05/03/2020

Japanification

Comme je l’avais annoncé dans ma note du 26 février Cygne noir, La FED a baissé ses taux. C’est bien la preuve que la situation est très grave d’autant que Trump attend encore deux ou trois baisses des taux.
Désormais, il ne reste plus qu’une solution, tout du moins en Europe : l’Helicopter Money. Chaque citoyen de la zone euro va recevoir de l’argent gratos…On appelle cela un dividende monétaire. Je ne sais pas quand mais cela arrivera mais cela arrivera. Probablement en fin d’année.
On ne peut pas dire aux gens qu’il faut sauver les banques en permanence sans contrepartie et il faut les réconcilier avec l’Europe qui les a laissé tomber.
Cette crise advient dans un contexte d’inflation nulle où les marchés immobilier et actions ont été dopés par les taux zéro voire négatifs ; En clair, leurs prix ne correspondent plus à rien et ne sont que du pur gonflage de joues. Si les marchés actions crashent de 30 ou 40% alors l’immobilier suivra et les gens se réveilleront en s’apercevant qu’ils ont achetés avec des taux très faibles des biens très chers. Bonjour les nouveaux esclaves…
Dance ce contexte de crise et de chute de la demande les entreprises sont susceptibles de réagir à cette crise par une baisse de leurs marges afin de vendre leurs stocks, ou bien en s'accrochant à leurs parts de marché aux dépens de leurs concurrents. Ce comportement pourrait rapidement transformer une faible inflation en déflation.
Il est alors possible que les économies occidentales se retrouvent affectées par une déflation par la dette – même si la sévérité de cette déflation pourrait être atténuée par l'inévitable hausse des dépenses publiques que provoquerait la crise. Nous rejoindrons alors le Japon dans la liste des économies “éclopées” – embourbées dans une récession causée par la dette, avec des prix stagnant ou diminuant et, de toute évidence, un fardeau de dettes privées trop lourd pour être supporté}. »
Seul le temps nous dira de quelle manière l'explosion des bulles d’actifs immobilier et Action produira. Tout cela dans un contexte où l’endettement des ménages et des entreprises est dramatique et dépasse même l’endettement des États. Tout ceci ayant fabriqués par des taux très faibles voire négatifs.
Cette situation satisfait à tous les critères de la théorie de la déflation par la dette de Fisher, dont le résultat est une dépression économique.
D'un autre côté, Minsky affirmait qu'un “État fort” peut stabiliser une économie instable en fournissant des liquidités aux entreprises afin que celles-ci honorent leurs engagements malgré une chute des dépenses du secteur privé. Il est certain que les gouvernements occidentaux des années 2020 pèsent bien plus lourd que leurs homologues des années 1920, et que les stabilisateurs automatiques ainsi qu'une politique budgétaire permettront sans doute de rendre toute crise économique bien moins violente que ne l'a été la Grande Dépression. Mais la menace la plus probable c'est une récession durable comme en connaît le Japon depuis l'effondrement de sa bulle économique en 1990. Ce qui est ma théorie depuis le départ. REVOIR MA PREMIERE INTERVIEW à l’occasion de la sortie du livre en 2010

https://www.youtube.com/watch?v=MNd-TK_wM2Q

Vous voyez, je suis optimiste…
Nécronomiquement votre

02/03/2020

Une interview choc du Docteur DOOM

Une interview nécronomique de Nouriel Roubini le Docteur Doom, l'économiste qui avait prédit la crise de 2008.

Interview en phase avec tous mes écrits :

 

DER SPIEGEL: Quelle est la gravité de l'épidémie de coronavirus pour la Chine et pour l'économie mondiale?

Roubini: Cette crise est beaucoup plus grave pour la Chine et le reste du monde que les investisseurs ne l'avaient prévu pour quatre raisons: Premièrement, il ne s'agit pas d'une épidémie limitée à la Chine, mais d'une pandémie mondiale. Deuxièmement, c'est loin d'être terminé. Cela a des conséquences énormes, mais les politiciens ne s'en rendent pas compte.

DER SPIEGEL: Que voulez-vous dire?

Roubini: Regardez simplement votre continent. L'Europe a peur de fermer ses frontières, ce qui est une énorme erreur. En 2016, en réponse à la crise des réfugiés, Schengen a été effectivement suspendu, mais c'est encore pire. Les frontières italiennes devraient être fermées dès que possible. La situation est bien pire qu'un million de réfugiés venant en Europe.

DER SPIEGEL: Quelles sont vos deux autres raisons?
Roubini: Tout le monde pense que ce sera une récession en forme de V, mais les gens ne savent pas de quoi ils parlent. Ils préfèrent croire aux miracles. C'est simple: si l'économie chinoise devait diminuer de 2% au premier trimestre, il faudrait une croissance de 8% au cours des trois derniers trimestres pour atteindre le taux de croissance annuel de 6% auquel tout le monde s'attendait avant que le virus ne se déclare. Si la croissance n'était que de 6% à partir du deuxième trimestre, ce qui est un scénario plus réaliste, nous verrions l'économie chinoise croître de 2,5 à 4% seulement pour toute l'année. Ce taux signifierait essentiellement une récession pour la Chine et un choc pour le monde.

DER SPIEGEL: Et votre dernier point?

Roubini: Tout le monde pense que les décideurs politiques réagiront rapidement mais c'est également faux. Les marchés sont complètement délirants. Regardez la politique fiscale: vous ne pouvez faire des choses fiscales que dans certains pays comme l'Allemagne, parce que d'autres comme l'Italie n'ont pas de marge de manœuvre. Mais même si vous faites quelque chose, le processus politique nécessite beaucoup de discussions et de négociations. Cela prend de six à neuf mois, ce qui est beaucoup trop long. La vérité est que l'Europe aurait eu besoin de stimulants fiscaux même sans la crise corona. L'Italie est déjà au bord de la récession, tout comme l'Allemagne. Mais les politiciens allemands ne pensent même pas aux stimulants, malgré le fait que le pays soit si exposé à la Chine. La réponse politique est une plaisanterie - les politiciens sont souvent derrière la courbe. Cette crise va déborder et entraîner une catastrophe
DER SPIEGEL: Quel rôle les banques centrales ont-elles à jouer?
Roubini: La Banque centrale européenne et la Banque du Japon sont déjà en territoire négatif. Bien sûr, ils pourraient encore abaisser les taux sur les dépôts pour stimuler les emprunts, mais cela n’aiderait pas les marchés pendant plus d’une semaine. Cette crise est un choc d’offre que vous ne pouvez pas combattre avec la politique monétaire ou budgétaire.

DER SPIEGEL: Qu'est-ce qui peut aider?
Roubini: La solution doit être médicale. Les mesures monétaires et fiscales ne sont d'aucune utilité lorsque vous n'avez aucune sécurité alimentaire et hydrique. Si le choc conduit à une récession mondiale, alors vous avez une crise financière, car le niveau de la dette a augmenté et le marché immobilier américain connaît une bulle comme en 2007. Ce n'est pas une bombe à retardement jusqu'à présent parce que nous avons connu une croissance. C'est fini maintenant.

DER SPIEGEL: Cette crise va-t-elle changer la façon dont le peuple chinois pense de son gouvernement?

Roubini: Les hommes d'affaires me disent que les choses en Chine sont bien pires que ce que le gouvernement rapporte officiellement. Un ami à Shanghai est enfermé chez lui depuis des semaines. Je ne m'attends pas à une révolution, mais le gouvernement aura besoin d'un bouc émissaire.

DER SPIEGEL: Tels que?
oubini: Déjà, il y avait des théories du complot sur l'ingérence étrangère en ce qui concerne la grippe porcine, la grippe aviaire et le soulèvement de Hong Kong. Je suppose que la Chine va créer des problèmes à Taïwan, à Hong Kong ou même au Vietnam. Ils réprimeront les manifestants à Hong Kong ou enverront des combattants dans l'espace aérien taïwanais pour provoquer l'armée américaine. Il ne faudrait qu'un seul accident dans le détroit de Formose et vous verriez une action militaire. Pas une guerre chaude entre la Chine et les États-Unis, mais une forme d'action. C'est ce que veulent les membres du gouvernement américain comme le secrétaire d'État Mike Pompeo ou le vice-président Mike Pence. C’est la mentalité de beaucoup de gens à D.C.

DER SPIEGEL: Cette crise est évidemment un revers pour la mondialisation. Pensez-vous que des politiciens comme Trump, qui veulent que leurs entreprises abandonnent la production à l'étranger, en bénéficieront?

Roubini: Il va essayer de récolter les fruits de cette crise, c'est sûr. Mais tout changera lorsque le coronavirus atteindra les États-Unis. Vous ne pouvez pas construire un mur dans le ciel. Écoutez, j'habite à New York et les gens y vont à peine dans les restaurants, les cinémas ou les théâtres, même si personne n'a été infecté par le virus jusqu'à présent. Si cela arrive, nous sommes totalement foutus.
DER SPIEGEL: Un scénario de peur parfait pour Trump?
Roubini: Pas du tout. Il perdra les élections, c'est sûr.

DER SPIEGEL: Une prédiction audacieuse. Qu'est-ce qui vous rend si sûr?

Roubini: Parce qu'il existe un risque important de guerre entre les États-Unis et l'Iran. Le gouvernement américain veut un changement de régime, et il bombardera l'enfer des Iraniens. Mais les Iraniens ont l'habitude de souffrir, croyez-moi, je suis juif iranien, et je les connais! Et les Iraniens veulent également un changement de régime aux États-Unis.Les tensions feront monter les prix du pétrole et entraîneront inévitablement la défaite de Trump aux élections.

DER SPIEGEL: Qu'est-ce qui vous rend si sûr?

Roubini: Cela a toujours été le cas dans l'histoire. Ford a perdu contre Carter après le choc pétrolier de 1973, Carter a perdu contre Reagan en raison de la deuxième crise pétrolière en 1979, et Bush a perdu contre Clinton après l'invasion du Koweït. Le champ démocrate est pauvre, mais Trump est mort. Citez-moi à ce sujet!

DER SPIEGEL: Une guerre contre l'Iran est-elle nécessaire pour battre Trump?

Roubini: Absolument, et ça vaut le coup. Quatre années supplémentaires de Trump signifient une guerre économique!
DER SPIEGEL: Que devraient faire les investisseurs pour se préparer à l'impact ?

Roubini: Je m'attends à ce que les actions mondiales baissent de 30 à 40% cette année. Mon conseil est le suivant: mettez votre argent en espèces et en obligations d'État sûres, comme les bunds allemands. Ils ont des taux négatifs, mais alors quoi? Cela signifie simplement que les prix vont augmenter et augmenter - vous pouvez gagner beaucoup d'argent de cette façon. Et si je me trompe et que les actions augmentent de 10% à la place, ça va aussi. Vous devez protéger votre argent contre un crash, c'est plus important. C’est ma devise: "Mieux vaut prévenir que guérir!"

29/02/2020

Moment Minsky et Helicopter Money

 

crise,mutation,moment minsky,helicopter money,recession,tres grande depression,fin capitalisme;futurLe moment Minsky est une théorie developpé par l’économiste Hyman Minsky.
Pour mieux illustrer ce "moment", Krugman le prix Nobel d’économie utilise le dessin animé Bipbip : le "Moment Minsky", c'est quand le pauvre coyote se rend compte qu'il court au-dessus du vide, juste avant de chuter au fond du canyon. C’est précisément ce qui est en train de se passer avec les bourses qui se souviennent que les gens sont mortels et surtout le consommateur. Les bourses s’écroulent à une vitesse qui ne trouve d’équivalent qu’en 1928 lors de première Très Grande Dépression. Si vous lisez ce blog depuis un certain temps, vous savez que j’ai toujours dit qu’il n’y aurait pas de mutation sans dépression.
Nous y sommes…

Cela fait aussi longtemps, que je vous parle de l’helicopter money, la distribution de cash gratuit à tous les citoyens. Nous nous en approchons. A Hong Kong, c’est parti pour contrecarrer l’impact du coronavirus, tous les habitants vont recevoir 1180 euros. Rien foutre et être payé…on a sauvé les banques, il faut maintenant sauver les consommateurs en espérant qu’ils n’épargnent pas…La politique de l’offre ne suffit plus, il faut sauver la demande…

Pendant ce temps les bourses s’écroulent à une vitesse qui ne trouve d’équivalent qu’en 1928 lors de première Très Grande Dépression. Si vous lisez ce blog depuis un certain temps, vous savez que j’ai toujours dit qu’il n’y aurait pas de mutation sans dépression.
Nous y sommes…