27/03/2017

Resistance

et surtout n'oubliez pas

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Commentaires

Le cas Carrie Fisher

' Une nouvelle étape: l’approche de Rogue One

La sortie, en décembre 2016, du dernier film issu de la franchise Star Wars, constitue une étape supplémentaire dans la quête de photoréalisme des effets numériques. L’histoire se déroulant à la même période que le premier film, sorti en 1977, l’intégration de personnages joués par des acteurs décédés depuis ou vieillissants avait rendu plus qu’hypothétique leur apparition au sein du film. Walt Disney,
propriétaire de la franchise, avait pourtant déjà exploré la recréation d’un personnage numérique, en créant dans Tron: Legacy, une version rajeunie de l’acteur Jeff Bridges.

L’effort technique d’Industrial Light and Magic, le studio en charge des effets visuels du film, a pourtant permis dans Rogue One la recréation en images de synthèses du personnage de Tarkin, joué initialement par Peter Cushing. Un tour de force si l’on considère qu’il s’agit ici de la première «résurrection numérique» d’un acteur mort pour les besoins d’une franchise. Car Tarkin n’a dans Rogue One rien d’un rôle anecdotique. Cette approche décuple le défi de sa crédibilité numérique: mis en présence d’acteurs en chair et en os, son photoréalisme impressionne mais conserve une part infime d’artificialité. De petits défauts d’autant plus criants que le film prend le parti d’une intégration complète du personnage, évitant soigneusement de tomber dans une mise en scène de cache-misère: les plans sont resserrés, ils visent le détail. Malgré tout, la crédibilité du vi-sage de Peter Cushing souffre sans doute d’un blocage psychologique de la part du spectateur qui a conscience d’être face à une reconstitution. Il n’est cependant pas certain qu’un jeune public soit dupe de l’effort numérique. Cet état de fait est d’autant plus vérifiable que le regard du spectateur s’affine au fur et à mesure de l’évolution des possibilités techniques, et il y a fort à parier que les effets spéciaux de Rogue One
n’échapperont pas au regard critique d’un public moins impres-
sionnable. Faut-il pour autant accréditer la thèse d’un photoréalisme humain inatteignable? Il serait naïf et peut-être prétentieux de le croire, compte tenu de la spectaculaire évolution technologique des vingt dernières années.
La question concerne davantage l’emploi créatif de ces techniques. Mais les algorithmes toujours plus élaborés promettent une imitation toujours plus fidèle de l’humain.
La modélisation d’un acteur mort pour les besoins de l’entertainment pose pourtant de nombreuses questions. Éthiques d’abord: peut-on manipuler l’image d’une personne morte sans son consente-ment préalable? Les héritiers peuvent-ils «vendre» le droit à l’image de leur parent? La publicité n’a pas hésité à répondre «oui», en modélisant Audrey Hepburn pour une marque de chocolat, Bruce Lee pour une marque de whisky, ou encore en détournant des scènes de Royal Wedding (Stanley Donen 1951) avec Fred Astair pour vendre des aspirateurs.
L’acteur Robin Williams, sans doute au fait des évolutions modernes, n’a pas manqué d’interdire dans son testament tout emploi ou manipulation de son image pour les vingt-cinq années suivant sa mort. Dans le cas de Peter Cushing, qui n’imaginait sûrement pas les futures possibilités techniques, nous sommes dans une zone grise: a-t-on modélisé l’acteur ou le personnage? La part d’interprétation «réelle» (Tarkin a été joué par un acteur imitant Cushing et dont les expressions ont été enregistrées en motion capture) reste encore importante pour rendre crédible l’effort technique. Au point que l’appartenance du personnage devient floue: est-il incarné par l’acteur qui le joue (l’imite, serait plus exact), par des techniciens habiles qui l’animent,
ou est-ce toujours Peter Cushing? Malgré le vieux fantasme un peu arrogant d’une représentation humaine indépassable ou inimitable par la machine, on ne peut exclure que, dans un avenir plus ou moins proche, les algorithmes de plus en plus perfectionnés trouveront le moyen de s’affranchir d’une intervention humaine. Ainsi la réalité rejoindra la fiction de The Congress et ouvrira de nouveaux champs légaux dans la génération, l’emploi, et la manipulation de l’image humaine. La numérisation d’un acteur pourrait constituer à l’avenir une
assurance supplémentaire pour une industrie du spectacle qui étale des projets de plus en plus coûteux sur des périodes de plus en plus longues. Des possibilités qui, à terme, permettront de s’affranchir de la mort pour les besoins de l’exploitation de franchises, comme risque de le montrer le récent décès de l’actrice Carrie Fisher (une des actrices principales de la série Star Wars), malgré l’annonce des studios
Disney de ne pas systématiser cette pratique.
Le jour où un ordinateur pourra, seul, générer et simuler entièrement un être humain, il conviendra de réinterroger la notion de film d’animation. '
https://unige.ch/dife/files/2514/8959/0732/2017_ccu_animation_revue_web.pdf
( pages 8 et 9 )

Écrit par : Chui- Pak Oku | 31/03/2017

C'est Charles Benson qui a apprécié l'émission sur Akasha ce soir, avec les interventions toujours géniales de Jean-Pierre, dans un contexte de semaine toujours nulle, mais cette fois-ci contrebalancé par plusieurs petits labeurs personnels débouchant sur leur fin heureuse. À bientôt!

Écrit par : Charles | 31/03/2017

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