12/08/2010

Le spectre de la stagdéflation

 

Il en aura fallu du temps aux gouvernements planétaires et aux économistes traditionnels pour réaliser ce que nous expliquons depuis maintenant plus de trois ans.

Aux USA, où le taux de chômage réel flirte désormais avec les 17 % ( bon nombre de personnes étant tellement decouragées qu'elles ne cherchent plus et ne sont plus dans les chiffres et par ailleurs, il suffit de travailler trois heures par mois pour être sorti des chiffres du chômage).

La FED et Bernie la plante viennent de comprendre que de reprise, il n'y en a point même à taux zéro...

En conséquence, un consensus d'économistes, emmené par l'ami Krugman, commence à réflechir sur le scénario nippon, le fameux châtiment des neufs orifices et la trappe à liquidités.

Scénario qu'ils rendent désormais crédible à échéance de 18 mois...

Concrètement, en ce qui nous concerne à cet horizon, 2012 verra la réélection de Nicolas 1er avec pour seul programme la sécurité et l'économie de Marché biométrique. Le fiasco économique et la faillitte de l'état nation ne pouvant plus être masqué.

Il n'en suffira de pas plus pour battre la Gauche empêtré dans ses contradictions sur l'immgration et historiquement mal à l'aise sur le terrain de la sécurité, donc trop décalé avec Madame Michu et Marcel Trougnat qui vivent dans cette angoisse au quotidien.

Quelques nouvelles d'Istanbul où je participe actuellement à des échanges avec d'autres nécronomistes internationaux.

Ici, c'est encore l'euphorie, le gouvernement a explosé ses prévisions de croissance puisqu'on se dirige vers 6 % cette année contre 3,5% prévu, ce qui doit laisser songeur les gouvernements européens.

Il faut dire que les délocalisations ont très largement porté leurs fruits. Ainsi Bursa appelé autrefois la ville verte est devenu un vrai Détroit Motor city.

Ford, Renault, Opel et consors y ont massivement délocalisé leurs productions. Ceci étant en partie lié au fait que les ouvriers turcs acceptent de prendre une position sous la voiture interdite en occident car trop dangereuse.

Bref, la performance au moindre coût...

Reste à savoir désormais combien d'années, la vieille Europe résistera à la tentation d'intégrer ce futur marché de 100 millions de consommateurs de vingt huit ans de moyenne d'âge...

La croissance organique Européene ne suffisant plus à créer des emplois...

PS / ci dessous des nouvelles du Canada et de notre correspondant Louis Abel

Économiquement, grosso modo, les médias main stream disent : achetez une plus grosse maison et assurez votre retraite en faisant un nouvel emprunt (hypothécaire si votre banque refuse de vous prêter) à faible taux qui vous permettra de rembourser l'emprunt précédent et de mettre plus de sous de côté pour la retraite en vivant dans une maison plus grande (et en payant de meilleures études aux enfants). Je me pose une question : comment se "décontaminer" (du bonheur) de la consommation. L'assouvissement de la plupart des besoins de bases passe (directement ou non) par la consommation. Les "jeunes" comme moi ont toujours vécu dans le marketing. Je ne vois pas bien comment sortir de ce schéma de pensée sauf à changer de paradigme, mais comment ? J'ai du mal à imaginer un glissement progressif du sens, je ne m'attends qu'a quelque chose de brutal.


 

 

 

 

 

Commentaires

Tu embarrasses ma pudeur Jean-Pierre en publiant ma correspondance telle quelle et en me citant '-_-

Écrit par : louis-abel | 12/08/2010

Bonsoir,

la réélection de la droite semble en effet une évidence pour 2012, simplement parce qu'il n y a personne en face qui fait le poids.

Krugman réfléchi sur le Japon, mais le Japon est une nation de travailleurs. C'est là peut être son erreur de jugement. Le refus d'équilibrer leur balance commerciale finira par leur coûter très cher, et ce n'est pas simplement en dévaluant le $ qu'ils vont y parvenir. Krugman préfère ne pas en parler, évoquant un Yuan trop faible. Certes un peu faible, mais ils disaient pareil du Yen, ou de l'Euro. C'est la course à qui vaut le moins, en espérant que les effets mécaniques et mathématiques suffisent à relocaliser la production ? ça n'a jamais fonctionné. La vérité est ailleurs. L'Amérique doit se désintoxiquer de la consommation, fermer les officines de la money power et se remettre à travailler (travailler pour gagner des vrais sous épargnés avant d'acheter une belle voiture Américaine, comme dans les années 50-60). Abandonner le dogme néolibéral serait peut être une avancée, abandonner l'imprimante serait une révolution.

Bernanke combat la déflation mais contrairement à 1929, l'Amérique n'a plus grand chose de sa grandeur industrielle. Il ne restera que des bouts de papier, gagés sur l'espoir que les consommateurs zombies retourneront un jour au walmart. Souhaitons lui bonne chance.

Écrit par : dan_y44 | 12/08/2010

Un pote ricain m'a dit hier soir: aux usa on en est là : LA gloire ou la mort, voilà le futur programme, si l'équipe en charge du pays n'arrive pas à faire baisser le chômage repartir l'économie et donc favorise un scénario à la japonaise qui ne marchera pas, ils préfèreront entrainer le pays dans la guerre pour relancer par la destruction (scénario à la 39/45).

sinon pour compléter: http://www.uneautrefrance.com/?p=784

Ils sont très mal, c'est le soucis de vivre dans le dénis c'est que quand ca vous rattrape cela pique beaucoup plus fort les fesses...

(Bonne fin de vacance JPC, le bonjour à ta dame ;) )

Écrit par : sébastien | 15/08/2010

ça fait quoi une stagdéflation a l'échelle de tout un empire ?

est ce qu'on peut lutter contre une stagdef en faisant tourner la planche a billet ?

le projet d'une monnaie mondiale est il réaliste ? en quoi ce la changerait la donne vu que le dollar est déjà une monnaie mondiale.

ya t-il une réponse monétaire a la crise ?????

parcqu'on sait pertinemment que les usines reviendront pas a la maison et qu'une nouvelle guerre correpondrait a se tirer une balle dans la dette (ahah)
(je me met a la place d'un dirigeant, j'ai pas vraiment envie d'une nouvelle guerre...)


les prochaines années vont pas etre très drole, mais bon pensont a cet auteur qui un jour a dit"le 21 eme siècle sera spirituel (religieux?) ou ne sera pas"

ou alors "quand t'as plus ta télé t'as ta bible".

Écrit par : jacquot | 16/08/2010

Tiens.......la guerre. J'aurais été un des premiers à la craindre et à en parler ici-même (il y a plus d'un an). Rien n'a changé pour ma part, je serre les fesses et espère que ça n'arrivera pas (mais plus le temps passe, plus j'y crois......la deuxième vague de la rentrée va nous mettre le nez dedans et je trouve déjà que ça pue pas mal).

Télécaster-man, sans bunker.

Écrit par : gabryhell94 | 17/08/2010

@gabryhell94 (tu habites a orly ? )

Je suis pas très a l'aise quand on parle d'une prochaine guerre parce que pour moi l'Afghanistan l'irak et la palestine sont des guerres au même titre que la 1ere et 2eme guerre mondiale.
ce ne sont pas des sous guerre ou des guerettes mais c'est juste que le fossé technologique entre les deux camps est tellement énorme que les pertes chez les "alliés" sont pas comparables avec les 2GM.

J'ai aussi l'impression que ces conflit sont largement sous médiatisés et que le nombre de morts civils et militaires locaux sont plus importants que les chiffres officiels.

Il semble qu'en fait la situation autour de cette zone risque de dégénérer a un moment donné, et que les instances supranationales ne puissent rien faire pour calmer ce brasier.

quand on voit qu'on a frôlé la catastrophe, juste parce qu'un soldat jardinier israélien devait débroussailler des arbustes à la frontière du Liban...

on récolte ce que l'on a semé.

Écrit par : Jacquot | 18/08/2010

Les guerres de l Amérique sont de plus en plus à son image. facile de s en prendre à l irak après x années d embargo. c est un peu comme si la france déclarait la guerre à la corse.

les américains alimentent les brasiers du moyen orient et de la corée du nord (dont le régime ne tient que grâce à l aide américaine) pour maintenir l illusion d une grande amérique, facteur de stabilité. la réalité est qu'ils ne sont plus un facteur de stabilité; et entretiennent cette illusion par des conflits mineurs.

Écrit par : dan_y44 | 19/08/2010

Je plussoie ce que dit Sébastien. Les américains que je croise ont peu ou prou ce discours : si l'économie ne repart pas (avant les élections) c'est le désastre assuré. Le mouvement tea-party, ou une droite dure, viendra au pouvoir.
Tous pensent que le système actuel est intenable, mais personne ne veut changer de manière de vivre. L'élite est zombifiée par le déni. Comme dans les dessins animés de Tex Avery : le corps est déja dans le vide mais les jambes continuent de courir. Ou comme l'URSS à la veille de son effondrement, l'individualisme crasse en prime.
Je ne crois pas à la guerre à moyen terme. C'est une affaire qui met du temps à se préparer, et les américains ne sont pas près. Pas de bruits de bottes pour le moment. Attendons de voir 2012.
D'un point de vue purement logistique, les US ont probablement trop délocalisés pour mener un conflit de masse il me semble. La réponse technologique serait à la peine pour assurer une victoire. Reste à voir la position de l'Amérique Latine, traditionnellement inféodée à Washington.

Quand au déni, ne nous croyons pas protégés en Europe. Il me semble que l'on est dans le même bateau que les US. La quasi totalité de l'Europe (UE), Turquie comprise, font partie de l'OTAN. Et je ne pense pas que ce soit pour se protéger de l'ex URSS (regardez les dates d'adhésion), j'y verrais plutôt une raison "mafieuse". Même si la situation de la dette est un peu différente en EU, on va rencontrer des problématiques très similaires, pas seulement économiques mais tout simplement de choix de société. Ca promet de sérieux déchirements-revirements-traitrise en EU. Dieu reconnaitra les siens ... comme d'hab' !

Écrit par : lalary | 21/08/2010

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