03/08/2019

Les trumpettes de Jéricho

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« Nous savons tous aujourd’hui que lorsque le gouvernement est dirigé par les forces organisées de l’argent, c’est la même chose que s’il était dirigé par la mafia. » Franklin D. Roosevelt (1882-1945), 32ème président américain, 1933-1945, (lors d’un discours prononcé au Madison Square Garden, le 31 octobre 1936)

 


Les taxes américaines, portant sur 200 milliards d’importations chinoises, prendront effet le 24 septembre. En représailles, Pékin va imposer 60 milliards de dollars d’importations américaines. Depuis le début de l’année, les Marchés ont toujours spéculé sur l’imminence d’un accord, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’en prend pas le chemin et le fantasme d’un Dow Jones à 30 000 pts s’estompe. Les analystes (anesthésistes réanimateurs) affirmaient mordicus que Trump qui avait lié sa popularité au Marché boursier ne prendrait pas le risque de provoquer un crash boursier en se lançant dans une guerre commerciale sans fin. Ils ont visiblement eu tort. Tout comme ceux qui pensaient que la Chine plierait devant une menace d’asphyxie de ses exportations. Je peux vous dire que pour avoir travaillé en Chine dans de sphères proches du pouvoir (Canton Nuclear Power), j’ai acquis depuis longtemps la certitude que les chinois ne sont pas des rigolos. Jamais de ma vie, je n’avais vu pareille dureté dans le regard de dirigeant politique (je n’ai pas travaillé en Russie).
Bref si l’annonce de Trump ne m’a pas étonné, la cinglante réplique chinoise non plus. Certes les USA représentent 18% des exportations chinoises mais les nouveaux projets de route de la soie vers une Europe en désolation qui aura encore plus besoin de produits low cost pourraient dans un avenir moyen terme venir atténuer le manque à gagner. Reste à savoir également, le comportement du consommateur américain surendetté qui cette fois ci va ressentir jusqu’au plus profond de son portefeuille ces nouvelles taxes qui viendront alourdir le prix des produits aussi sûrement que la taxe Amazon va alourdir nos achats sur ce site. Sans parler des agriculteurs américains, cœur de l’électorat de Trump puisque la chine a diminué drastiquement les achats de produits agricoles américains ce qui a eu des répercussions évidemment catastrophiques sur les agriculteurs. Par ailleurs, la Chine a également mis en place une taxe de 25% sur nombre de produits. Une liste qui pourrait s’allonger dans les semaines qui viennent. Au-delà de cette guerre commerciale, c’est bien la guerre économique sur le leadership mondial de demain qui se profile avec d’un côté les méchants chinois et les bons américains. Trump se présentant comme l’ultime rempart contre cette future domination. Il est à parier dans pareil contexte, la petite baisse de 0,25 pts de base que vient d’effectuer Powell le patron de la FED sous injonction de Trump devrait ouvrir la voie à d’autres baisses plus conséquentes.

Nécronomiquement votre et bonnes vacances à ceux qui en prennent...la rentrée va être musclée...

Commentaires

les agriculteurs américains vont pouvoir se consoler avec le CETA nous allons leurs acheter leurs surplus !

Écrit par : rocbalie | 03/08/2019

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A Rochalie

Il y a quelques années deux camions sont entrés en collision au centre de la France. Le premier venait des Pays-Bas et transportait, à destination du marché espagnol, ce que les spin doctors de l'« agriculture » productiviste appellent encore sans rire une cargaison de « tomates ». Le second arrivait d'Espagne et transportait, à destination du marché hollandais, un chargement en tout point identique (même « goût » industriel, même calibre, mêmes colorants chimiques et agents de conservation ; seuls l'emballage et le logo des deux entreprises différaient). N'importe qui (sauf un économiste libéral, un fanatique de l'abolition des frontières ou un collectionneur d'emballages) comprendra sans peine, en réfléchissant sur cette collision symbolique, que la logique des « circuits courts » (chaque région du monde assurant elle-même – comme c'était, d'ailleurs, le cas avant le triomphe du capitalisme – les bases essentielles de son autonomie alimentaire) est infiniment plus rationnelle – sans même parler de la saveur des aliments ou de leur qualité sanitaire – que celle du « retour sur investissement » défendu par les spéculateurs internationaux et le lobby agro-industriel. Et cela d'autant plus qu'il est, par définition, logiquement impossible d'imaginer un état d'équilibre du marché capitaliste mondial dans le cadre duquel toutes les nations de la terre pourraient simultanément exporter plus qu'elles n'importent (ici le simple bon sens suffit à réfuter la théorie universitaire).

Écrit par : necronomie | 04/08/2019

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