28/09/2011

BIG SOCIETY

Maintenant qu’il est acté par tous que la Crise de la dette est le plus gros défi que nous ayons à relever et qu’il faut que les politiques commencent à dire la vérité, même sans solutions, Faisons un point sur l’avenir qui nous est réservé.

Peu de gens le savent mais la Suède a fait banqueroute en 1992 et a appliqué pour en sortir les mêmes recettes que tous les pays qui se sont retrouvés dans pareille situation : On dégrossit massivement les budgets de l’éducation et de la santé. Ainsi concernant l’éducation, les suédois ont demandé au parents d’élèves d’assumer des tâches dévolues autrefois au corps enseignant et de s’investir dans la vie de l’école.

Le concept le plus abouti aujourd’hui de ce type de société ultra responsabilisante est sans conteste le projet que porte David Cameron théorisé sous le nom de Big Society.

Le pays de la City, temple du capitalisme financier autiste qui ne veut plus de travailleurs et de consommateurs nous annonce la couleur de l’argent.

Une Big Society, une société où le citoyen prend en charge le fonctionnement des écoles, des hôpitaux et de la sécurité. L’individu ainsi ultra responsabilisé s’épanouit pleinement, se dépasse dans cette réalité ainsi économisée. Il est maître de son destin. Il est la phase la plus aboutie du consommateur-citoyen.


Puisqu’il n’y a aura pas de révolution justes des émeutes consuméristes, nous nous dirigeons tout droit vers ce modèle qui présente un avantage unique pour la Money Power, celui d’occuper les gens gratuitement ou peu rémunérés dans le sens d’une poussée collective du pays dans un contexte de chômage massif. Poussée de laquelle il sera difficile de s’extraire sauf à passer pour ses congénères comme un mauvais consommateur-citoyen.

Autre avantage : Les pauvres et les riches ne poussent pas ensemble. Chacun pousse pour sa catégorie CSP. En France, en Angleterre ou dans les autres Démocraties de Marché, les gens se sont regroupés par code postal, par quartier, par communauté.

La récente création en France du CRAAF (conseil représentatif des associations asiatiques de France) sur le modèle du CRIF le préfigure largement.

Ce qui signifie que cette Big Society sera naturellement à deux vitesses, des territoires étendus deviendront parallèlement des zones interdites administrés par d’autres pouvoirs. Le pari étant que chacun reste chez soi. Des quantités entières de travailleurs seront délocalisées ainsi économiquement dans leur propre pays. Localisme vs Mondialisation…

Nécronomiquement votre

Commentaires

[ Celui d’occuper les gens gratuitement ou peu rémunérés dans le sens d’une poussée collective ]

Ca a déjà commencé
Au moins de 1 à 5 shekalim à l'heure ou la course ( si c'est l'état qui pouse ), ou alors à vot' bon coeur , le symbole fort étant, au-delà du collectivisme, qu'autant être à la rue autant en être responsable et aimé des ses concitoyens, ces derniers trouvant très bien que ceux qui faisaient des travaux payés continuent de travailler, car ne rien faire ne mène à rien.

L'arrivée de ghettos de pauvres dans le jargon médiatique n'a rien de grave. Un ghetto n'est pas qu'un lieu, c'est un espace. Sous cette subtilité un peu absconse se cache une réappropriation du réel ( ou son rêve par temps dur ) , fractalisation du monde en de multiples autogestions particulières, gestions auxquelles il faut soustraire un amendement, celui de l'administration quoique décentralisée toujours investie de sa mission, ou le croyant. Car ne soyons pas dupes, il s'agit d'un jeu dangereux pour les élites bureaucratiques : d'une part il n'est pas totalement certain qu'elle sachent ce qu'elles mettent en place ( elles avancent à vue et n'ont pas les visionnaires requis, ceux-ci s'étant depuis longtemps retranchés dans le maquis ) d'un autre côté et par conséquent la " masse sous gestion " risque bien, un jour ou l'autre de leur échapper, les individus reconnectés entre eux, resociabilisés formant dès lors des schémas mobiles et versatiles, et dont la sécurité est plus une catégorie mentale.

Nous glissons gentiment dans la phase de la coordination automatique, le nouvel ordre mondial étant celui de tous par tous, phase où celui qui parle le plus, paraît en grand et à répétition ressemble plutôt à celui qu'il faut fuir.

Encore faut-il que ces agglomérats de la nouvelle logique, éloignés jusqu'il y a peu de la monade pythagoricienne, n'essayent pas comme c'est encore le cas trop souvent, de chercher la clef des portes ouvertes, ou pour le dire plus simplement, ne s'arrogent le droit de faire la pluie et le beau temps.
Proverbe paysan : le ciel commande.

Écrit par : Vincent | 28/09/2011

Pour suivre :
" De même le passage du texte à l’hypertexte, et donc aussi d’une technologie analogique à une technologie digitale, n’illustre-t-il pas également à merveille cette rupture épistémologique accompagnant le dépassement du paradigme cartésien et la transposition d’une société industrielle à une société postindustrielle ou encore, et surtout, de la Modernité à la socialité postmoderne et son ambiance libertaire, chaotique, rhizomatique, interconnexions de tribus en réseaux. "
http://www.ceaq-sorbonne.org/node.php?id=97&elementid=203

Écrit par : ❶νΔεδι | 05/10/2011

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