25/07/2010

Retour subprimes

 

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Je dois le confesser , je ne partage pas l’étonnement de l’Ami Jorion sur le retour des subprimes (note vidéo  sur son blog du 23 juillet) souhaité par la Money Power pour combattre la candidature d’Elizabeth Warren, grande spécialiste de la défense des consommateurs.

 

 

Il faut se souvenir qu’avant de devenir dans les dernières années des Ninja Loan

Prêts consentis à des gens qui n’avaient ni revenu, ni travail, ni capital (No Income No Job and Asset), les subprimes ont démarré du Temps du Père Bush et des mesures anti-discriminations qui ont obligés les banques commerciales à prêter de l’argent aux communautés autres que blanches,  aux Noirs et aux latinos autrement dit aux plus pauvres dont on savait déjà qu'ils ne pourraient pas rembourser… Et ce, dans les mêmes quotas…

 

Il ne s’agissait pas d’un rêve humaniste (pas plus que le regroupement familial chez nous), il s’agissait simplement pour la Money Power de garantir une cohésion sociale et de faire de cette cohésion sociale un produit financier via la Titrisation internationale.

Bref de faire du cash en vendant la dette des pauvres américains à travers le monde et qu’importe si elle ne valait rien, le monde entier en avait acheté comme un seul homme, logique puisque les USA draînent l’épargne du monde depuis 60 ans.

Le rêve Américain financé par les autres pays…Quand on vous disait qu’ils avaient inventé le Marketing…

 

Il est à noter que dans cette époque, la cohésion sociale du rêve américain : Maison, pelouse, piscine, grosse bagnole était autrement plus efficace que le rêve Français de l’époque : RMI, carte Orange, CMU, HLM…

 

Paradoxe de l’histoire : il est à noter que nos banlieues fruit d'un marketing mondialisé sont désormais hantés par un rêve américain qui n'existe plus alors que l’on ne sait même plus financer le rêve Français qui visiblement n'intéresse guère les garçons sauvages de nos cités.

 

Ainsi donc, au moment où Obamageddon fight frileusement pour éviter ce retour des subprimes, et glisser vers un modèle plus social comme le notre, notre pays ne sait même plus financer le sien, notre Président ayant voulu adopter celui des USA conscient que l’assistanat en tant que plan de relance de la consommation déguisé ne pouvait plus fonctionner…

 

En conséquence, la cohésion sociale devient l’enjeu mondial pays par pays (Chine inclue évidemment)…Les subprimes ont fonctionné tant que la croissance était là…L’assistanat aussi…Et comme,je le dis souvent, le vivre ensemble n’existe pas en dehors des périodes de croissance.

Personne n’ayant réussi à interposer quoi que ce soit, entre la religion et la consommation…

Ce qui est proposé n'est donc rien d'autre que le choix entre une vie de crevard assisté où tu n'as plus accès à rien car l'on prétend défendre les consommateurs et la promesse d'un monde meilleur sur terre financé à crédit par le reste des peuples qui veulent vivre comme toi...

La Money Power a choisi, et je suis cette fois d'accord avec l'ami Paul Jorion :

Point de salut sans les bulles...Car dans le cas d'un scénario à la japonaise même les billets font la planche, pas d'investissement, pas de consommation ... et c'est de cela que tout le monde à peur... Sauf les nécronomistes...

 

 

12/03/2010

Crise et mutation : L'ultime produit consommable/durable

Un bel article de Rémi Boyer

 

 

La Lettre du Crocodile

 

Année 2010 N° 1

 

CIRER BP 08 - 58130 GUERIGNY

 

Crise & mutation

de Charles Antoni et Jean-Pierre Crépin, Editions Charles Antoni – L’Originel.

 

 

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C’est une conversation épistolaire. Une rencontre entre deux approches, l’une philosophique, au sens où elle interroge les évidences, l’autre économique, entre deux expériences du monde, deux pessimismes aussi, deux ouvertures peut-être.

Cette dialectique entre deux se révèle créatrice. Situés à deux niveaux logiques différents, les propos se nourrissent d’un effet miroir. En dressant un bilan accablant du monde économique tel qu’il peut nous apparaître, Jean-Pierre Crépin offre une riche matière à Charles Antoni qui se saisit du monde comme une projection de ce que nous sommes.

La conversation devient voyage, géographique parfois, culturel souvent, poétique par éclair. Riche en références, en indications, en suggestions, en provocations aussi, recadrant avec humour les préjugés et les clichés courants, ils invitent à l’entendement. Le monde n’est-il pas là que pour cela ? Nous aider à entendre ce qui est.

Jean-Pierre Crépin ne propose pas de solutions, à peine éclaire-t-il le début de quelques pistes connues et toujours non explorées. Tel n’est pas l’enjeu. Il n’est pas là pour ça. Peut-être même s’en lave-t-il les mains…

« Comment sortir du merdier dans une société où la consommation tient la Barack… qu’on appellera bientôt bicoque ? La réponse est d’une simplicité biblique : prendre l’argent de ceux qui ne consomment pas assez et qui le placent (les riches) pour le donner à ceux qui consomment trop (et le dépensent)… Les pauvres… Avantage : évite l’endettement des Etats et des particuliers…

En attendant cette prise de conscience improbable, à quoi tient le nouvel équilibre mondial économique que les dirigeants des démocraties de Marché appellent si fort de leurs vœux pieux ?

Pour faire nécronomiquement simple : il faudrait que les Américains apprennent à épargner et que dans une synchronisation absolue, les Chinois désapprennent cet art étrange pour zapper vers celui de consommer donc de dépenser (pas évident lorsqu’on croit à la réincarnation…)

Autrement dit, il s’agit d’organiser le zapping dans le zapping par des régulations tout en uniformisant mondialement tous les comportements des citoyens consommateurs mondiaux.

Ce qui, tu en conviendras, relève plus de la mission impossible que de la mince tâche. »

Il dénonce bien les affres du Marché, nouveau dieu de la religion de la consommation. Toute religion n’est-elle pas consommation ? Mais il croit ou espère, de manière plus ou moins consciente, plus ou moins avouable, encore quelque part au Marché, à une capacité de réforme. Il invite toutefois à ne plus jamais se laisser duper et à construire un bonheur, individuel ou collectif qui ne cesse de s’échapper.

Charles Antoni, de manière récurrente, par propos direct ou par référence culturelle, invite plutôt à la présence à soi-même, à la conquête de cet ici et maintenant, qui constitue la « porte de l’éveil ». Ce faisant, il sait bien que l’éveil n’est jamais une solution à un problème, juste l’état naturel.

Si Jean-Pierre Crépin invite à la résistance, Charles Antoni invite au lâcher prise, non au renoncement, non à l’abandon des objets, mais plutôt à ce jeu de la conscience qui permet aux objets de nous abandonner.

L’Originel-Charles Antoni, 25 rue Saulnier, 75009 Paris, France.

 

 

 

 

 

29/01/2010

Apocalypse des Marques

Les glissements sémantiques sont le propre des périodes de mutation

Ainsi, on ne dit plus Vidéo-Surveillance mais Vidéo Protection...

Tout cela n'est pas très catholique...