07/12/2018

La France Téléphérique

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Toutes rues remontées et le rideau d’amertume franchi, les gilets jaunes atteignent cette nécropole de Papier qu’est Paris où l’infortune est ignorée hors les logements sociaux.

Le premier de cordée censé tirer la France ayant fait le choix d’abandonner le corps électoral et de taxer la France d’en bas contrainte d’emprunter le téléphérique en payant à chaque fois pour se hisser vers le col de l’ange sans tomber dans le gouffre de l’illusion ou les failles du chaos en fin de mois.

 

Même pollué, l’air des nécropoles est plaisant et enivre les premiers de cordées non imposés qui délaissent la France téléphérique pour aller seul sans limite ni remords au soleil de l’égoïsme. Dans la Macronerie, caste autophage digérant les organes intermédiaires qu’elle ne juge pas utile : fonctionnaires, retraités, smicard et travailleurs pauvres, on ignore les fins de MOI car on ne se mélange pas.

Ainsi fonctionne la Start up nation

 

 

04/12/2018

Surgissement désordonné et nouveaux barbares

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J'avais démarré l'année en présentant le concept de "Surgissement Désordonné", les Gilets jaunes sont l'exemple parfait de ce Surgissement Désordonné. Ces dernières semaines, les médias n'ont cessé de se demander pourquoi les meilleurs experts n'avaient pas su prédire la crise la plus grave de ces dernières années et aussi surpris que les politiques. La raison de cet échec dit être recherchée dans le fait que la science économique officielle ne dispose pas de concept théorique permettant de percevoir le potentiel d'autocontradiction interne que contient le développement du libéralisme.

Sur la base de cette antiscience, seuls quelques penseurs comme les nécronomistes ont reconnus dans les données empiriques une évidente disparité et son caractère insoutenable.

On explique donc cette crise et cette insurrection populaire par la psychologie car il ne saurait y avoir aucune contradiction objective dans le système. En fait, la crise serait due à une mauvaise compréhension des mesures en cours visant à restituer du pouvoir d'achat.

Fidèle à la devise selon laquelle l'économie serait à 90% de le psychologie, le discours selon lequel les gens ont vécu au dessus de leurs moyens enfermés dans le créditisme pour financer la compétitivité du pays  étant totalement inaudible, l'Etat est appelé via des moratoires à restituer la confiance chez des gens psychologiquement mal en point.

Petit problème : l''intercommunicabilité.

En érigeant en Dieu suprême le Marché et en faisant de la langue officielle l'économisme et ses termes nébuleux (langue BFM Business), les gouvernements successifs ont confisqué la langue des citoyens.

 Privés de mots avec lesquels exprimer la rage pour les souffrances subies, privés d’espérances grâce auxquelles dépasser l’angoisse émotionnelle qui dévaste l’existence quotidienne, privés des désirs avec lesquels contrer la raison institutionnelle, privés de rêves vers lesquels tendre, nombre de sujets deviennent barbares dans leurs gestes. Une fois paralysée la langue, ce sont les mains qui frémissent pour trouver un soulagement à la frustration.

Conséquence : un massacre généralisé accompli par les sujets rendus barbares par les blessures quotidiennes infligées sur leur propre peau par un monde sans sens parce que à sens unique. Cette violence sombre et désespérée gêne le gouvernement, troublé dans sa présomption de garantir la paix des esprits, mais cela ne le préoccupe pas. En soi, elle ne fait qu’alimenter et justifier la recherche d’un meilleur ordre public. Cependant, bien que facilement récupérable une fois montée à la surface, elle montre toute l’inquiétude qui agite en profondeur cette société, toute la précarité de la contention des vicissitudes du monde moderne.

28/11/2018

VEGAN SUICIDE

 

 

 

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Un cauchemar hante les serviteurs de la Money Power – le cauchemar de leur possible effondrement. Tous les courtisans éparpillés de par le monde, personnages politiques, publicitaires, journalistes et intellectuels, vont, s’interrogeant sur la façon de conjurer cette effroyable menace habillée aujourd’hui d’un gilet jaune.

« Qui ne parle pas avec moi et comme moi n’a rien à dire. Qui n’agit pas avec moi et comme moi est malade d’impuissance. Qui ne vit pas avec moi et comme moi veut se suicider. Tel est l’enseignement que la Money Power sème dans les médias qu’elle subventionne et sur les chaînes infos »

La dynamique de la crise s’empare successivement de tous les domaines de la vie qui pendant des décennies, sont devenus dépendants du gonflement des crédits parce qu’ils ne pouvaient pas être alimentés par une production réelle de survaleur et de la redistribution sociale de celle-ci. Cela va de l’éducation, de la culture, de la santé en passant par les  infrastructures des communes (taxe d’habitation).

Les programmes concernant les coûteuses mesures pour protéger le climat ne valent plus le papier sur lesquels ils sont écrits.

Dans cette dynamique de désintégration, les individus socialement atomisés sont qu’ils en soient conscients ou non des êtres qui fonctionnent à crédit. Qui plus est, ils ne peuvent  faire face à cette dynamique à la vitesse à laquelle elle progresse.

L’épuisement des ressources énergétiques, la crise écologique se combinent avec la crise économique. Ce qui suggère une limite économique au mode de production dominant. C’est pourquoi on voit apparaître le constat d’une économie sans croissance : la fameuse stagnation séculaire.

Reste à résoudre le problème qui consiste à libérer les besoins élémentaires des simples citoyens de la logique abstraite de la croissance au lieu de les opprimer au nom de l’écologie.