15/01/2020

Le consommateur citoyen parfait dans les démocraties de Marché

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Comme le démontre Zygmunt Bauman

Le seul personnage digne d’attention aux yeux des experts, parce qu’on lui reconnaît le « maintien de l’économie sur la bonne trajectoire » et la lubrification des rouages de la croissance économique, est l’Homo oeconomicus – acteur économique solitaire, préoccupé par lui-même et égocentrique, en quête de la meilleure affaire, guidé par le « choix rationnel », soucieux de ne devenir la proie d’aucune émotion défiant le transfert en gains monétaires, et peuplant un univers rempli de personnages partageant ces mêmes vertus mais rien de plus.
Le seul personnage que les praticiens du marché sont aptes et disposés à reconnaître et recevoir, c’est l’Homo consumens – l’acheteur solitaire, préoccupé par lui-même et égocentrique, ayant adopté la recherche de la meilleure affaire comme traitement contre la solitude et n’en connaissant aucun autre ; un personnage pour qui la nuée des clients d’un centre commercial constitue la seule communauté connue et indispensable.
L’Homo oeconomicus et l’Homo consumens sont des hommes et des femmes individualistes sans liens sociaux ou tout au plus recroquevillés dans leur bulle familiale. Les résidents idéaux de l’économie de marché, de ceux qui rendent heureux les spécialistes du PNB.

Le miracle quotidien du sauvetage/résurrection de l’économie de Marché provient de son échec à suivre cette pulsion jusqu’à son terme. Il semblerait que les humains veulent garder un brin dhumanité.

Peut-être y arrivera t-on avec l’avènement du cyborg ou du transhumain que s’emploie à créer les cerveaux de la Silicon Valley.

Une petite chanson de Lydia Lunch Teenage Jesus and the jerks en conclusion


Richesse suburbaine et bien-être de la classe moyenne
Tout ce qu'ils ont fait, c'est me dépouiller de mes sentiments
Personnalité dans le drain
Après tout, qui a besoin d'un cerveau ?
Tirez moi une balle dans mes yeux.
Soufflez-les et voyez si je meurs

https://www.youtube.com/watch?v=wH_XenSk6Do

 

09/01/2020

Le Surgissement désordonné (la suite)

 

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En érigeant en Dieu suprême le Marché et en faisant de sa langue officielle l’Économisme et ses termes nébuleux, les gouvernements successifs ont confisqué la langue des citoyens. Privés de mots avec lesquels exprimés la rage pour la violence subie, privés d’espérances grâce auxquelles dépasser l’angoisse émotionnelle qui dévaste l’existence quotidienne, privés des désirs avec lesquels contrer la raison institutionnelle, privés de rêves vers lesquels tendre, nombre de Gilets Jaunes traduisent la violence sociale dans leurs gestes. Une fois, paralysée la langue, ce sont les mains qui frémissent pour trouver un soulagement à la frustration. C’est ainsi que l’économie de doucereuse et banale devient belliqueuse et brutale. L’insurrection est là. Elle est apprivoisée par satellite et sur les écrans plasmas des salles de rédaction, masquée d’un loup blême pour ne pas affoler le consommateur, muselée par la machinerie méthodique des médias et des pouvoirs politiques qui refusent de la rencontrer. Les gouvernements nous demandent de participer à leurs grands débats tronqués. Les journalistes devenus depuis anesthésistes réanimateurs nous exhortent à être plus responsables, à travailler plus pour consommer plus, à stimuler le marché. Tout comme des prêtres pédophiles qui nous exhorteraient à croire. Enchaîner les gens à la dette par des taux très bas revient à les forcer à accepter l’exploitation et à et détruire par avance leur capacité de révolte contre la domination du capital. Présenter aux jeunes générations comme une opportunité extraordinaire de reconstruire tout ce que leurs parents ont détruit, relève du pur foutage de gueule. Dans ce contexte, si les travailleurs pauvres sont incapables de trouver les moyens de l’autonomie financière, la vague de révolte qui est apparue avec les Gilets jaunes va grossir jusqu’à devenir une marée. Là, uniquement est l’issue. Dans un surgissement désordonné auquel nous assistons avec les Gilets Jaunes et tous les opposants au macronisme et que nous devons soutenir.

Necronomiquement votre

23/12/2019

Instants Damnés

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Si vous avez encore une addiction à l’espoir, ou pire encore une addiction à Macron, la pire des addictions, vous êtes au bon endroit. Nous pouvons vous aider.
Dans une vie antérieure, j’avais croisé Georges Ugeux qui à ce moment-là n’était pas nécronomiste. S’il s’angoisse autant, lu qui fût le premier des croyants, cela veut dire que ce n’est pas bon signe.

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/si-nous-ne-faisons-rien-nous-aurons-un-tsunami-financier-avant-2020-georges-ugeux-813993.html

On pardonne volontiers à un inconnu de s’être converti à l’Islam ou de vouloir changer de sexe mais pour ce qui est de la nécronomie, c’est une autre histoire. Le refus de ‘l’économisme apparait tantôt comme le pire des maux ou tantôt comme la plus grande des faiblesses. Si vous êtes une femme et que vous ne vous rasez pas les jambes, vous vous ferez traitez de paresseuse. Si vous êtes un homme respectable et que vous ne portez pas de cravate, vous ne savez pas Être.
Bref, vous ne faites pas assez d’effort pour réaliser votre potentiel économique !

Comme disait Georges Bernanos « qui dispose de sa mort, peut affronter n’importe quel enjeu ».
Croyez-moi, la mort, une fois qu’on y est, c’est beaucoup plus facile que l’acte de mourir. Si vous êtes déjà capable de rester de longues heures devant la télé à regarde Hanouna, Pascal Praud, les chaînes infos qui tournent en boucles, la mort sera une partie de plaisir. D’ailleurs, regarder la télé et surfer sur Facebook sont d’excellents entraînements à la mort. Quand on ne reçoit plus que des publicités ciblées pour les couches incontinences, les conventions obsèques, on commence à se préparer. Un peu comme lorsque la sécu vous délivre un courrier pour la première coloscopie et que vous hésitez entre le faire avec ou sans anesthésie.
Ceux qui ont le plus de followers d’entre vous généreront de la consommation in absentia. Comme un chanteur avec son tube sorti des dizaines d’années auparavant : il ignore que sa chanson trotte encore dans la tête d’un ouvrier chinois exploité qu’il ne rencontrera jamais. C’est un pouvoir, certes, mais un pouvoir vain, impuissant dont bénéficieront uniquement mes marques qui auront survécu au grand effondrement.
Quand on est mort, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’encombre pas de bagages et qu’on ne confond plus la vie avec une accumulation de gadget
. Plus besoin de manger bio, de prendre des vitamines, de se couvrir d’écran total, hurler sa supériorité sous cialis ou de vous mettre des machins sur la peau parce que vous le valez bien mais bien moins que la marque qui vous l’a vendue.
Bref comme je l’écrivais dans La Grande Déconnexion confondre le marketing et la vie.
Macron, c’est une coloscopie avec anesthésie. Quelqu’un qui vous dit :
. « Vous savez, je crois en vous. » et que les réformes ne sont pas des punitions, juste des adhésions au contrat social qui nous permet de vivre ensemble.
Cette phrase révèle que vous êtes en présence d’un über-menteur, un spécimen de haut vol.
Pour vous délivrez du mal être. Un simple courriel sur ce blog.
Par la présente j’abandonne tout espoir, toutes illusions et j’arrête le Xanax et le Seroplex. Je laisse tomber l’idée de la croyance absurde d’une croissance qui repart. Je ne suis pas taillé pour rester un macronien convaincu. Même sous camisole chimique, je ne veux pas penser à l’idée de m’enrichir comme il est dit dans la bible « Enrichissez-vous » tout en restant vautré devant les chaines infos en état de catatonie dans mes propres crottes sans avoir pu payer mon loyer. Je prends note que nos retraites dépendent de la démographie et de la croissance économique mais je préfère aller en enfer plutôt qu’au paradis avec Julie Graziani, les anti-avortement et la manif pour tous qui prétendent que le porno sur Internet et son lac de sperme gâché ont le même effet en Enfer que le réchauffement climatique sur Terre.
J’ai trouvé ma voie. Je suis un nihiliste convaincu débarrassé de toutes peurs à crédit. Je ne veux pas être le fruit d’idées d’économistes défunts.
No Futur is good futur