18/05/2015

Electrochocs ou lobotomie ?

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Désireux de me faire prescrire des médicaments anti-douleurs efficaces, le Di-Antalvic n'étant plus de ce monde, je me suis rendu au laboratoire du Docteur Benway le psychiatre des démocraties de Marché.

Ce bon médecin des âmes m'informa immédiatement qu'il travaillait pour les libéraux de droite comme de gauche pour l'élection de 2017. A cette occasion, il en profita pour me faire un point précis sur la situation et sur les différents traitements auxquels nous allions avoir droit sous peu.

2017 verrait pour la première fois, les illusions de croissance et d'emplois aux oubliettes, se tenir une élection présidentielle sur la foi d'un programme de réformes structurelles très libérales, l'opinion publique consciente désormais du désastre, étant prête à l'accepter.

Ne restait donc plus qu'à mettre en place une thérapie de choc et quoi de mieux pour cela que les électrochocs dont Cerletti (ci dessus) introduisit l'utilisation après observation de l'abattage de porcs (référence qu'il fallait éviter dans les cantines scolaires). 

A l'issue de bonnes séances d'électrochocs assorties d'une thérapie cognitive, l'homo erectus, sexe sur pattes, laisserait définitivement sa place à l'homo economicus, un être qui ne réagit plus qu'aux stimuli monétaires. Bref qui travaille plus pour gagner plus et consommer plus.

Pour le reste, la pensée libérale de droite devenue pensée twitos se résumait en une simplification des lignes, des idées,des sentiments et en un règne du direct dans l'économisme triomphant.

L'indemnité chômage crée le chômeur, le revenu de solidarité crée l'assisté et la pension de retraite le retraité. Réduisons tout cela de manière drastique, organisons un retour contraint vers l'emploi ainsi que cela s'est passé en Allemagne, différons l'âge de la retraite et l'on verra augmenter spectaculairement la productivité.

Quelle pouvait être l'alternative ? (Noubliez pas TINA disait Thatcher...There is no alternative)

Le passage de la nature à la culture étant le passage du cru au cuit, le plat semi cuisiné n'existait pas. Raison pour laquelle le peuple ne pouvait apprécier aujourd'hui la gauche libérale.

Le social libéralisme si éloigné du socialisme d'autrefois ne pouvait trouver sa pleine mesure que dans une alternance. Son utilité première étant de permettre aux plus démunis de souffler un peu après avoir été éreinté par le libéralisme devenu ultra libéralisme. Toute la difficulté, pour la gauche libérale résidant dans le fait qu'elle avait besoin d'utiliser des techniques psychiatriques encore plus violentes que celles de la droite libérale. Ceci étant dû à la mondialisation et à la présence massive de consommateurs citoyens issus d'autres cultures. La réforme des collèges et les polémiques qu'elle suscitait le démontrait assez largement.

Nous connaissions Renaud Camus le théoricien du grand remplacement, voici venir Najat la théoricienne du grand effacement. Rendre optionnel le siècle des lumières pourtant les pères du libéralisme, il fallait y penser...Enseigner la consommation durable à des jeunes agités acculturés par des marques pour promouvoir la bulle verte...Il fallait encore y penser....

Il fallait donc et ce fut la conclusion de mon ami le docteur Benway faire appel à un autre procédé que les électrochocs...La lobotomie, trouvaille qui valut à Egas Moniz le prix nobel en 1949.

Mais qui s'en souvient ? Peut être sommes nous tous déjà lobotomisés....

Nécronomiquement votre

 

 

 

                                                                                             

    Cerletti

Commentaires

je te conseille le dernier journal l expansion (t'es pas obligé de l'acheter, tu peux juste le lire chez relay dans le rerA), ou il y a une critique du libéralisme par un auteur au collège de France dont j'ai oublié le nom (critique qui certes tient sur deux pages mais donne envie de lire son bouquin), qui remarque d'une part que Lénine était un grand admirateur de Taylor. Cela remet en perspective le libéralisme actuel, qui n'est est pas un, mais est une sorte de fusion de l'état et du marché, dans un truc omnipotent, ominiscient, qui distille cet économisme comme un nouvel évangile des chiffres et du progrès (du toujours semblable, car en réalité excepté la technologie beaucoup de choses stagnent).

concernant le grand effacement, je suis en phase avec toi. je disait à quelqu'un dernièrement que la déliquescence de l'école était voulue car aujourd'hui on avais besoin de consommateurs plus que de gens instruits. il m'a pris pour un demeuré. les erreurs de la pédagogie à l'américaine, on les connaît depuis les années 70, et elles sont écrites dans un bouquin de A.Arendt : la crise de la culture. Si tout est connu et qu'on sait comment y remédier, il faut donc en conclure que les élites ont d'autres projets pour nos jeunes.

Écrit par : dan_y44 | 19/05/2015

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