26/04/2007

Cioran et la valeur travail

« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté. Oeuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d'un effort qui ne mène qu'à des accomplissements sans valeur, estimer qu'on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d'intérêt de l'individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l'homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s'attacher à n'importe quoi : l'œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d'extériorisation qui lui fait quitter l'intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité
purement extérieure : aussi l'homme ne s'y réalise-t-il pas — il réalise. »

Cioran dans "Sur les cimes du désespoir"

Commentaires

Très bon article évidement représentatif de la société d’aujourd’hui. Cependant, à mon avis, cela dépend de l’approche que l’on a du travail.

Pour ceux qui exercent un métier qui les passionne, le temps de travail permet de se réaliser et de réaliser ses objectifs personnels.

En revanche, il est vrai que dans notre société régie par le stress et l’attrait de la meilleure productivité au détriment souvent du bon sens, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que d’être aspirés pendant 11 mois afin de profiter de leurs 5 semaines de congés.

La pression ressentie par les travailleurs peut donc retombées et nous assistons chaque été impuissants à la déchéance momentanée de gens qui n’ont toujours pas compris que l’équilibre ce n’était pas d’accumuler la pression jusqu’à la limite du supportable pour l’évacuer invariablement chaque été.

N’avez-vous pas remarqué en rentrant de congés la peau cramoisie de votre voisin qui voulait profiter à tout prix du moindre rayon de soleil ? (Encore faudrait-il lui expliquer que le soleil est aussi présent durant l’année), des histoires racontées par vos collaborateurs concernant le nombre élevé de leurs conquêtes ou leurs interminables soirées de beuveries, vécues non pas par plaisir mais par obligation de profiter de la moindre seconde (et de garder un soupçon d’énergie en hiver en racontant ces histoires en attendant que l’été suivant arrive) ?

Et les émissions ou articles concernant les jeunes cadres dynamiques qui dérivent de plus en plus nombreux dans leurs verres les jeudis, vendredis et samedis soirs à la recherche d’un échappatoire…

Il n’y a pas 36 solutions.

La solution pour ne pas tomber dans l’invariable métro-boulot-dodo est de devenir son propre moteur. Soit en se lançant dans l’entreprenariat, soit en se donnant les moyens de réaliser un travail qui sert ses propres ambitions.

Travailler en soi n’est pas une contrainte si chacun en détermine les raisons. Le tout étant de servir intelligemment, pour soi, la structure qui vous accueil. Dans ce cas tout le monde est gagnant.

N’avez-vous pas remarquez que les meilleurs collaborateurs sont ceux qui conservent leur personnalité, qui refusent d’entrer dans un moule et servent l’entreprise selon leurs propres convictions. La culture d’entreprise leur colle naturellement à la peau, leur métier les passionne mais ils conservent leur identité. Pourquoi ?

Parce qu’il exercent un métier qu’ils ont choisit, dans un environnement qu’ils ont choisit, pour une entreprise qu’ils ont soigneusement sélectionnées lors de leurs recherches. Ils ont pris le temps de packager leur offre, LEUR offre, et de déterminer la cible adéquate.

Pour cela il faut :

Prendre du recul afin d’analyser sa situation, voir si notre équilibre est maintenu. Dans la cas contraire, nul besoin de lire les 5 tomes de « ils ont changés de vie, pourquoi pas vous ? »

Qu’est-ce qui vous fait avancer ? Quelles sont vos ambitions ? Quels sont les risques à prendre pour y parvenir ? Quels sont les avantages que vous en tirerez et sous quel délai ?

Ajoutez à cela une bonne dose de courage, un zeste de chance et un soupçon de bons conseils et tout pourra alors basculer.

Et l’éternel question : faut-il travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?

Si nous regardons cette question sous un autre angle, ne vaudrait-il pas mieux se poser la question suivante : Quelle rôle ai-je envie de donner à mon travail dans ma vie ?

Écrit par : workhaolic | 27/04/2007

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