour de ce fardeau. La façade de normalité érigée à partir de 2008 s’avère en définitive une hasardeuse politique de création de monnaie s’appuyant, en guise de « garantie », sur un tas de créances pourries.

Comment s’étonner dans ce contexte de dépotoirs que sans emplois et travailleurs pauvres soient devenus des déchets ainsi que l’avait théorisé Sygmunt Bauman bien qu’il n'eut pu imaginer à l’époque que les banques centrales allaient devenir des déchetteries. La destination des sans emploi en pareil contexte est le dépotoir.la décharge, le tas d’ordure. Ils leur manquent les moyens de survie et ne peuvent vivre sans les moyens financiers (allocations, subsides) approuvés par l’État. Ceux qui ne partagent pas une telle réponse tendent à la contester en termes financiers de la même encre (sous la rubrique « pouvons-nous nous le permettre ? ») — car le « poids financier » de toutes ces mesures pèse sur les contribuables. . Cela ne suffira pas pour une réinsertion des personnes dans la société dont elles ont été exclues — de même que le stockage de déchets industriels dans des conteneurs réfrigérés ne suffirait guère à les transformer en denrées valables sur le marché.

A l'identique pour les consommateurs non satisfaits de la société comme les gilets jaunes s’il est une chose dont ils peuvent être certains, c’est qu’ayant été rejetés du seul jeu qui existe, ils ne font plus partie des joueurs et l’on n’a donc plus besoin d’eux. Jadis, le fait d’être un producteur potentiel était suffisant pour remplir les conditions requises à l’admission dans la société des producteurs. Promettre d’être un consommateur diligent et prétendre au statut de consommateur ne suffît pas, cependant, pour être admis dans la compagnie des consommateurs. Cette société n’a pas de place pour les consommateurs défectueux, incomplets, inaccomplis. Charge à eux de travailler plus pour gagner plus, des se former tout au long de leur vie, d'être mobile géographiquement, de ne pas faire d'enfant s'ils n'en n'ont pas les moyens. Bois ton rouge et ferme ta gueule, reste moisir dans ta cité pourrie  ou dans ta cambrousse, toi ton art c'est d'être crevard.

Michel-Ange, à qui l’on demandait comment il obtenait la belle harmonie de ses sculptures, eut cette réponse célèbre : « C’est simple. Prenez juste une plaque de marbre et découpez tous les morceaux superflus ». À l’apogée de la Renaissance, Michel-Ange proclamait le précepte qui devait guider la création moderne. La séparation et la destruction des déchets allait devenir le secret de l’art de la création moderne : par le découpage de tout ce qui est superflu, indésirable et inutile pour le jeter, le beau, l’harmonieux, l’agréable et le gratifiant vont pouvoir être révélés.

Nécronomiquement votre