25/03/2018

Necronomie bientôt Pulitzer

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14 heures et je me retrouve de l’autre côté du canal de l’Ourcq. Je suis sorti de ma zone de sécurité prioritaire pour me rendre à un rendez-vous du mauvais côté du canal. Un quartier bourré de startupers qui caressent le rêve d’une vie plus simple et l’ambition aussi clandestine que radicale d’un jardin bio et du modèle deux parents deux enfants. L’air sent la galvanisation cocaïnée, la vulnérabilité que l’on essaye de tenir en brides. Les corps orbitent autour d’un bar situé au milieu d’un espace, nouveau concept d’expérience client. Un seul sujet de conversation : son nombril et l’auro-promotion effrénée. Poses surjouées et réponses surexcitées. Je me dis que finalement, ce n’est pas mal d’être un Prince en exil de l’autre côté du mur de la Grande Déconnexion aux cotés des migrants. Ne suis pas un travailleur délocalisé dans son propre pays contraint de s’ appauvrir sur le lieu même de sa richesse ???

«  Ouais tu vois, je bosse sur ça, t’as dû en entendre parler. Tout est connecté évidemment : Tee shirt connecté ; slip connecté, thermomètre connecté, et puis y’à l’internet des objets, on bosse aussi sur un distributeur de boissons qui se réapprovisionnera automatiquement.»

C’est sûr le Tee shirt connecté va contribuer à rendre le monde meilleur qu’il ne l’est…en attendant, on prendra du cannabis thérapeutique de la bulle verte.

J’arrive m’extraire de ce lieu maudit pour me rendre à mon RV avec l’honorable PPA avec qui j’avais collaboré sur la compilation Man Machine et l’hymne européen contre l’austérité. Il m’attend en compagnie d’un beau jeune homme de quatre-vingt-cinq ans. Un homme qui a eu dix vie dans sa vie reste toujours jeune, surtout un homme récipiendaire du fameux prix Pulitzer et du non moins fameux prix Albert Londres la même année. Une performance jamais égalée. Entre François Missen et JPC mon avatar la rencontre fût fructueuse et devrait donner lieu à un bébé dans l’année. Une rencontre est programmée début avril dans sa base arrière de Marseille avant qu’il ne reparte vers de nouvelles aventures armé de son seul sourire dont il ne se dépare jamais.

La preuve vivante que le talent peut se marier à la simplicité...

https://blogs.mediapart.fr/bernard-gensane/blog/140114/co...

20/03/2018

Merci qui ? Merci Linky

 

 

 

pole emploi,chomage,futur,linky,flicageSoudain, on tambourina à la porte. Le chômeur enfila son froc et tourna la clef dans la serrure. Trois hommes firent irruption dans la pièce. Un homme en uniforme avec une casquette "Pole emploi" sortit une paire de menottes de sa poche et les passa aux poignets du chômeur. L'un des autres hommes eut un vilain sourire qui découvrit d'immondes dents. Il frappa le chômeur en pleine bouche. Le chômeur sentit le goût du sang lui envahir la bouche. 

"Vous faites de drôles de recherches d'emplois..."

" A dix heures, vous êtes encore au lit...fais voir ton compteur Linky..."

" Bon ton compteur nous indique que t'as ouvert ton frigo trois fois cette nuit. Certainement pour y prendre des bières vu qu'il n'y a que ça dedans. Bref tu passes ton temps à picoler en regardant lé télé. A minuit quinze, tu as branché un autre appareil, vu sa consommation, ça m'étonnerait pas que cela soit un vibromasseur où un truc de ce genre. On a vu sur ta page fesseboucs que tu aimais les hommes...fais voir ton bras d'amour..."

l'homme à la casquette pôle emploi avançant une pogne velue empoigna le pantalon du chômeur et lui déchira la braguette. D'un air appréciateur, il prit le sexe du chômeur entre le pouce et l'index. 

" C'est bien ce que je pensais...soixante pour cent des chômeurs sont circoncis."

Les trois hommes se mirent à rire

"C'est bon enlève lui les menottes"

Le mec à la casquette s'adressa au chômeur

"Quant à toi, t'as de la chance, ils cherchent des gogo dancer à temps partiel pour danser dans des cages "Aux Chandelles. Tu croiseras peut être Darmanin et DSK et comme ça tu pourras remonter dans la chaîne de la valeur.."

Les autres s'esclaffent..."Ouaaaah la chaîne de la valeur..."

" Tu nous dit pas Merci ?"

"Merci"

16/03/2018

autocentrage...

Bientôt avec la numérisation, la robotisation et l'intelligence artificielle qui réduise à peu de choses la quantité de travail vivant nécessaire à la production de marchandises, nous vivrons le paradoxe d'une société de production sans producteurs et de consommation sans consommateurs.

Nous produisons trop, nous consommons trop. Bref ce n'est pas le travail qui manque, c'est le travail qui est en trop. Ce qui rend inéluctable l'avènement du revenu universel pour maintenir la paix sociale.

Travailler aujourd'hui relève plus de la nécessité politique pour faire tenir tranquille le peuple que de produire des marchandises pour les consommer.

Heureusement avec la crise qui a duré dix ans et qui est loin d'être finie, toute une génération est désormais capable de vivre sans cette fiction que l'on appelle le travaiL sans déprimer pour autant car en vérité c'est le travail qui est déprimant pour beaucoup de gens.

 

 

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Auto consommation (JWB)

Pour ne plus se consumer d’envie au bal de la sainte marchandise, il convient de se consommer soi-même : crottes de nez, bien sûr, mais aussi larmes, morve, urine et autres fluides corporels à partager si affinité, à deux ou à plusieurs. Ainsi émerge une économie sympathique parce que de taille réduite qui elle ne donne pas à l’économie des macro(n)s beaucoup de grain à moudre, permet de conserver, à chaque instant, les gestes essentiels d’une consommation vraie c’est-à-dire tout à la fois inutile à chacun, profitable à quelques-uns et suffisamment compulsive pour permettre à tous de réaliser, à travers la plus pauvre des existences, l’essence ridicule de l’homme sans qualités qui adresse chaque année, à la faveur des tromperies médiatiques de saison, sa compassion aux directeurs et directrices (parité oblige) de stations de sports d’hiver maudissant à gros flocons, dès la mi-décembre, l’ingratitude atroce des hivers de neige tardive..

Auto Production

On le voit quotidiennement avec la déferlante des humoristes et des chanteurs, se produire soi-même est devenue l'occupation dominante d'une société où la production est devenue sans objet.

-Que fais tu ce soir Chéri ?

- Je sais pas, je crois que je vais me produire à la maison à moins que tu aies autre chose à me proposer...

Auto-Entrepreneur

Pour s'auto-consommer et s'auto-produire, il fallait un statut. Cela sera celui d'Auto-Entrepreneur. L'Auto-Entrepreneur s'auto-entreprend avant d'auto-entreprendre les autres. Logique...Tout commence par la masturbation...